lundi 14 juin 2021

Boulangerie Pâtisserie







Samedi, j'étais à la "Marche pour les Libertés". Je me demande bien pourquoi, les photos de manifs, je ne les vend jamais ou presque. Bon en même temps, c'était en bas de chez moi ... Non, mais j'aime bien contempler avec un sourire narquois tous ces mecs habillés tout en noir avec un sac à dos noir avec des mousquetons qui pendent, un casque noir marqué "Presse" au scotch blanc, en train de brandir leur appareil noir, leur téléphone noir ou leur caméra noire. Il y en a même qui ont le brassard cuir de la CCIJP pour afficher leur carte de presse bien en évidence, mais ils ne sont pas nombreux. J'étais pas loin du méchant Mélenchon et c'est à ce moment là que le mec à côté de moi a balancé sa farine eu gueulant je ne sais quoi. Une femme a déclaré qu'il la jetait parce que "il serait bien en peine de faire du pain avec !". C'est bien de notre époque de penser que faire du pain serait à la portée du premier facho venu, surtout avec de la T45. Moi je n'achète que de la tradition bien cuite et du pain au levain pas tranché ! Jamais ! Et j'ai mes adresses. Bon enfin là, je m'égare ...

Bon enfin, du coup, toute la patrouille été repeinte en blanc et s'est époussetée en jurant comme une bande de charretiers. Le brushing de Jean-Luc en a pris un coup et sa veste noire de prolétaire compagnon du Tour de France aussi. On a beau être responsable politique, on en est pas moins homme. J'ai trouvé cela très touchant de voir tous ces mecs tenter de faire disparaitre l'outrage en l'essuyant avec leurs kleenex premier prix.

Après une seconde de stupeur, le mitraillage a repris de plus belle malgré les mains des gardes du corps dans les objectifs pour tenter de masquer cet attentat happening low-cost. J'ai bien fait 2-3 tofs sans conviction, mais je n'étais pas très bien placé. Cet épisode a fait la une de toutes les chaines d'infos, comme on pouvait s'y attendre. Mélenchon est remonté dans sa caisse au bout de 300 mètres de marche et il a disparu direction le 9ème, laissant aux militants le soin de porter les banderoles sans faire semblant, jusqu'à République.

Je suis rentré chez moi et j'ai pris un bain de pieds au gros sel pour calmer les échauffements. J'ai envoyé le reportage à mon agence dimanche. Nous sommes lundi 13h00 et elles ne sont toujours pas en ligne. Encore des professionnels.

Frozen Piglet

vendredi 11 juin 2021

GAV






L'autre jour, j'ai été à la manif de la Police pour une petit reportage express. Bien m'en a pris, on a chopé 3 orages d'affilé qui ont transformé mon D4 en aquarium à poissons rouges. Putain mais c'est pas anti-ruissellement ces trucs là ?? Heureusement j'avais mon D5 aussi. C'est mieux d'avoir 2 appareils avec des gros zooms pour avoir l'air professionnel (oh ça va hein !? Je déconne ...). Je ne sais pas pourquoi les flics n'ont pas 2 flingues comme les chasseurs de prime des westerns. Le truc, c'est que ces gars-là ont pas beaucoup d'humour. Ils prennent tout au premier degré et à
 la moindre vanne, ils me regardent comme si ils allaient me foutre en garde à vue ou me casser la gueule avant de me buter. Ça fait (presque) peur ...

Pourtant, je suis de la maison (ouais enfin). Ma mère était pupille de la Police. Pour ce que ça lui a servi ... Mon grand-père a été tué par des malfrats dans l'exercice de ses fonctions à 33 ans, le pauvre. Ma mère s'est donc retrouvée orpheline à 6 ans et moi j'ai jamais connu mon grand-père. J'ai juste gardé comme souvenir, sa photo et la médaille de la Police à la con qu'il a reçu à titre posthume. Il y a aussi son nom qui est gravé sur la stèle des policiers tués, dans la cour de la Préfecture de Police de Paris. Celle qui s'allonge chaque année un peu plus.

