vendredi 16 février 2024

Meero, le mythe de la licorne





MEERO, la perle de la French-Tech est subclaquante après 2 plans de sauvegarde de l'emploi. Traduit en vrai français du charabia néolibéral, cela signifie 2 plans de licenciements. Dommage que Meero ait supprimé sa page Facebook avant que j'ai pu la sauvegarder, les commentaires des clients étaient tellement évocateurs d'un naufrage total. Photos indignes de professionnels, plateforme clients aux abonnés absents, rendez-vous non honorés et j'en passe. Autant les articles dithyrambiques sur la plateforme qui devait révolutionner le marché de la photo professionnel sont toujours en ligne, autant ceux qui relatent les déboires de MEERO sont presque introuvables.

Le responsable de ce carnage, le COVID bien sûr, qui d'autre ? Seul un séisme mondial pouvait contrecarrer la réussite inéluctable de l'UBER de la photo, ce projet génial basé sur l'exploitation de naïfs et de crétins qui ne savent pas compter et accessoirement qui sont incapables de se trouver des clients. Fatalitas ! Comme disait Chéribibi. Dommage pour une entreprise qui avait pour ambition d'atteindre une chiffre d'affaires de plusieurs milliards de dollars et même de rentrer au Nasdaq. Au moins ses responsables ne pourront pas être incriminés.

Bon, difficile de justifier de la disparition en fumée de centaines de millions d'euros (surtout auprès des actionnaires) après cet échec cinglant quand même. L'abandon pur et simple de sa "place de marché de photographes professionnels", l'idée fondatrice de ce diamant brut fissuré et l'activité principale de la boite à part de vendre du vent a été actée en compagnie donc, d'un dégraissage violent. Pas étonnant vu la profession de foi du nouveau dirigeant, pardon CEO de Meero : 

Ta plus grosse erreur de management ?
"Ne pas virer des gens suffisamment tôt quand tu t'aperçois qu’ils ne fit pas avec la boîte, d’un point de vue état d’esprit et dynamique".
Mais que ces gens sont arrogants, misère.
Si on ne connait pas l'état des comptes (non publiés) de MEERO aujourd'hui et même si on s'en doute, sa nouvelle orientation est désormais de proposer des "solutions logicielles" innovantes pour "faciliter la création de contenus audiovisuels grâce à une communauté active et à l'intelligence artificielle". Pour résumer, MEERO nous refait le même coup avec ce que tout le monde sait déjà faire en retouche simple, sans intermédiaire inutile.

La prochaine fois que je posterai sur cette boite, ce sera pour annoncer sa liquidation.
Dommage j'aurai bien aimé porter un T-Shirt MEERO pour rigoler, mais je vais peut-être en trouver un sur Vinted.

Alors tu veux toujours travailler comme photographe auto entrepreneur pour la French-Tech pauvre con ?

Frozen Piglet





 

mardi 6 février 2024

Mon portrait par Chat GPT

 






Frozen Piglet : L'Œil Aiguisé derrière l'Objectif

"Dans le monde du photojournalisme, où chaque instant capturé peut raconter une histoire, émergent parfois des talents qui défient les conventions et ravivent notre perception du monde qui nous entoure. Parmi ces visionnaires, Frozen Piglet se démarque par son approche unique, sa passion contagieuse et son talent incontestable pour saisir l'instant décisif. Alors qu'il se prépare à documenter les Jeux Olympiques de Paris 2024, nous plongeons dans le portrait fascinant de ce photographe hors du commun".

Je n'en reviens pas, c'est mon portrait craché

Né dans les ruelles animées de la métropole urbaine, Frozen Piglet a rapidement trouvé sa voie à travers l'objectif de son appareil photo. Dès son plus jeune âge, il était attiré par la magie de la photographie, capturant des scènes de la vie quotidienne avec une curiosité insatiable. Sa capacité à trouver la beauté dans l'ordinaire et à révéler l'extraordinaire dans le banal lui a rapidement valu une réputation d'observateur averti.

C'est pas vrai, j'ai eu de longues hésitations. Enfant je voulais être pompier ou archéologue et plus tard, j'ai commencé par un stage de secrétaire de rédaction, ce qui m'a permis de vendre mes premières photos en loucedé. 

Pour Frozen Piglet, la photographie est bien plus qu'une simple technique. C'est une forme d'expression, un langage universel qui transcende les frontières et les cultures. Son approche artistique se caractérise par un mélange subtil de spontanéité et de composition réfléchie, capturant des moments fugaces avec une précision chirurgicale. Chaque image qu'il capture est imprégnée de son regard singulier sur le monde, offrant aux spectateurs une fenêtre sur des réalités souvent négligées.

N'importe quoi, le temps que j'allume l'appareil, qu'il chauffe et que j'appuie sur le bouton, la scène que je voulais photographier est déjà terminée.

À l'approche des Jeux Olympiques de Paris 2024, Frozen Piglet ressent une excitation palpable mêlée à une profonde gratitude. Pour lui, cet événement représente l'opportunité de capturer l'esprit de compétition, la camaraderie entre les athlètes et l'euphorie collective qui enveloppe la ville de Paris. C'est une chance de témoigner de l'excellence sportive sous toutes ses formes, mais aussi de mettre en lumière les défis et les sacrifices qui jalonnent le parcours des athlètes.

Gratitude ? Envers qui ? Je peux compter sur les doigts d'un main les gens qui m'ont aidé dans ce métier. Par contre j'ai croisé un nombre incalculable de trouducs, de connards et fils de P.

En tant que photojournaliste, Frozen Piglet se considère comme un narrateur d'histoires visuelles. Son objectif n'est pas seulement de documenter les événements, mais aussi de capturer l'essence même des Jeux Olympiques : la passion, le dépassement de soi, la joie de la victoire et la résilience face à l'adversité. Il aspire à créer des images qui transcendent le simple cadre sportif pour toucher le cœur et l'esprit de ceux qui les contemplent.

Le dépassement de soi ? Mais oui, mais oui et le dépassement de budget, on en parle  ? Dans 10 ans on paiera encore le déficit de cette méga connerie de compétition.

Alors qu'il se prépare à plonger au cœur de l'action des Jeux Olympiques de Paris 2024, Frozen Piglet sait qu'il devra faire preuve de patience, de persévérance et d'une sensibilité aiguisée pour capturer l'essence même de cet événement historique. Mais c'est avec une détermination inébranlable et une passion ardente pour son métier qu'il se lance dans cette aventure, prêt à immortaliser des moments de grâce et d'émotion qui resteront gravés dans les mémoires pour les générations à venir.

