dimanche 29 novembre 2009

La loi des intermédiaires et ta soeur.


Avant les agences d'illustration géraient les archives des photographes qui avaient autre chose à foutre et aussi de ceux qui ne faisaient que de l'illustration parce que c'était comme ça ... Bon an mal an ça marchait à peu près et chacun y trouvait son compte. En fait, les photographes étaient des clients pour ces agences, bien qu'elles s'en défendent. Ben oui. Il faut voir qu'ils payaient un service cher en retrocédant 50% des droits à ceux qui facturaient et assuraient le côté commercial du business. Quand les choses ont commencé à mal tourner, toutes les agences ont fait signer des avenants au contrat initial pour passer à 60%. Parallèlement à cela, des accords ont toujours existé entre agences pour se faire représenter dans différents pays et diffuser plus largement la production. Avec l'arrivée du web, c'est un peu tombé à l'eau vu que les sites sont consultables du monde entier directement. Mais il faut croire que 40% (moins les charges sociales), c'est encore trop pour un une photo que tu as financé à 100% et réalisé grâce à ton talent qui est immense.



Sur "Photographers Direct" qui est un site qui tente d'instituer un peu de justesse dans un monde de dérégulation complète en reversant 80% des droits aux photographes (ne vous méprenez pas, je ne suis pas actionnaire et je ne sais même pas si ça marche vraiment), un type appelé Chris Barton nous raconte (via la liste de diffusion le JDL) comment , il se fait enfler par Getty sans avoir jamais signé un quelconque contrat avec eux. Ce type travaille avec une agence anglaise qui a elle même un contrat de représentation avec une agence Sud-Africaine qui elle-même replace toutes ses photos chez Getty. Quand il y a une vente d'une photo de Chris, l'agence Sud-Af touche 20%, parce que Getty dit que c'est comme-ça et c'est tout ... Tu suis là ?
L'agence Sud-Af reverse 50% (soit 10% du total) à l'agence anglaise qui est la seule avec laquelle Chris Barton a un contrat signé. L'agence anglaise reverse 40% (des 10%) à notre ami chris. Il touche donc au total 4% (moins les charges sociales) du total du prix facturé au client pour la vente de sa photo. Voilà la boucle est bouclée et 96% du produit de la vente revient aux trois agences. Arrivé à ce stade, on peut parler de méthodes mafieuses. Je me demande si les frégates de Taïwan, c'est pas eux aussi, les sous-marins du Pakistan, les avions renifleurs, la garantie foncière, le paquebot France,
le métro de Pékin ?

Frozen Piglet

9 commentaires:

Anonyme a dit…

C'est sûr, les contrats des agences sont tellement léonins, les images sont tellement bradés (pour ma part -20% chaque année sur le prix moyen d'une vente d'image)qu'il va falloir se débrouiller, faire sans et vendre en direct. A quand un grand portail unique, géré par des photographes pour les photographes avec un moteur de recherche et des ventes en direct avec pour seuls frais le stockage et la bande passante? je ne vois pas d'autre solution...

Anonyme a dit…

Le problème de la vente en direct,
Que je pratique,
J'ai 100 000 Images en ligne sur un site qui m'appartient,
C'est l'indexation des images.
Mon classement est géographique et thématique, mais ce n'est pas suffisant, il me faudrait une documentaliste, mais ce ne serait pas rentable.

Il n'y a sans doute aucune solution.

La seule qui je pratique c'est des photos sur mesure vendues par avance, et ces photos ne servent qu'une fois (une poignée d'entre elles).

Un fond photographique n'a plus aucune valeur, son stockage coûte plus cher qu'il ne rapporte.

RLZ

BB a dit…

Mais la mutualisation permet de faire baisser les coûts, non ?

Anonyme a dit…

De quels coûts parlez-vous ???

RLZ

Cédric Girard a dit…

Bonsoir

Quels coûts ??? Mais l'hébergement (espace et bande passante), le développement de solutions pérennes pour la diffusion des images, l'indexation, le temps passé...

La plus grosse erreur des agences ET DES PHOTOGRAPHES actuellement sur le web, c'est le manque de discernement vis-à-vis de la visibilité moteur (en d'autres termes : le référencement)

C'est un problème qui, couplé aux difficultés d'indexation, est extrêmement compliqué. Et quand on mutualise des photothèques non spécialisées (comme c'est le cas sur les microchiottes - oups pardon ça m'a échappé) c'est très vite le grand bazar. Mais si l'on se contente de photothèques mutualisées entre spécialistes, il y a moyen de faire des choses.