Quand j'ai pu voir mes photos en ligne, sur le site, je me suis aperçu qu'on était 4 photographes de la même agence à avoir eu la même idée. Ça devrait être interdit. 

Frozen Piglet






jeudi 6 mai 2021

Rouge sur blanc, tout fout le camp

Je ne parle pas souvent des concours de photo, cela ne m'intéresse pas. La plupart du temps, c'est juste de la provocation et l'occasion pour des gens très bien intentionnés, de se constituer un fond photographique gratuit en se payant la tête des "candidats". Pour ensuite y puiser à volonté sans rien payer. Leur argument est toujours le même, donner de la visibilité, de manière gracieuse, au travail de photographes qui devraient presque leur baiser le fion pour les remercier, tellement ils ont été bons pour eux. Quand ils se font gauler la main dans le sac, ils prétendent qu'on les a mal compris et que leurs intentions sont pures et claires comme de l'eau de source. Alors qu'on est plutôt sur de l'eau de chiotte croupie. Moi je pense qu'on devrait les crucifier. Un peu comme les partisans de la pizza hawaïenne (celle avec des morceaux d'ananas). Ce qui est un crime  imprescriptible contre la pizza napolitaine. Alors bien sûr, il y a l'UPP qui ne manque pas de les pointer du doigt et puis il y a les réseaux sociaux aussi qui les dénoncent comme ils le méritent. Assez souvent, ils font machine arrière comme des petites merdes parce que ce genre d'affaire est très mauvais, en terme d'image et de communication.

Récemment, on a vu le chanteur Matthieu Chédid, éclaboussé par un cas semblable, même si la demande portait sur du graphisme d'illustration pour un songbook inspiré de ses oeuvres. Les mecs sélectionnés gagnaient le droit d'apparaitre dans un trombinoscope et 30% de remise sur le prix de vente du bouquin (hors frais de port) auquel ils avaient contribué gratuitement (voir l'article du POINT ici). Confier le travail de collecte à je ne sais quelle agence de bouffons, c'est aussi l'assurance de pourvoir se dédouaner direct en disant qu'on était pas au courant. 

Bien entendu, tous les métiers de la création sont aujourd'hui salis et ce qui était au départ plutôt adressé aux amateurs un peu cons est maintenant carrément proposé aux professionnels (ceux qui sont censés vivre de leur métier, enfin en principe). 


Ici, on voit que le concours  est ouvert uniquement aux photographes professionnels et/ou journalistes. Des passionnés par l'image ... La crème de la crème quoi !

A travers ce concours, on salue leur travail. Comme c'est gentil !

Moyennant quoi, on leur propose d'envoyer leurs photos en nombre illimité pour en présenter une sélection d'images durant le Festival d'Avignon.

Les photos sont libres de droits comme de bien entendu pour la promotion du concours, presse, sites internet, newsletter et  cerise sur le pompon, édition d'un livre en série limitée pour la promo de l'appellation. Ben ouais tant qu'à faire, t'es con ou quoi ??

Et en plus, comme elles sont libres de droits, on peut faire tout ce qu'on veut sans payer un fifrelin et on t'emmerde ! Sans oublier non plus que tu devras disposer des autorisations des personnes représentées, sinon en cas de problème avec les pochetrons, ce sera de ta faute (tout cela est écrit dans le règlement du concours).

Ben ouais kes t'as ?

Le prix ?? Ah oui ! Le prix ... Ben c'est être exposé dans la cour de la maison des vins. Ça te suffit pas ?? Quelle ingratitude. Tu voudrais pas qu'on te file un litron non plus ? Putain mais comment ils se la racontent ces photographes professionnels qui ont qu'à faire clic ! Nous on salue leur travail et eux, ils nous crachent à la gueule ces salauds.

Alors ? Tu veux toujours être photographe pauvre con ?