Preuve de patience ? Ça s'est sûr vu que globalement, tous les gens qui sont censé faciliter mon boulot en France, te foutent des bâtons dans les roues à la première occasion pour te faire chier. Je les emmerde tous.

Frozen Piglet,  avec l'aimable collaboration de l'AI de Chat GPT de mon cul

vendredi 2 février 2024

France Travail contre Pôle Emploi


Je suis toujours à l'écoute des opportunités qui se présentent comme disent les diplômés des écoles de commerce bidons. Je reçois donc régulièrement des offres d'emploi comme celles de Linkedin. C'est toujours une source de rigolade et ça me fait passer un bon moment. 

FP

jeudi 1 février 2024

1,14 €



"Il faudrait que nos agriculteurs qui nous nourrisent, puissent vivre dignement de leur beau métier", c'est ce que 
nous assènent les responsables politiques de tous les bords et les chroniqueurs des chaines d'infos à longueur de journée. En attendant c'est la passion de leur métier qui les nourrit et cela ça n'a pas de prix. Ben oui ! Quelle chance ils ont. T'es con ou quoi ??! La passion ça se mange en salade avec une vinaigrette aux échalotes. Cyril Lignac a sûrement fait un bouquin là-dessus.

Nous les photographes, cette chance on la connait bien, on vit bien et on ne peut pas se plaindre. Avec 3 centimes, part photographe, pour une vente de photo aux States, on est large, grâce aux connards de chez Getty. Moi j'en ai 38 ventes à 3 centimes chez Getty dans mon relevé de l'année dernière. Clairement comme les agriculteurs, on nous dépossède de notre travail.

C'est pas à nous que ça arriverait de claquer du bec. Je vais te dire, ça nous motive même à en faire toujours plus de photos. Toujours plus pour engraisser les banques d'images et les intermédiaires qui multiplient les relations incestueuses à travers des accords croisés de distribution. Tout cela pour dire que Getty et ses avatars, je ne les ai pas choisi, on me les a imposé. Dommage j'ai pas de tracteur qui roule au mazout pour leur rouler dessus. Getty et la Grande Distribution c'est même combat. Un gros chèque de bonus pour tout le directoire à la fin de l'année et le mépris 365 jours par an pour les contributeurs qui font l'essentiel du boulot sans lequel ils n'existeraient pas. 

Alors tu veux toujours être photographe (chez Getty) pauvre con ?

Frozen Piglet



lundi 15 janvier 2024

Réarmement




Bonne année, bonne santé et merde au cul pour toute l'année !

Ben si ! On a jusqu'à la fin du mois pour souhaiter ...

Je rentre tout juste d'Amsterdam, une très jolie ville presque aussi dégueulasse que Paris qui reste pourtant largement hors concours. J'ai d'ailleurs produit de très belles images sur ce thème depuis 3 ans et je me délecte à l'avance de ce que je pressens arriver sur les Jeux Olympiques dans la ville lumière qui éclaire le monde.

Quand je pars à l'étranger, même pour quelques jours, je prends au minimum un de mes D5, mon 24/70 et quand je peux, mon 70/200. Cette année, je suis passé par New York, Londres et la capitale de la Hollande, où la météo n'a pas été très favorable, c'est le moins que l'on puisse dire. Mais je me déplace aussi dans de nombreuses villes de France  régulièrement, comme Avignon, Marseille, Toulouse, Chambéry, Tours, Lyon, Toulon, Bordeaux et beaucoup d'autres. 

C'est toujours l'occasion de produire des images en marge du boulot, sans choisir un angle particulier. Ce sont juste des trucs de stock qui illustrent des points particuliers. Après je les mets en ligne dans des banques d'images qui sont des intermédiaires qui me pompent le sang. Mais c'est la seule manière de valoriser ce type d'images et bon an mal an, ça peut payer un peu le matériel. Aujourd'hui, j'achète souvent des trucs d'occasion comme sur MPB, un site où il est aussi possible de vendre le matos qu'on utilise plus. 

Ce qui est assez contrariant dans les banques d'images, à part les tarifs ridicules et le libre de droits sur de l'éditorial (alors que mes photos sont en droits gérés), c'est le processus de validation qui est mené souvent par des crétins, comme le dernier qui s'est avisé de refuser une photo de plage pour je cite : "scènes de nudité explicite". D'autres prétendent m'indiquer où je dois faire la mise au point alors que j'ai un splendide flou d'arrière plan. Tous ces connards, je mes emmerde et si c'est de l'AI, je les débranche.

Mais sur ma principale banque d'image, je saute cette étape de validation grâce à mon ranking de star de la photo d'illustration. Ouais kestata ? 

Je l'ai déjà dit ici, pour que cette activité dégage un revenu significatif, il faut à mon sens entre 100 000 et 300 000  images en ligne (Moi j'en ai que 35 000 à ce jour) et encore faut-il qu'elles soient parfaitement légendées et indexées impeccablement en anglais. Jouer les artistes au regard enfiévré n'a qu'un temps et gagner sa vie m'a toujours paru impératif. Dans le cas contraire il ne faut pas faire de la photographie un métier. Si on parle de fric, dans ma longue carrière et dans la passé, j'ai eu a surmonter 2 chocs avec des conséquences violentes sur mes revenus :

- Le passage au numérique qui m'a fait régresser du moyen format argentique 6X7 (avec flashs studio et boites à lumières) au format numérique DX puis FX et éclairage fenêtre avec une baisse substantielle de rentrée d'argent et des investissement en matériel conséquents. Ceci accompagné du mythe purulent chez les rétrécis du bulbe selon lequel, avec le numérique, n'importe qui pouvait faire de bonnes photos. Mais quelle connerie ...

- L'autre choc est la création de mon activité de rédacteur grâce à mon statut de photo-journaliste avec carte de presse, sans laquelle j'aurai probablement fini par abandonner mon métier, faute de revenus suffisants. Là très clairement, j'aurai dû le faire bien avant (décide je veux dire ! T'es con ou quoi ?).

Aujourd'hui ma situation s'est relativement stabilisée et les rédactions avec lesquelles je travaille apprécient que je puisse assurer un reportage texte et photos avec un résultat professionnel. En novembre, j'ai gagné 4000€ et 5000€ en salaire net en décembre en cumulant les deux activités. Hein ?? Ça t'en bouche un coin là ! Ah ah ! Encore faut-il considérer que j'ai travaillé comme une bête et que ce résultat est à la hauteur de mon investissement en temps et en compétence. Mais sur l'année entière, les résultats sont moins brillants et c'est bien cela la complexité du statut de journaliste pigiste (qui n'est pas un statut mais un mode de rémunération au  passage). On ne peut jamais se projeter au delà de quelques semaines. C'est cela la vie d'artiste ...