Pour ma part mes revenus photo sont basés à 100% du mon fond photographique (20% agence / 80% vente directe) et je ne VEUX PAS faire de la commande. S'adapter à la demande, oui. Réaliser des demandes, non. Le confort est trop énorme pour le quitter...

(à ma décharge j'ai un autre métier à côté, la photo ne représentant qu'un tiers de mes revenus)

Des solutions, il y en a, et il y en aura de nouvelles, très bientôt...

Anonyme a dit…

Les conditions imposées par Getty sont révoltantes, il est effectivement grand temps pour les photographes de diffuser par leur propres moyens.

Anonyme a dit…

Ok,
Il y a des erreurs,
Mais la loi du marché ne permet pas de corriger ces erreurs,
L'indexation des images coûte plus cher que les images, alors pourquoi stocker ???
On peut travailler sur commande avec du confort (matériel et intellectuel), ce n'est pas incompatible.
J'ai eu l'occasion de réaliser un reportage en grand format, sur un sujet spécifique, qui m'a amené à faire 100 000 Km en Europe et des millers de 4x5, puis de vendre le sujet et c'était viable.
Aujourd'hui, je ne le ferais pas de cette façon, je ne monte pas dans ma voiture tant que l'argent n'est pas sur la table.
Ce reportage (qui finalement a eu un certain succès) devait avoir des suites, et mes commanditaires habituels se sont dérobés, par manque de moyen, manque de volonté de s'engager.
RLZ

Phauto a dit…

Aujourd'hui, passer par une agence, un intermédiaire ou toute chose similaire, oui, c'est devenu ardu. Comme le dit FP, on se fait régulièrement mettre :-/
J'ai donc choisi la vente directe. Pourtant, est-ce aussi simple que cela ? La majeure partie du temps est bouffé par la recherche de clients, au détriment de mon métier. Au final, me reste t'il plus que si je passe par une agence ? A voir. Mais ce n'est pas certain.
Parce qu'à passer en direct, j'entends souvent le discours (des magazines en général) "Z'êtes trop cher!" pourtant je ne fais qu'appliquer le tarif syndical.
Je prends le cas des derniers livrets édités par Gaz de France/Dolce Vita. Toutes les images d'illustration proviennent de Corbis et consoeurs. Révoltant! J'imagine que le fournisseur de gaz US utilise aussi Corbis ou Getty Images.
La prime du mauvais goût, c'est peut-être le Conseil régional de Picardie qui illustre l'avenir de la filière agricole régionale (et sa performance)avec des images de moissonneuses signées ... ImageBank (mais made in USA). C'est sûr, ça a de la gueule, mais on n'a jamais vu en Picardie 3 moissonneuses de front en juin !
Du coup, c'est un peu comme quand vous allez à Liège ou Milan : vous retrouvez Carrefour, Kyabi, Ikea et McDo. L'image devient uniforme, banale,sans saveur, sans odeur ...
Y'a t'il réellement un avenir à ce métier ? Sacrée question !
Je ne crois cependant pas qu'il n'y ait aucune solution (comme c'est écrit dans une contribution précédente). A nous d'être inventif. Et combatif !
Mais c'est sûr, que parfois, c'est dur de résister.
Telle cette mésaventure : durant 3 ans, j'ai fourni à un groupe de presse des images sur commande. Et puis un jour, le responsable des achats (ben oui, je suis considéré comme fournisseur)m'a envoyé balader : "On va bosser avec Fotolia. Pourquelques dizaine d'euros, on a des centaines d'images dans tous les domaines et en quelques minutes!' Tchao Monsieur ! :-/
Pendant le même temps, le PDG a troqué sa Bentley Mulsanne pour une Lamborghini Gallardo cabriolet. Ah, c'est sûr, la vie n'est pas la même pour tout le monde.

Anonyme a dit…

:) Tiens! le Conseil Général des Bouches du Rhône utilise aussi des images de Getty ou Corbis, je vous dis pas la gueule des pubs, ça fait pas très Marseillais tout ça ! mais que fait l'UPC !?

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