Frozen Piglet

De toutes façons, j'aime pas le Côte du Rhône. Et le Bordeaux, j'en parle même pas. Je ne bois que du Bourgogne. Adressez vos dons ici, mais je reprends pas les bouteilles entamées à cause du Covid19.






mardi 27 avril 2021

Agence tous risques

Les agences photo sur le papier, c'est très bien. Tu leur confies tes photos, tes archives, tes reportages, enfin ... tes merdes ... Et hop elles les vendent à des tas de trucs qui veulent les publier contre de l'argent et ensuite on partage. Elle est pas belle la vie ? Je me souviens même qu'à un moment, il y avait des pauvres idiots bêtes pour dire que les archives, ce serait la retraite des photographes (ceux en précompte AGESSA depuis 40 ans et qui s'étonnent de se retrouver une main devant, une main derrière). Quelle rigolade ! Au début des années 2000, on en a dit des conneries, mais pas autant qu'aujourd'hui, où on en est au niveau de l'industrie lourde la plus en pointe du 21 siècle.

Moi par exemple, je produis des reportages pour une agence connue surtout avant, mais c'est toujours une autre agence qui les vend. Getty en l'occurence par le biais des accords croisés et Getty, c'est l'assurance de te retrouver royalement avec 100 euros pour 40 photos vendues et encore, je suis optimiste. Et pour les diffuseurs c'est l'assurance de se payer les photos d'un génie comme-moi à 1$ la tof. Et puis après, il y a la télédiffusion "française" et ses chaines d'infos qui font des captures de pages de site d'infos avec mes photos pour illustrer leurs putains de reportages sans payer que dalle, sur écran géant en arrière plan. 

Alors pour gagner un tant soit peu sa vie avec les reportages diffusés en agence, il faut en chier au kilomètre des sujets et encore, à condition d'avoir un système de diffusion qui tient la route. 100 000 ou 200 000 photos ou même 300 000 photos correctement taguées (par toi évidemment ! Tu crois quoi ?), c'est pas mal pour commencer. Ceci à condition qu'une agence sniper ne vienne pas ravager la moukère en téléchargeant 2,5 millions de photos en particulier pile-poil sur le ou les secteurs où tu produis avec application depuis un temps infini
.  

Quand je pense que la première agence où j'ai signé avait un fond de 600 000 images et que certains opérateurs gèrent aujourd'hui 250 000 000 de photos. Sans compter que je vois que dans 99% des cas, c'est la première photo qui sort en tête de sélection qui se vend. Je me demande si les mecs ont pas fabriqué leur cerveau avec une imprimante 3D.  

Frozen Piglet

Sinon je commence à être très inquiet. On a plus de nouvelles du petit MEERO, la merveille de la French Tech. Plus de Cash à brûler ou quoi ??



jeudi 22 avril 2021

Hybride à couper le beurre


Convaincre les gogos ... Euh ... Les clients clients clients ! que la révolution numérique est à nouveau là, encore là et toujours là, c'est un travail de tous les jours pour les constructeurs et leurs services marketing. C'est un peu comme leur vendre la fable selon laquelle le progrès passe par la livraison à domicile de tout.

Mais depuis quelques années, on le sait bien, le dernier vent de folie qui souffle chez les fabricants, ce sont les hybrides full frame à viseur électronique qui annonceraient la fin du reflex, y compris chez les professionnels. Putain moi qui viens d'acheter un D5 d'occase, je me suis encore fait avoir bordel !

Des nouveaux modèles à couper le beurre, il en sort toutes les semaines, à tel point qu'on se demande comment le nouveau peut être meilleur que celui du mois dernier qui était déjà au zénith des performances par rapport à celui qui l'a précédé. L'idée, c'est de mettre un concentré de technologie dans une boite d'allumettes avec une bague d'adaptation (Cela, c'est pour encore simplifier les choses) et pouvoir monter ses anciens objectifs qui coûtent une blinde dessus, pour se rendre compte que non, ça va pas le faire. Ensuite on achète les nouveaux objectifs conçus spécialement pour les hybrides qui coûtent encore une blinde, avant de revendre son hybride pour racheter le nouveau modèle qui marche encore mieux et de divorcer. Entre temps, l'hybride a enflé à cause du grip qu'on rajouté, à cause des batteries qui étaient trop petites et de la prise en mains qui était merdique. Mort de rire ! Il atteint maintenant quasiment la taille d'un reflex. Il faut bien rigoler un peu non ? Surtout quand on vient de sortir le D6 comme Nikon !