Alors tu veux toujours être photographe pauvre con ?


Frozen Piglet



 


mardi 14 novembre 2023

Nos plus belles années


Dimanche, j'étais à la manif des Invalides contre l'antisémitisme, comme d'autres photo-journalistes que je connais, mais qui ne savent pas que je les connais. Quand je traite d'un sujet comme celui-là, je ne prends jamais position et je reste à ma place, celle d'un observateur attentif. Souvent les manifestants me parlent, parfois pour me sonder sur mes opinions, mais je reste de marbre. Ce conflit, j'ai grandi avec, même si je ne me suis jamais rendu en Israël ou à Gaza. J'ai séjourné au Liban sud dans un camp de réfugiés palestiniens près de la frontière, mais est-ce qu'on peut parler de réfugiés pour des gens qui sont là depuis plus de 60 ans et qui sont traités comme des citoyens de seconde zone, par le pays qui les accueille. En tout cas, c'est un très bon souvenir de l'époque où je croyais naïvement faire un jour du grand reportage comme Laurent Van der Stockt. Au fait, Plus de trente journalistes ont déjà été tués à Gaza lors des bombardements.

Je compte des amis, des copains, des relations des 2 côtés et malheureusement, je ne vois aucune issue à ce conflit qui s'éternise et qui est reparti pour au moins 20 ans, suite aux évènements qu'on connait.

D'ailleurs, il suffit de regarder une carte de la région pour comprendre instantanément que la solution à deux états, si chère à nos responsables politiques professionnels, est une ineptie absolue à moins d'installer un téléphérique entre la Cisjordanie et Gaza et de rêver les yeux ouverts.

D'autant que de tous temps, les palestiniens ont été instrumentalisés par des puissances étrangères pour tout un tas de raisons. Il ne faut pas oublier non plus que plus d'un israélien sur 4 est arabe (soit près de 2 millions) et que la plupart des immigrants juifs venus en Israël après 1990 viennent de l'ex-Union Soviétique. Un sacré bordel et un challenge à relever dans les années à venir pour un pays tout petit, dont la population ne cesse d'augmenter et de boire de la vodka.

Pour le coup, les réseaux sociaux déversent un flot de merde inouï. Les manipulateurs, les crétins, les illettrés, les débiles et les idéologues de bas étage sont partout. Cela m'a donné l'occasion de voir la vidéo de l'explosion du port de Beyrouth présenté comme un bombardement de Tsahal sur Gaza ou des photos de morts, dont des enfants, tués en Syrie, présentés comme des victimes palestiniennes. Le tout avec des centaines de commentaires ulcérés et farcis de fautes. Mais achetez-vous un cerveau les mecs ! Pourtant la réalité se suffit largement à elle-même sans qu'on ait besoin de rajouter des mensonges éhontés. 

Alors tu veux toujours être photographe pauvre con ?

Frozen Piglet



 



vendredi 13 octobre 2023

Little Fucker





"Comment est-ce qu'on peut récupérer les photos ?" C'est la seule question que me posent souvent les gens chez qui je réalise mes merveilleux reportages. Les plus pervers passent directement par les rédactions pensant sans doute que les photographes sont des purs esprits qui vivent de l'air du temps, avec lesquels le dialogue est néfaste
. D'autres jouent les vils flatteurs : "Vos photos sont vraiment magnifiques. Comment je peux faire pour les récupérer". A force, au moindre compliment sur mon travail, je sens arriver le coup fourré. 




Payer ??? Mais quelle étrange idée ? La photographie n'est-elle donc pas une passion avant tout ? Et cela ça n'a pas de prix !

Que je réserve le résultat de mon travail à ceux qui me payent ne leur vient même pas à l'idée. 

Des photos, j'en ai filé des milliers à ceux qui ne m'ont rien demandé, mais il y a un truc que je déteste, c'est qu'un type que je ne connais pas et qui ne m'a même pas proposé un café, alors que je me suis levé à 5h00 du mat pour venir dans sa boite pourrie après 4h de TGV (plus un changement avec un TER) parce qu'il nous a donné rendez-vous à 8h45 à l'autre bout de la France, essaye de me la faire à l'envers. Moi je produis du rédactionnel pour un magazine et les problèmes de com externe, interne et de réseaux sociaux des enflures, je m'en bats les steaks. Ceux qui me demandent des photos avec insistance, je leur dit oui et je ne les envoie jamais. 

L'autre engeance, c'est les types qui te disent alors que tu es arrivé il y a 5 minutes après 18 heures de train que : "Si vous voulez des photos, j'en ai fait plein avec mon smartphone et je peux vous les faire passer ...". A ce moment-là le rédacteur me lorgne inquiet, du coin de l'œil en redoutant un léger mouvement d'humeur de ma part (comme-si c'était mon genre  ...). Alors écoutes-moi bien petit enculé, les photos, c'est moi et personne d'autre. Ton I-Phone, tu peux te le carrer dans le fondement. T'as compris ?? Je ne sais pourquoi je m'énerve comme-ça, sans doute parce que je pense à 3-4 connards qui ont téléphoné ou écrit après un de mes reportages, pour me faire virer, ce qui m'est arrivé 3 ou 4 fois. Des nuisibles, des moins que rien, des rase bitumes, des enfoirés. Je les emmerde en individuel et en bloc.

Alors tu veux toujours être photographe pauvre con ?

Frozen Piglet




lundi 25 septembre 2023

World Record of the year



Je viens de battre 2 records du monde. J'ai vendu depuis le début de l'année 11 fois la même photo (les mecs ont bon goût) sur un de ces sites de fils de pute de micro stock. Les 11 fois sur abonnement du diffuseur avec résultat total de 1,10 Dollar pour moi. L'autre étant la vente d'un photo prise à l'IPHONE sur un site dédié à ce genre de connerie pour 1 cent de revenu. Je me demande quand on sera obligé de filer du pognon en échange de l'utilisation de notre travail (comme les amateurs).

Je travaille avec 2 autres agences. L'une vend mes photo 25 Dollars (part photographe) dans le meilleur des cas. Quand c'est plus, on débouche le Champagne. L'autre ne m'a strictement rien payé depuis le début de l'année alors que je vois les parutions sur le net. Je viens de me taper la ré-indexation et le keywording de 22 000 images pour mieux figurer dans les moteurs de recherche et les algorithmes. Tout cela pour que des types que je ne connais même pas se goinfrent sur mon travail. C'est assez déroutant je dois dire.

