mercredi 30 avril 2008

(C'était avant-hier) Il y a des jours comme-ça ...




Une agence de com me propose de travailler pour la mission économique d'une ville de province.
Il y a dix reportages à faire dans l'électronique, l'imprimerie,le caoutchouc, l'alimentaire et je sais plus quoi ...
Je me souviens d'une fabrique de cervelas. Depuis j'ai jamais plus mangé de cervelas ...
Tout se passe bien jusqu'au dixième. C'est une entreprise qui travaille la caoutchouc avec de la vulcanisation et des machines assez curieuses, mais assez photogéniques. Je dois shooter le patron et l'usine. Ce mec a un tête bizarre entre un cow-boy et un guitariste de heavy métal. J'installe l'éclairage et le RZ67 sur pied (cause synchro lente). J'ai aussi un F100 pour doubler en 24x36.
Juste au moment de commencer la prise de vue, un mec arrive dans l'allée avec un trans-palette. Plutôt que de faire le tour, il décide de soulever le fil électrique du flash pour passer en dessous ... Une riche idée. Le flash est au max du pied en hauteur (genre 2,20m). En tombant, le tube à éclat et la lampe pilote explosent de concert, en balayant au passage le RZ, dont le prisme-cellule se fend en deux sur le ciment. le pied du RZ tombe sur le fil tendu du deuxième flash qui tombe à son tour. Il est amorti par le parapluie, mais il fait tomber le Nikon de l'établi. Le boîtier n'a rien. Par cpntre le 20m/m, lui, il fait la tronche. Disons qu'il est plus compact, genre -6/7 m/m en longueur. Oui je sais, ça fait beaucoup et pourtant, c'est vrai. Tout s'est passé comme au ralenti ... Il y a un silence assourdissant.
Le patron de la boite parle en premier.
Il me dit: "Vous êtes assuré ?"
Oui vous avez bien lu. C'est comme si un connard vous rentre dedans en grillant un feu et vous demande: "t'es assuré Ducon ?".
Arrivé à ce stade, je suis tout blanc. Je le sens, je le sais et ça peut être dangereux (pour tout le monde). Je respire à fond et sans un mot, je ramasse mes affaires, je monte dans ma voiture et je rentre à Paris. Je vide une bouteille pour me décontracter et je fais rapidement le calcul, il y en a pour 1 900 € environ.
Ok. Le lendemain j'appelle la mairie qui est le donneur d'ordre. l'attachée de presse m'annonce que le patron de la boite refuse toute déclaration à son assurance, prétextant qu'il n'a jamais demandé à la mission économique un tel reportage. La mairie et le maire (socialiste) que j'ai rencontré se déclarent désolés. Ce qui ne coûte rien. L'agence de com va s'associer aimablement à ma douleur. ce qui ne coûte rien non plus. Je n'attendais rien de ces gens. Je ne suis pas déçu. Je me fais payer le travail par l'agence. Ça couvre les dégâts et même plus.
C'est pas drôle n'est-ce pas ? C'est comme-ça, quand on est le maillon faible.
Parfois je revis ce truc en rêve et je lui vulcanise la tronche au mec et après il ressemble un peu au fantôme de l'opéra le type ...

3 commentaires:

Anonyme a dit…

J'ai lu ton post hier et je n'arrête pas d'y penser. Ce genre de connard se multiplie chaque jour. En agissant ainsi il ne pense même pas qu'il enrichit son assureur ce con : prime + dégats non payés.
Mort aux cons et vive l'anarchie... quoique

antoinedoyen a dit…

L'occasion faisant le larron… investir dans un lot de pocket wizards, peut-être ?

En tout cas, je compatis volontiers… la réponse du patron est sidérante.

Anonyme a dit…

On dirait la vie de ma moitié à peu de choses près . Ça m'fait tout bizarre ...
Mais que fait il depuis le joli mois de mai ? ?
Diablesse

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