Hybride: Se dit d'un animal issu du croisement entre des lignées sélectionnées et plus ou moins consanguines à l'intérieur d'une même espèce.

A ce stade, brulons un cierge pour ceux qui se sont précipités sur les premiers modèles et qui se retrouvent avec du matos invendable en moins de deux. Buvons pour oublier mes frères ...

"On apprécie beaucoup ses fonctionnalités de suivi AF du visage et des yeux, qui séduiront évidemment les portraitistes réguliers ou occasionnels. Cet appareil très complet et polyvalent est capable de produire des images JPEG de qualité, des RAW riches et des vidéos 4K à 30 i/s de belle facture". (site spécialisé)

"On apprécie beaucoup ses senteurs florales typiques du cépage  et son nez boisé qui séduiront évidemment les amateurs de notes minérales pour le dîner ou l'apéro. Ce nectar délicat et soyeux accompagnera avec bonheur tous types de plats, de la sole meunière vegan au cassoulet. Un vin de belle facture". (Frozen Piglet, spécialiste en pinard)

Frozen Piglet




mardi 13 avril 2021

Et tu périras par l'image


Comme beaucoup de photographes, la pandémie m'a mis en kalbut. Plus de manifestations publiques, de réunions, de salons professionnels, de conférences et d'assemblées générales. Et le télétravail m'a achevé avec des gens qui pensent que nous sommes de toute façon perpétuellement en train de nous promener dans la vie en attendant que ça tombe par magie. La vie d'artiste quoi ! Quelle bande de cons payés à se pignoler devant leur conf/call de connards sur Zoom.

Comme un idiot, je continue de produire des photos d'agence et de stock mécaniquement. J'en ai encore vendu une ce matin 17 USD, 8.50 USD pour ma pomme. Hein ??? Ouais ta gueule ...

Le plus dur, ça a été d'enterrer la maman de madame Piglet et ma propre mère en moins de 3 semaines en janvier et entre les deux de chopper ce putain de virus. Ça m'a rétamé en moins de deux, à tel point que quand j'allais voir ma mère mourante sous morphine à l'hôpital, son médecin voulait m'envoyer aux urgences. Cela a duré 2 longs mois et je suis toujours essoufflé dans les montées comme un asthmatique. Quant à madame Piglet, elle ne sent plus les goûts ni les odeurs (Ça tombe bien, je ne me lave pas). Heureusement, la petite Miss Piglet a bien résisté. Moi, j'ai perdu 8 kilos en un semaine. Pas besoin de "Comme J'aime" les gars. Ça m'a rappelé quand j'avais chopé des amibes en Afrique. Les maladies tropicales, ça fait bien dans le CV du photo journaliste. 

Ce qui a un tout petit peu limité les dégâts, c'est que je travaille dans un secteur qui est resté actif même pendant les confinements et que j'écris aussi des articles, pour lesquels, je peux travailler par téléphone comme tout mauvais rédacteur qui ne se respecte pas. Le problème se corse quand tu demandes au mec de t'envoyer des photos. Là c'est le drame. Un peu comme les blogueuses qui font des selfies à Dubaï en oubliant leur sextoy fluo sur la table de nuit à côté d'elle, mais en flou et en moins bien (et avec des moins gros seins aussi). 

Non mais ce qui me fait assez rigoler aujourd'hui, c'est tous ces crétins qui se dénoncent eux-mêmes en mettant en ligne sur tous les réseaux sociaux, leurs propres images et vidéos merdiques qui révèlent leurs turpitudes aux yeux du monde entier et leur vie sociale pleine de vacuité. En plus ils se voient beaux et plus malins que les autres, noyés dans leurs privilèges et pétant dans les draps en satin. C'est juste des minables qui ne savent pas faire un photo ou une video avec leur putain de téléphone chinois. Mais faites appel à des professionnels bordel ! En plus j'accepte les règlement en caisses de champagne, à condition qu'il soit millésimé et d'une grande marque. Ben ouais, tu me prends pour qui ?