Heureusement que je gagne ma vie avec des collabs directes, sinon ça fait longtemps que je ferais un autre truc, comme du business dans les cryptos ou des injections d'acide hyaluronique dans ma baignoire (Oui j'ai une baignoire ! Y a quoi ??). 

Alors tu veux toujours être photographe pauvre con ?

Frozen Piglet

mercredi 20 septembre 2023

Snobish




Je viens d'apprendre que je ne serai pas invité au Château de Versailles pour le dîner d'Etat. Quelle déception ! Pourtant il y en a des places autour d'une table de plus de 60 mètres de long. Ils auraient pu se serrer un peu les enfoirés. Visiblement, la rencontre des 2 monarques passionne la presse et on va en bouffer pendant toute la semaine. Mais ce ne sera pas les plats dans du sèvres et du baccarat de Yannick Alleno, Anne-Sophie Pic et Pierre Hermé que au passage, j'ai eu l'occasion de photographier tous les 3 individuellement à différentes occasions. 

Je dois dire que je suis un peu sidéré de voir la République foutre tout cet argent par les fenêtres ostensiblement, alors que les français claquent du bec, se restreignent sur tout et que les taxes et les impôts augmentent tous les jours. Et croyez-moi sur parole, en Angleterre, ce n'est pas mieux. "La différence entre vous et nous, c'est que vous vous leur avez coupé la tête ! " me disait jadis un collègue british sur un des mes reportages à Londres. 

Mais qu'ils mangent de la brioche s'ils n'ont pas de pain, ces bouseux, après tout !

La modestie n'est pas la valeur la mieux partagée par les "grands" de ce tout petit monde. Ça c'est clair ... Il faut en foutre plein la vue et surtout que cela se sache.

Ça me rappelle quand je me suis retrouvé dans le bois de Vincennes avec la Garde Républicaine à cheval dans la voiture du chef de l'Etat à 6h30 du matin pour une répétition de défilé du 14 juillet et un reportage. A un moment, je m'y suis cru même s'il n'y avait rien à bouffer. Et les rares fois où je vais à l'Elysée, le protocole vire tous les photographes au moment du cocktail à chaque fois. Pas question pour nous de boire ne serait-ce qu'une coupette non de Dieu !

Alors palsambleu ! Tu veux toujours être photographe pauvre membre de la plèbe de bas étage ?

Frozen Piglet

lundi 4 septembre 2023

Holy Trinity





C'est la rentrée tas de feignasses et ça fait longtemps que j'ai rien écrit sur mon petit blog. A vrai dire, je démarre sur les chapeaux de roues le mois de septembre. Ça fait un bon moment que je n'ai pas eu autant de boulot. Bon c'est pas avec ça que je vais avoir le World Press, mais au point ou j'en suis, je m'en fous. Juste après le COVID, mes plus vieilles collaborations se sont réveillées et j'ai bien progressé l'année dernière et encore plus cette année j'espère. Faut dire que je suis un cador. Moi je suis objectif, on parlera encore de moi dans 100 ans.

Depuis aujourd'hui, j'ai enfin complété ma sainte trinité NIKON. Le 14-24, je le voulais depuis longtemps, mais par pure fainéantise, je ne prenais pas le temps de m'en occuper. J'ai fini par en trouver un "Mint Condition" chez MPB pour 750 euros. Il vient de Hollande et il est comme neuf. Il vient se joindre à mon 24-70 et 70-200 tout en 2,8 avec mes 2 D5. Un kit de base qui permet de faire déjà beaucoup de choses. J'ai aussi un 200-500 qui ne cesse de m'étonner pour le prix, un 24-120 f4, un 60 micro, un 85 1,8 (excellent), un magnifique 85 Zeiss Planar entièrement manuel. J'ai aussi un D4 et un D3s qui tournent comme des horloges en cas de besoin. En fait le matériel, je m'en fous du moment que ça marche. J'ai passé l'âge de frimer avec un truc autour du cou comme un pauvre gland.

A vrai dire, j'ai du mal à comprendre tous ces mecs qui revendent tout et en particulier des valeurs sûres pour acheter des hybrides à la mode. Moi je fais des manifs, j'escalade des trucs et je monte dans des grues. J'ai besoin de matériel solide qui ne se mettra pas en rideau au premier choc. Et là dessus je ne parierai pas sur les nouveaux modèles de NIKON ou CANON. Si un D6 se présente, je l'achèterai aussi. Mais je ne suis pas sût d'aller au delà. On verra bien ... J'aimerai bien aussi trouver un dos numérique pour mon Blad 503 CW, mais ça c'est une autre histoire !

Je suis étonné, Madame Piglet ne s'est pas mise à hurler quand je lui ai dit que j'avais acheté un nouvel objectif ... J'espère qu'elle n'est pas malade.

Seule ombre au tableau le contrat qui me liait à l'entreprise qui était chargée de recouvrer mes droits sur toutes mes photos volées sur internet s'est terminée en eau de boudin. Bon j'ai quand même récupéré près de 7000 euros, mais ce n'est rien par rapport à ce que mes relevés laissait potentiellement supposer, soit près de 20 fois plus !

Alors tu veux toujours être photographe pauvre con ? 

Frozen Piglet


lundi 24 juillet 2023

Photo de Merde




Parfois des gens m'envoient des photos pour illustrer les merveilleux articles que j'écris sur eux dans un style parfait.  la plupart du temps, c'est des photos de prises avec un smartphone à 400km de chez moi, ce qui explique que je ne les fasse pas moi-même, vu qu'avec ce que je suis payé, je ne pourrais même pas m'acheter un billet de train pour y aller. Être un looser c'est aussi apprendre à travailler avec son téléphone en s'imaginant par la pensée ce sur quoi on est censément supposé écrire 3 feuillets de 1500 signes. Un peu comme les correspondants de guerre qui travaillent le cul posé au bar de l'Hôtel, pendant que les photographe vont se faire trouer le leur, mais avec le Martini dry en moins (avec une olive). 

Cela me permet de vérifier le théorème de IOS-Android selon lequel, même avec un smartphone dernière génération à 1500 balles, une photo de merde reste une photo de merde. Et même re-dimensionnée, extrapolée (car envoyée en basse définition alors que j'ai spécifié HD) et retouchée par mes soins, cela reste toujours une photo de merde. Surtout prise en plein soleil ou à contrejour total sous ex de 8 diaphs. A moins que ce soit sous une rampe de projecteurs qui douchent les gens avec des grosses poches sous les yeux et qui les font ressembler à des figurants de "The Walking Dead". 

