mercredi 17 septembre 2014

Petits coeurs ou l'imagination au pouvoir

Avant les vacances, j'ai (r)ouvert un compte Instagram, après 2 ans d'abstinence (#NoFilter. Bien sûr ! T'es fou ou quoi ?!). Sans doute parce que je considère que pour un photographe, être présent sur les principaux réseaux sociaux, c'est devenu presque une obligation. Surtout quand il s'agit de vendre des photos en dehors de la France. La raison est simple. Il faut montrer ce que l'on fait partout et tout le temps et si tu ne le fais pas, les autres le feront à ta place. Mais ce n'est pas tout, il faut aussi être actif et investir du temps, sinon c'est inutile de le perdre. Bon évidemment, le problème, c'est que dés que tu mets tes photos sur Internet, tu es assuré de te les faire voler (Attention ! Ça c'est uniquement si tu es doté d'un immense talent comme-moi ...).

Alors le royaume des pseudo "images conversationnelles" (*) hyper-accentuées, hyper-saturées et hyper-contrastées (des petits coeurs, des follow pour follow et des like pour like) a bien entendu évolué et ce dans la plus mauvaise direction possible. Heureusement qu'à long terme et selon la tendance snapchat, il n'en restera rien.
1/ Masquées ou pas, les marques sont omniprésentes.
2/ Les people aussi et ils couchent avec les marques dans une méga partouze
3/ Une foultitude de gens ne font que poster des trucs dont ils ne sont en aucun cas les auteurs, dans la majorité des cas sans le précisez. Le re-cadrage carré permet d'évacuer un copyright inutile et gênant. Ils pensent probablement qu'ils deviennent l'auteur en appliquant un filtre à la con sur une photo volée. Un peu comme une fausse plaque qu'on appose sur une bagnole chouravée.
4/ Remballez votre smartphone, les photos éveillant un semblant d'intérêt et un déluge de likes infantiles sont réalisées en fait avec une appareil photo, puis importées sur Instagram et oubliées aussitôt. 
5/ Pour le reste, la majorité des comptes s'adresse principalement aux podologues, aux fabricants de frites surgelées et aux sacs à puces.

Cet été, j'ai pourtant vécu une expérience un peu particulière quand je suis tombé totalement par hasard sur une image postée (10 secondes avant) par ma jeune inconnue et immédiate voisine de transat sur son compte Instagram géolocalisé (classiquement: ses pieds, ses ongles vernis rouges, la plage et la mer). En un clin d'oeil, j'avais son pédigré avec son nom complet, son âge, son adresse, son mail et son parcours professionnel, ainsi que son poste actuel (chef de produit dans une direction marketing dans l'entreprise ... Bip ...). En moins de 10 minutes, je savais qu'elle était mariée depuis un an, avec ce type au regard de merlan frit qui la regardait langoureusement et qui travaille dans l'immobilier (pour le réseau d'agences ... Bip ...). J'avais aussi tous les noms de leurs amis et relations, ainsi que toutes les données les concernant et tous les endroits où ils s'étaient rendus récemment. Ceci incluant les hôtels, les restaurants, les bars, les boîtes, les parcs d'attractions et les activités de loisirs. Arrivé à ce stade, j'ai arrêté de les pister, pour me remettre de la crème solaire et changer de côté. Et puis je me suis endormi et j'ai pris un coup de soleil.

Frozen Piglet

* un autre cliché véhiculé partout par ce cher André Gunthert pour dynamiser son petit commerce

5 commentaires:

Anonyme a dit…

Etait-elle sur tinder aussi ?

Frozen Piglet a dit…

Je ne suis pas inscrit sur ce truc de no-life et toi ?

Anonyme a dit…

Eh oui, on vit chez big brother. Sauf que Big Brother, c'est nous.

Anonyme a dit…

Excellente chute

M. Ouistiti a dit…

Cher M. Piglet, allez-vous acheter le dernier appareil photo ?
Akeskiparé, c'est le meilleur de la galaxy : L'ail-phone 6...

*se barre en courant*

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