Alors tu veux toujours être chôm ... Euh ! Graphe graphe photographe pauvre con ?

Frozen Piglet



lundi 1 mars 2021

Crevures

Contre vents et marées, la presse quotidienne régionale (PQR) est un des très rares secteurs qui maintient encore un semblant de service photo et donc des photo-journalistes salariés, au sein des rédactions (pour combien de temps encore ?). Ceci pour des raisons relativement simples. Les photographes de ces titres se doivent d'être très proches du terrain et des gens. En général, ce sont des professionnels d'expérience, qui connaissent parfaitement leur métier, leur environnement géographique, leurs interlocuteurs, les autorités locales. 

Samedi 27 février, un photographe du journal L'UNION, Christian Lantenois (65 ans), a été laissé pour mort par une bande de petites crevures, dans le quartier de la Croix-Rouge de Reims. Ces petites merdes lui ont bien entendu volé son matériel, histoire de ne s'être déplacés pour rien. Frappé à la tête violemment par une horde de sauvages, on ne sait pas encore comment la situation va évoluer pour ce pauvre garçon et s'il va avoir à subir des lésions neurologiques irréversibles. 

Je me souviens de la triste histoire de David Sauveur, un reporter  photographe qui travaillait pour l'agence VU, rendu infirme par son agression en 2011 par 3 connards, condamnés depuis à 15 ans de prison (l'un s'est enfui. Il avait été déjà condamné à 27 reprises !). David Sauveur s'était rendu en Afghanistan, en Israël, en Palestine, au Liban et en Sierra Leone pour travailler sans se prendre une balle. Il aura fallu qu'il croise le chemin de 3 crétins à Collioure pour finir sa vie dans un fauteuil roulant, tétraplégique après des mois de coma.

Je me souviens aussi de Jean-Claude Irvoas, spécialiste de l'éclairage urbain, tué en 2005, à Epinay-sur-Seine, devant sa femme et sa fille, pour avoir voulu photographier un lampadaire sur la voie publique. 

Des menaces, des manoeuvres d'intimidations, nous en subissons tous (parfois même de la police elle-même). Quand on se rend dans les quartiers dits sensibles. En général, c'est directement lié au traffic de stups. Il s'agit de t'empêcher de faire des photos ou de te voler ton matériel, ou les deux. Bah oui ! Tant qu'à faire ! T'es con ou quoi ?!

J'ai moi-même eu à faire à des petits caïds qui prétendaient faire leur loi, parce que je me trouvais d'après eux sur leur territoire. Que ce soit en Seine Saint-Denis (Francs Moisins par exemple), à Nanterre, à Barbès, dans les manifs ou ailleurs. Il vaut mieux ne pas se trouver au mauvais endroit au mauvais moment.

Est-ce que ce métier de passion vaut le coup de gâcher sa vie pour quelques photos qu'on ne vendra peut-être jamais ? Je ne sais pas. Parce que, quand on part bosser, on ne se pose même pas la question.

La seule question que je me pose vraiment, c'est qu'est-ce qu'on va faire de ces types qui sont capables de tuer quelqu'un sur une simple pulsion, comme des animaux.

Frozen Piglet

Lettre rédigée par l'épouse de Christian Lantenois, faisant suite à la couverture médiatique de ce drame.

« Bonjour, Je suis Jo, la femme de Christian.

J’essaie le plus possible de rester loin de toute cette médiatisation qui est pour moi aussi violente que le reste… De voir tous ces hommages dithyrambiques de la part de la direction me lève le cœur et me fait plus de mal que de bien… C’est facile de se donner bonne conscience et surtout de se mettre en scène dans tous les médias…

Mi 2017, Christian – estimant avoir prouvé ce que, vu les circonstances, on lui reconnaît à l’unanimité – toujours à l’indice 160 à ce jour, demande au rédacteur en chef de l’époque de passer à l’indice 175 de Grand Reporter, pour finir les 6/7 ans de sa carrière et, forcément, un petit plus à la retraite… La réponse fut royalement une seule et unique prime de 300 euros fin décembre de la même année.