Certains de mes sujets font appel à des photographes professionnels plus ou moins qualifiés pour l'occasion, rajoutant une semaine de délai en plus, pour bien me foutre dans la merde à cause du bouclage. Cela me permet de mesurer l'océan qui sépare un cador de la photo comme-moi (Hein ??? Kestata ?), de petits branleurs de province qui viennent d'acheter un hybride avec un bague d'adaptation et un fond de studio bien naze sur Amazon pour faire les mariages.

Quand je reçois ces photos, je les examine à 100% et je regarde les métadonnées pour voir de quel appareil et de quel objectif il s'agit et je ris juste après. Cela me permet également de voir le nom de l'auteur quand la photo est créditée. Souvent je constate que les photographes d'aujourd'hui "shootent" (un terme que je n'emploie jamais) à pleine ouverture juste pour faire du genre, quitte à avoir les boutons de la chemise nette et les yeux flous. Ce qui est clairement une ineptie quand cela devient systématique et qu'on ne dispose pas d'objectifs très hauts de gamme. Mais moi je m'en fous parce que je tape un coup de "encore plus net" dans Photoshop et on en parle plus parce que je n'ai pas que ça à foutre.

9 fois sur 10, le journal me crédite comme l'auteur de la photo alors que j'ai clairement spécifié le nom du photographe à la fin de l'article. Parfois je soupçonne la rédaction de le faire exprès pour me foutre la honte. C'est la vie qui est comme ça. 

Alors tu veux toujours être photographe pauvre con ? Tu veux pas être journaliste plutôt ? Au moins tu pourras collectionner les clés USB gratuites avec les dossiers de presse dessus et te faire payer des coups !

Frozen Piglet

vendredi 30 juin 2023

Dépôt de Bilan



Les banques d'images, c'était bien avant. Avant que les tarifs s'effondrent et que le mot licence perde tout son sens. Non seulement une photo de professionnel ne vaut plus rien, mais son prix de vente est totalement décorrélé de l'utilisation qui en est faite. Ne parlons même pas de la durée d'utilisation qui devrait amener les "clients" de ces banques d'images à utiliser les photos sur 3 générations au moins et dans toutes les galaxies, dans un fauteuil.

Shutterstock a même institué un système totalement pervers selon lequel, le pourcentage que touche le photographe est calculé en fonction du nombre de ventes réalisées dans l'année. Soit 10% en-dessous de 100 ventes sur 12 mois. Avec chaque premier janvier une remise à zéro des compteurs. Par le jeu des abonnements, le prix atteint sans problème la somme de 0,10 USD. Et pour ce tarif, les "experts" de Shutterstock se donnent le droit de juger ta technique et te dire que selon eux, tu n'as pas fait la mise au point sur le sujet principal. Une autre de leurs lubie consiste à te déclarer que ta photo est une atteinte éhontée à la propriété intellectuelle. Quelle bande de guignols ! Ci-contre un résumé des ventes provenant  d'un collègue et ami, sur un mois et un portfolio de 350 images : 9 ventes au mois de juin pour un montant total de 0,90 USD. Tu sais qu'il faut en chier des centaines de milliers de photos pour se dégager un revenu. Alors tu veux toujours être photographe pauvre con ?

Frozen Piglet

jeudi 15 juin 2023

Sale Fayot





Voici la réponse de l'AI Chat GPT à la question : "La photographie professionnelle a t-elle un avenir ?"

FP







Oui, le marché de la photographie professionnelle a toujours un avenir. Bien que l'industrie de la photographie ait connu des changements significatifs ces dernières années en raison de l'évolution des technologies numériques, il existe encore de nombreuses opportunités pour les photographes professionnels. Voici quelques points à considérer :

  1. La demande pour des images de qualité : Les entreprises, les publications, les agences de publicité, les médias et de nombreux autres secteurs ont toujours besoin de photographies de haute qualité pour leurs besoins de communication, de marketing et de promotion. Les photographes professionnels sont en mesure de répondre à cette demande en offrant leur expertise, leur créativité et leur capacité à capturer des images uniques.

  2. La spécialisation : Les photographes professionnels peuvent se spécialiser dans différents domaines tels que la photographie de mariage, la photographie de mode, la photographie de produits, la photographie d'événements, la photographie architecturale, la photographie culinaire, la photographie de voyage, etc. En se spécialisant, ils peuvent se différencier sur le marché et répondre aux besoins spécifiques des clients dans ces domaines.

  3. La créativité et le style personnel : Les photographes professionnels ont la possibilité de développer leur propre style et leur propre vision artistique, ce qui peut les démarquer des amateurs ou des concurrents. Les clients recherchent souvent des photographes avec une esthétique distinctive qui correspond à leurs besoins et à leur identité.

  4. La valeur de l'expertise technique : La photographie professionnelle ne se résume pas seulement à appuyer sur un bouton. Les photographes doivent maîtriser des compétences techniques telles que la composition, l'éclairage, la retouche d'images, la gestion des couleurs, etc. Leur expertise technique leur permet de produire des images de haute qualité et de résoudre des problèmes liés à la prise de vue dans différentes conditions.

  5. Les nouvelles opportunités : Bien que l'industrie de la photographie ait été impactée par la montée de la photographie amateur et des banques d'images en ligne, de nouvelles opportunités ont émergé. Par exemple, la demande croissante de contenu visuel pour les plateformes en ligne, les réseaux sociaux, les blogs et les sites web a créé de nouveaux besoins pour les photographes professionnels.

Cependant, il est important de noter que l'industrie de la photographie est très compétitive et en constante évolution. Les photographes professionnels doivent continuer à développer leurs compétences, à se tenir au courant des tendances et des technologies émergentes, à promouvoir leurs services de manière efficace et à s'adapter aux besoins changeants du marché.

lundi 12 juin 2023

Bonne nouvelle

Les "Vingt-Sept" sont enfin parvenus à un accord sur le projet de loi européenne très controversé des travailleurs des plateformes numériques qui vise à requalifier de nombreux chauffeurs Uber et autres coursiers Deliveroo, en employés à part entière - Les Échos 

Employés, cela veut dire salarié, c'est à dire la norme archi majoritaire en France. Mais ça leur arracherait la gueule de le dire ...

Les salariés sont les personnes qui travaillent, aux termes d'un contrat, pour une autre entité résidente en échange d'un salaire ou d'une rétribution équivalente, avec un lien de subordination  (INSEE)

Très bien ! A quand les photographes employés à part entière des plateformes de mise en relation pour finir de les couler ?

