Le comble, c'est quand ces véroles de diffuseurs réclament un remboursement, jusqu'à 3 mois après l'achat pour cause de soit disant non utilisation des photos. Ce qui reste à prouver, mais bien entendu, l'identité des acheteurs et leurs supports de diffusion sont tenus secret au cas où tu t'aviserais de les mettre en cause ou de vérifier. On sait tout juste dans quel pays se situe l'arnaque, sauf si c'est une cession de droits worldwide, ce qui garantit l'anonymat géographique total.
Et puis, il y a les vols de photos pour pas payer le petit sou, le petit sou tu connais ? J'avais bien signé un contrat avec une boite allemande qui se chargeait de recouvrer les droits pour les utilisations ou les reprises illicites de mes photos. Ils ont réussi à me récupérer 13 000 euros au total (répartis à 50/50 entre moi et eux), mais visiblement ils ont préféré basculer sur les people et leurs droits à l'image bien plus intéressants en termes de montants. Dommage c'était bien parti ... Et encore, cela ne concernait que les droits sur les publications sur internet pour moins de 4000 photos que j'avais téléchargé sur leur serveur. Autant dire que si j'en avais téléchargé 400 000 ...
Sinon, cette semaine, j'étais sur un chantier pour un reportage et en regardant par terre, j'ai trouvé 9 cartes bleues en tas, pour certaines encore valides, toutes au même nom et sans doute volées. Je les ai restitués à la banque pour éviter des emmerdes à quelqu'un que je ne connais même pas.
Parfois je me demande ce que je fous à piétiner dans la boue à 7h00 du matin alors qu'il fait nuit et qu'il pleut. Et puis je me rappelle que je suis là pour gagner ma vie. Cela c'est le plus gros challenge aujourd'hui pour un photographe comme-moi. Paradoxalement, je l'impression que je m'en sors mieux que certains mecs beaucoup plus connus que moi, pas forcément meilleurs. Ça peut-être paraitre injuste, mais si je n'avais pas réussi à vivre de mon métier, j'aurai changé de voie professionnelle sans hésiter.
Je dis cela, parce que j'en vois beaucoup qui se lamentent, sans vraiment réagir, en contemplant le désastre qui mène à la disparition de nos métiers, pendant que des wagons de jeunes adultes attirés par le mirage d'un boulot facile viennent encombrer et déstabiliser encore un peu plus tous les secteurs de l'image. Difficile de se voir confronté à des jeunes gens qui n'ont aucun repère ni aucune référence en terme d'activité professionnelle. Hormis de rares exceptions, leur qualité première est d'être tellement gratuit ou presque.
D'une manière ou d'une autre, il faut bien accompagner le mouvement et changer de façon de travailler ou disparaitre (Tiens cela me rappelle quelqu'un, un certain sociologue de l'image ... qui parlait de moi jadis.
Mais je suis tranquille. Avec mes semblables, nous continuerons à arpenter les rues avec nos appareil jusqu'à la fin des temps.
Frozen Piglet