On lui a répondu qu’ils allaient voir, en discuter en réunion, que ça suivait son cours, qu’il fallait être patient et, bien sûr, au bout de quelques relances, de toujours avoir une réponse évasive, Christian s’est rendu compte qu’on le menait en bateau, qu’on se fichait de lui, a laissé tomber…

C’était là, le bon moment de lui prouver la reconnaissance de son travail !  Pas sur son lit d’hôpital entre la vie et la mort…

Donc pour conclure, vous traitez l’actualité comme vous voulez, mais cessez cette mascarade de témoignages de collègues même sur les ondes (en plus de personnes qui l’ont peu connu) de la reconnaissance de sa passion, de sa disponibilité, de son sérieux et de son professionnalisme…

En plus, voir vos infos sur son état de santé me sont insupportables et, la plupart du temps, fausses. Vous ne vivez pas ce qu’il vit et ce que nous vivons… Donc un peu de décence et de respect à son égard. Si le pire arrive, il sera grand temps de vous remettre en scène… Quand le soufflé sera retombé, s’il y a une suite, avec ses lourdes séquelles… nous ne retrouverons jamais le Christian que nous avons connu, et, les seuls qui seront encore à ses côtés, seront ses proches, enfants, petits- enfants et moi !

Par contre, je tiens à souligner que les témoignages des lecteurs, les témoignages sur les réseaux sociaux de tous ceux qui l’ont connu, qui l’ont côtoyé dans tant de domaines divers et variés, le portrait de la ville de Reims, le pochoir de Kusek me font chaud au cœur de cette reconnaissance de toutes les qualités de l’homme qu’il était et ne sera plus jamais… Eux, n’ont rien à gagner, que de lui témoigner leur soutien ! »


jeudi 18 février 2021

Jetable


Je suis sans doute à contre courant, mais je ne loue pas ma cave à des particuliers pour stocker leurs merdes (j’en ai pas de cave), je ne loue pas non plus mon salon pour des réunions de travail ou des fêtes organisées par des crétins alcoolisés. Je ne propose pas de repas payants pour les touristes qui rêvent de découvrir le mode de vie des bobos parisiens. Ma bagnole, c’est moi qui la conduit et personne d’autre. Je ne vends et je n’achète rien sur le bon coin et celui qui me verra inscrire ma résidence principale ou secondaire sur Air bnb n’est pas né, je te le dis.  Je ne sers pas de point relais pour les colis de mes voisins (sauf pour rendre service et c’est gratuit). Je ne commande pas mes pizzas chez Uber Eats ou Deliveroo, je les fais moi-même avec de la farine Manitoba et du fromage que j’achète spécialement chez mon traiteur italien (Rapp, le meilleur de Paris). Les gens qui sont incapables de faire cuire un œuf et qui attendent sur leur canapé le livreur de Hamburger en plastique bio, en matant Netflix, me font gerber, c’est des psychopathes. Pour moi, ne pas faire la cuisine même mal, c’est rater sa vie. Je ne prends jamais de VTC non plus. Oui je suis sans doute à contre-courant, mais je m’en fous. Car je refuse de participer à ce modèle digital pourri qui permet de piétiner les droits sociaux en ne payant pas d’impôts, sous prétexte de « disrupter » le vieux monde. 

Les plateformes de mises en relation photographes clients, je leur chie dans la poche. Ces petits connards d’école de commerce ne connaissant rien à notre métier et je préfèrerai crever que de collaborer avec ces mecs. On a déjà les agences de photos comme engeances et cela nous suffit largement.

Quand à ceux qui encensent ce modèle de société et qui l’encouragent en participent activement à la destruction de notre modèle social, je les méprise et leur pisse dans l’œil. 

Air Bnb a perdu 4,6 milliards de dollars en 2020 et n'a jamais été rentable depuis sa création en 2008. La même année, Uber a perdu 6,77 milliards de dollars. Mais la presse continue à s'auto persuader que la nouvelle économie performe à mort. Non seulement ces boites sont en faillite, mais en plus elles ruinent des pans entiers de l'économie.