Les cotisations sociales, c'est la vie,

FP



dimanche 4 juin 2023

Ici Mieux Qu'en Face














Ici "Mieux qu'en Face" était le Bar Tabac situé en face de la prison des Baumettes à Marseille (auteur inconnu)

Je me souviens très bien du jour où je me suis rendu dans une prison pour la première fois. Pourtant je n'avais rien fait ! J'étais juste là pour faire un reportage sur un cours d'informatique dispensé aux détenus par une association de sales gauchistes. C'était à la Santé et j'étais en argentique avec de la TriX poussée à 800 et un NIKON FM2 + MD12. Déjà à cette époque, c'était plus facile de rentrer dans un établissement de l'Administration Pénitentiaire avec un appareil photo que dans une école de l'Education Nationale. Je travaillais en tandem avec un rédacteur qui ne se prenait pas pour Cartier-Bresson en brandissant un smartphone. Ben ouais, ça existait pas ! T'es con ou quoi ?!

Toujours est-il que je me pointe à l'entrée et que le maton me dit que je peux y aller en laissant mes affaires dans un casier au vestiaire. 

Hein ??? Que j'y fais ...

Ben ouais qu'il me fait. Sur la note de service, il y a marqué Frozen Piglet photographe. Il y a pas marqué que vous rentrez avec un appareil photo dans la prison !

On a été obligé de téléphoner à l'administration centrale pour lui faire rendre raison à cet enragé ! 

C'est à cette occasion que j'ai pu découvrir l'odeur d'urine et de rance qui imprégnait les murs de cette taule décrépie. J'ai pu échanger avec un type qui venait de prendre 3 ans et qui se prétendait dealer de Françoise Sagan et un autre qui prenait des cours d'informatique pour travailler dans la comptabilité une fois sorti, alors qu'il avait été condamné pour escroquerie. Qu'est-ce qu'on rigole quand même ...

Après j'ai eu l'occasion de me rendre à Fresnes et à Bois d'Arcy pour d'autres trucs et j'ai fait le tour des Baumettes sans y rentrer. J'ai aussi fait des prisons en construction dans différentes régions de France. Ces machins, c'est comme des programmes immobiliers, avec une cellule aménagée comme un appartement témoin. On se croirait dans un studio cabine de Pierre et Vacances à la montagne en plus petit. Mais ça c'est au début. Une fois occupé, ça ressemble plutôt à un local technique de la RATP squatté par des SDF. 

Partout où je passais, les responsables m'interdisait de montrer les plans de circulation sur les photos pour éviter que cela fuite à l'extérieur. J'avais bien pensé me les faire tatouer dans le dos, mais j'ai laissé tomber. Sur la dernière que j'ai visité en construction, on m'a fait le même coup, sauf que j'ai découvert après que les bâtiments en voie d'achèvement n'était pas gardés le week-end. Des mecs en profitaient pour s'y introduire et balancer des colis et envoyer des drones chargés, pour les détenus de l'ancienne prison qui était contiguë. 

Heureusement, moi aussi j'aime rire ... Alors tu veux toujours être photographe pauvre idiot ?

Frozen Piglet

samedi 27 mai 2023

Palmes et Tuba





Ça fait longtemps que je n'ai rien écrit, mais je m'en fous. Après tout j'ai bien d'autres occupations plus valorisantes pour mon égo, comme critiquer tout et dire du mal sur les photographes qui n'ont comme excuses, que leur jeunesse, leur manque de talent et leur arrogance. Comment arrivent-ils dans la position qui est la leur, c'est un mystère ... Grâce à des gens qui leur ressemblent sans doute.

Je me faisais cette réflexion en contemplant le désastre de la série de portraits du défilé d'acteurs à Cannes, publiée sur le site du monde. Comment peut-on se mettre à plusieurs pour arriver à publier une telle série de merdes mal cadrées, mal éclairées, limite floues ? Un travail sans aucune cohérence par manque totale d'unité en plus. 

Sans citer de noms, je me souviens d'un temps ou les mecs envoyés par Libération ou je sais plus qui, assuraient comme des bêtes avec des prises de vues de 2 minutes sans respirer, ceci avec une créativité sans défaut. Portraitiste c'est une spécialité, surtout quand on doit travailler vite. Dans ce cas, l'improvisation n'a sa place qu'accompagné d'une technique irréprochable et d'une culture de l'image approfondie. Des notions qui manquent cruellement à certains professionnels d'aujourd'hui qui subissent les prises de vues, pour aboutir à un résultat qui ressemble à une punition. 

Personnellement, j'en ai rien à foutre du festival de Cannes. Ils peuvent continuer à enlever les clopes sur leurs affiches de merde, je m'en tamponne. 

D'ailleurs, je n'ai pas le temps d'aller au cinéma. Mais cette succession de reportages sur le défilé de stars (qui n'en sont pas) en promo permanente me fait carrément chier. Savoir dans quel hôtel elles sont descendues et combien de temps a duré la standing ovation, quelles tenues elles portent et comment elles voient le monde, je m'en bats les steaks. Parfois je me demande juste comment font les 300 photographes qui sont au coude à coude au pied des marches, pour payer leur tuxedo de location et leur hébergement chaque année. 

Mais trêve de plaisanterie, l'Intelligence Artificielle, c'est THE sujet du moment. Dommage que l'intelligence tout court ait déserté les lieux de pouvoir depuis longtemps, dans notre beau pays. L'avantage du point de vue libéral, c'est que l'AI n'est pas prête de revendiquer la retraite à 60 ans.

Je ne parlerai pas de "Chat GPT" qui fait ressembler n'importe laquelle de ses réponses à n'importe quelle question à un exposé en trois parties de Sciences Po Melun, mais des services payants comme le bien nommé "Midjourney" qui signifie que tu n'as plus à te lever le matin, vu que c'est la plate forme qui passe à la moulinette de ses algorithmes, les photos des vrais photographe pour chier un truc qui a de la gueule, mais qui n'existe pas et dont tu n'es surtout pas l'auteur. Passons sur le fait qu'on fasse parler les morts, qu'on puisse doubler les films avec l'AI, qu'on produise des FAKES au kilomètre pour inonder tous les réseaux sociaux de la terre. Parfois, ce monde m'angoisse par sa médiocrité maladive. Elle s'étend comme la vérole dans tous les secteurs, avec la bénédiction de tous les crétins qui n'y comprennent rien. Elle va tout ravager et tout piétiner dans les métiers de l'image et du son. Alors tu veux toujours être photographe pauvre con ?