Frozen Piglet

vendredi 5 février 2021

Perpette


 




La photo de stock, c'est comme la vérole. Des beaux discours et à l'arrivée des pustules purulentes, les lames de rasoir et le sentiment de s'être fait enfiler par un mammouth. Leur truc aux banques d'images de stock, c'est les licences et les packs promo pour leur clients d'Europe de l'Est. Pour te niquer, il n'y a pas mieux. 

Sur ma photo vendue 99,18 USD il y a quelques jours, il est indiqué "droits gérés" ce qui veut dire que le prix à payer est fonction de l'utilisation qui est faite de la photo, option que je choisis systématiquement. Et pourtant, la licence accordée correspond très exactement à la définition du "free of rights", c'est à dire libre de droits, le modèle anglo-saxon que je refuse parce qu'il n'est pas équitable et pas français. 

On voit donc une photo vendue 100 USD (donc 50 USD pour moi) pour être utilisée pour le monde entier à la télévision, mais la licence couvre aussi tous les types de médias du monde entier à perpétuité. Perpette ! du jamais vu pour moi à ce jour ... Encore heureux qu'ils n'aient pas demandé l'exclusivité mondiale pour un dollar de plus ces FdP.

Cette arnaque caractérisée, c'est celle que les éditeurs essaient de nous imposer un peu partout en France et dans le monde avec pour credo, c'est américain, donc c'est bien: Photo payée une fois, photo payée pour toutes les fois. D'ailleurs, ils glissent ce genre de clauses dans les contrats qu'ils te font signer l'air de rien et si en plus ils peuvent te faire endosser les risques de recours de tiers représentés sur les photos et donc t'appeler toi seul en garantie pour se défiler comme des petites merdes puantes, alors là c'est parfait. Tant pis pour les photographes qui signent comme des crétins qu'ils sont (si, il faut reconnaitre qu'il y en a beaucoup et même de plus en plus. Ben si !). A vrai dire, ils ne voient pas vraiment où est le problème et puis être Uberphotographe, c'est bien quand même, non ?

Alors tu veux toujours être photographe Pauvre mec ?

Frozen Piglet

samedi 9 janvier 2021

Bonne année, bonne santé, merde au cul pour toute l'année 2021


Je sais pas pour vous, mais pour moi l'année commence trop bien, avec une splendide vente en Lituanie d'une photo vraiment très réussie, avec une licence de 5 ans pour publication sur un site web. Cette photo a été vendue dans un "pack" promotionnel pour la somme modique de 2,34 USD. Sur cette somme, cette énorme banque d'image accorde 40% à son distributeur local (ils sont au nombre de 200 à travers le monde) et garde 30% pour elle. Résultat net pour moi: 0,7 USD pour ma pomme, soit 50 centimes d'euros environ. Faut pas se plaindre, c'est la salaire minimum journalier en Lituanie mon gars. Ben ouais faut s'aligner, t'es con ou quoi ?

Parallèlement à cela, l'agent qui j'ai mandaté pour s'occuper du recouvrement de mes droits auprès de ceux qui prennent le web pour un catalogue d'images où l'on peut se servir gratuitement, a détecté 54 photos m'appartenant sur un seul site commercial originaire d'Asie. Ce qui pourrait représenter une somme à payer de plus de 30 000 euros (mais je suis prêt à faire une ristourne de 10% pour un paiement immédiat les mecs !). Mais compte tenu du fait que je ne serai sans doute pas le seul à les assigner, ce site va probablement disparaitre sans payer, j'imagine. Enfin sait-on jamais ...

Quoi qu'il en soit, ces 2 affaires mises en perspective donnent à réfléchir. Je préfèrerai largement vivre de mon travail selon des échanges équitables avec ceux qui utilisent ou commandent mes photos, mais puisqu'il faut en arriver là, tant pis pour eux. Je n'hésiterai pas à les défoncer par procuration. Qu'ils crèvent, sinon ce sera moi et on va pas se mentir, je préfère que ce soit eux, ces fossoyeurs de merde.

Alors ? Tu veux toujours être photographe pauvre idiot (pauvre con il parait que c'est vulgaire) ?

Frozen Piglet

    

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