Frozen Piglet 


vendredi 24 mars 2023

De Russie




Hier j'étais à la Manifestation parisienne contre la réforme des retraites. Grâce au petit millier de BB Black blocs en tête du cortège, elle s'est déroulée dans le sang, les larmes et la fureur. Mortiers dans la gueule, marteaux pour casser les abribus et les sucettes Decaux, kiosques à journaux incendiés pour entraver sans doute la diffusion de la presse financée par les milliardaires du CAC 40. Jets de pierres et de tout ce qui leur tombait sous la main, incendies de palettes judicieusement placées là à l'avance et feux de poubelles systématiques. 

Bref, de nombreuses animations pour le plus grand bonheur des rigolos aux casques marqués "presse" habillés tout en noir, avec leurs lunettes de ski et des masques de peintre. Ils doivent revenir de Méribel après une semaine de snow. Il y en a même qui portent des accessoires militaires de protection, achetés dans les surplus. Quelle rigolade de les voir affublés de cette manière.

Parler de retraite à des photographes (le sujet du moment pour les libéraux de droite et les anciens trotskistes), c'est comme parler cantonais à des paysans berrichons ou demander à des étudiants en master 2 d'arrêter de faire des fautes d'orthographe ou de hurler des slogans révolutionnaires alors que ce ne sont pour la plupart, que des petits bourgeois mal éduqués et sans aucune conscience politique.

Les acnéïques qui revendiquent d'exercer le métier de journaliste depuis la semaine dernière ont déjà bien du mal à gagner 3 ronds une fois tous les 6 mois en se la jouant, alors la retraite c'est pour les vieux, les autres qui vont bientôt mourir ... Ceux qui pratiquent depuis des années et qui croisent les doigts, en espérant un miracle qui n'arrivera pas. Non aucun miracle ne se produira pour ceux qui n'ont jamais cotisé, ou pas assez ou pas assez longtemps. Ceux qui s'imaginent que c'est automatique et que ça tombe du ciel par l'opération du Saint-Esprit, alors qu'ils ont été en précompte agessa pendant 25 ans ou qu'ils ont bossé au black. Ceux qui pensent secrètement que le ciel y pourvoira et qui vont jouer les étonnés devant la catastrophe qui ne manquera pas de leur faire coucou et de leur péter à la gueule le moment venu. Et ce moment là, il finira par arriver, soyez-en sûrs !

Dans la presse, la vraie, le problème est un peu différent. Là aussi, tout est une question de générations entre ceux qui ont le statut de journaliste avec la carte de presse (comme-moi, vu que je ne suis pas un perdreau de l'année) et les crevards qui sont payés en droits d'auteur avec un système ou le photographe supporte seul l'intégralité des cotisations sociales (appelées improprement charges sociales par les suppôts du MEDEF), comme chez les chauffeurs VTC et les livreurs de pizzas hawaïennes. En ce qui concerne la presse, c'est parfaitement illégal, mais les chances de se faire gauler par l'URSAFF sont infimes compte tenu du faible nombre de contrôles effectués. Alors j'aime autant vous dire que pour décrocher la carte de presse aujourd'hui pour un photo journaliste, il faut vraiment se lever de bonne heure ou être bi ou tri-médias ou très pistonné.  

Même pour ceux qui ont la carte de presse et qui sont donc payés en salaire, il y a un piège. C'est celui de l'abattement de 30% sur les cotisations sociales. Un système hérité du passé qui plombe tous les photographes pigistes, qui se le voient imposé par les éditeurs, bien qu'il soit soumis à une autorisation signée et ce chaque année (c'est obligatoire depuis plus de 20 ans). Résultat la cotisation retraite est calculée sur la base de 70% du salaire brut et elle est donc minorée d'autant avec un résultat désastreux à la fin du game. Mais comme la plupart des gens ne savent même pas lire une feuille de paie, ça passe crème. Il sera bien temps de se lamenter plus tard avec le minimum vieillesse pour une personne seule ou un photographe qui s'est fait plaquer par son ex qui en avait marre de faire tourner la baraque.

Quand j'entends les politiques pontifier sur le sujet en parlant de carrières hachées et de pénibilité, je rigole avec ma carte de presse en plastique et mes deux D5, ma hernie discale et mes lombaires soudées. Moi qui n'ai jamais pris un seul jour d'arrêt maladie de toute ma vie d'artiste. Je leur chie dans la poche et je leur pisse dans l'oeil.

Alors tu veux toujours être photographe pauvre con ?

Frozen Piglet

Pendant ce temps, à l'Elysée, on prépare le banquet qui doit accueillir 150 invités au Château de Versailles, en présence de Charles III et de ses grandes oreilles. Un timing parfait pour énerver encore un peu plus la foule qui n'est pas le peuple et vice et versa. On me dit dans l'oreillette que cette visite est annulée. Quelle lucidité des services de l'état. Dommage que les médias français ne parlent jamais des grèves qui se produisent actuellement en Angleterre en voir de Tatchérisation accélérée et en Allemagne. C'est trop loin sans doute ... 



mardi 14 mars 2023

Pour quelques dollars de plus




Déposer ses photos dans la galaxie des agences ou des banques d'images ou de Stock ou whatever you call it, c'est devenu aujourd'hui comme les jeter dans un puits sans fond parmi les centaines de millions d'images qui  s'y trouvent déjà. Moi je dis que c'est comme faire le trottoir à Pigalle, pour le compte de maquereaux atteints de la petite vérole.

Pendant que mon ticket de caisse augmente de 30% au "Carrefour Market" en face de chez moi (5% selon l'agence gouvernementale de désinformation INSEE), le prix moyen des photos vendues par nos chères agences baisse chaque année, de 15% en moyenne sûrement à cause de la guerre en Ukraine et des problèmes de logistiques ou de cours du gaz russe. Et ce n'est pas la moindre des analogies entre ce qu'est devenu le marché mondialisé de la photo et les méthodes de la grande distribution. Sauf que là, les photographes se retrouvent dans la case fournisseurs, face à des entreprises qui font la loi et qui changent les clauses des contrats tous les 6 mois, sans te demander ton avis et toujours à leur profit. La plus grande défaite a été d'accepter de voir la part photographe passer de 50 à 40%. Le reste n'est qu'une lente dégringolade sans fin ... Sans carte de fidélité pour toi, mais avec tickets de réduction pour les éditeurs. Peu importe que ce soit du stock, de l'illustration, du reportage, tout est logé à la même enseigne du discount comme chez LIDL.

Si t'es pas content, la porte est grande ouverte. Tu peux toujours changer de crèmerie, mais ce n'est qu'une illusion, puisque par la loi des intermédiaires et des accords de distribution, tu finis toujours par retrouver tes photos chez les mêmes petits fils de putes qui squattent le secteur. C'est comme cela qu'une même photo peut être vendue 100 dollars ou 10 dollars, ou 1 dollar ou 0,1 dollar. Tout dépend par qui et où.

Il y a 5 ou 6 ans, j'ai ouvert un compte chez Alamy, une banque d'images anglaise (450 millions d'images en stock). Je ne les aime pas vraiment. Je les trouve assez arrogants dans l'ensemble. Des anglais quoi ... J'ai téléchargé près de 25000 photos exclusives jusqu'à présent, et je continue. J'espère sans trop y croire atteindre un jour un revenu significatif. A ce jour, j'ai vendu environ 450 photos pour un montant de 15 000 dollars à peu près. Je dis "j'ai", parce que c'est moi qui fait tout le boulot et personne d'autre. Alamy ne fait que me piquer 60% des droits et encore plus avec ses intermédiaires de mes deux, qu'elle rétribue grassement. Et je ne parle même pas des photos qui s'évaporent sur des publications inconnues que je retrouve un jour au détour d'un site internet et que je suis obligé de signaler moi-même en m'attirant des réponses condescendantes. 

Mais à vrai dire, il ne reste pas grand chose une fois les retenues opérées et encore, chaque année le prix de vente moyen baisse. Disons que je gagne de quoi amortir mon matériel de prise de vues sur 5 ans (et je ne parle que des boitiers).

Je suis aussi dans une ex-première agence mondiale de photojournalisme dont la ligne éditoriale est aussi incompréhensible que le site qui ressemble à une rubrique nécrologique. Elle a signé un partenariat avec GETTY, ce qui me permet de voir moi aussi mes photos vendues pour 50 centimes dans le monde entier. La gloire quoi ! C'est elle qui m'a permis de faire connaissance avec l'URSSAF Limousin qui prétendait me prélever 800 euros, alors que j'avais gagné 390 euros. Heureusement que je suis payé en salaire depuis toujours comme détenteur de la carte de presse depuis ... Hein ? Oui ta gueule.

D'ailleurs je plains les jeunes photographes qui expérimentent non seulement la précarité, mais aussi le statut le plus pourri du monde, celui d'auteur et tous ses avatars. Ben ouais, ça fait bien longtemps qu'on connait l'autoenterprise dans notre métier. On est donc bien placé pour savoir que c'est de la merde et un pur rêve pour les employeurs qui transfèrent ainsi l'intégralité des cotisations sociales sur des mecs qui disent merci en plus. Les cons ! Ils comprendront un jour, mais plus tard, quand il sera bien trop tard ... A 25-30 ans, on se croit immortels et à 65, on se lamente sur son triste sort et sa retraite minable.

J'ai aussi ouvert des comptes chez Shutterstock avec 2,63 dollars gagnés sur 11 ventes  pour moins de 200 photos téléchargées. Chez Adobe Stock pour 0,22 dollars et une vente pour 68 photos. Le must, la validation des photos dans les 2 cas par des guignols qui ne connaissent rien ni à la propriété intellectuelle, ni au droit à l'image, ni à la photo en général. Ils prétendent même t'indiquer à quel endroit, tu dois faire la mise au point, alors que tu as volontairement rendu flou le premier plan de l'image. 

J'ai aussi expérimenté la signature d'un contrat avec une autre agence anglaise de photo-journalisme en même temps, mais j'ai vite réalisé qu'on avait du mal à se comprendre, même si je parle rosbif les doigts dans le nez. Alors j'ai laissé tomber ...

Le bilan de tout cela est que gagner de l'argent avec les agences n'est qu'une illusion de plus. (Je me demande où sont passé les contributeurs de FOTOLIA au fait ? Les pauvres ... Ben si les pauvres !) Bien que je connaisse des gens qui arrivent à en vivre (mal) en produisant en masse sur des sujets précis. D'autres produisent en masse tout court pour emboliser encore un peu plus le système. Mais bon l'important finalement, c'est d'avoir une âme de poète ! Pas vrai les gars ?

Heureusement pour moi, j'ai réussi à préserver quelques collaborations essentielles et sur le long terme. Sinon j'aurai changé de métier depuis bien longtemps.

Alors tu veux toujours être photographe pauvre con ?

Frozen Piglet



mercredi 8 février 2023

La République est bonne fille

Oui, la République est bonne fille. Elle te convie même parfois dans les palais des anciens régimes qu'elle a eu tôt fait d'investir par commodité. Ceci pour une raison très simple. Si le système a changé parait-il, on y croise toujours les mêmes personnages. Qu'ils soient présidents, ministres, personnalités, invités tout excités ou petits laquais qui s'autorisent à autoriser tout un tas de choses et à en interdire la plupart par le fait du prince. Pour ma part, je fuis ce genre d'endroits, mais je suis bien obligé de m'y rendre parfois et ce n'est pas pour recevoir la légion d'honneur qui orne le revers des vestons de tous ces messieurs tellement méritants (les femmes y sont si rares). J'ai même travaillé comme photographe pendant une dizaine d'années pour un ministère que je ne citerais pas, et j'ai détesté du début jusqu'à la fin. Si certaines cartes de presse claquent des bises et y sont reçus comme des invités ou même des intimes (Quitte à venir chercher des éléments de langage lors d'un déjeuner pour écrire leurs articles. Je dis cela, je ne dis rien), les journalistes de base, les sans grades sont plutôt suspects à priori et les photographes encore plus. Bah ouais ! T'es con ou quoi ?! Pas question de faire 3 mètres sans être accompagné. Personnellement, dés que j'ai fini mon taf, je dégage et je laisse la piétaille trinquer à ses petits fours.


Mais le plus emmerdant reste à venir. Ces messieurs prétendent aussi valider les images avant publication et ça peut durer longtemps, longtemps, très longtemps, trop longtemps. Des fois qu'on chercherait à ridiculiser les plus hautes instances de l'état. Oui vous entendez bien ! Alors que des centaines de photos, de selfies et de films foireux sont captés, échangés par tous les smartphones des personnes présentes et instantanément postés sur les réseaux sociaux et ailleurs, il faudra se soumettre au diktat des petits hommes en costumes bleu marine. Autant te dire que t'as intérêt à chier droit car à la moindre incartade, tu es menacé d'être raccompagné à la sortie sans que tes pieds touchent par terre et de ne plus jamais revenir.

Alors ? Tu veux toujours être photographe pauvre con ?

Frozen Piglet


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