Je préfère répondre à ce commentaire qui pose une question intéressante, par un post :
"Salut Frozen, je relève ta phrase : L’autre engeance étant les mecs qui arrosent la terre entière avec leurs photos de merde gratuites vu qu’ils n’ont rien d’autre à foutre dans la vie. Peut on considérer comme faisant partie du lot les photographes contributeurs de banques d'images en ligne. Ok, ce n'est pas tout à fait 0€ mais presque comme tu le dis toi meme.Difficile de se plaindre de gagner moins quand tu participes toi même à la petite mort de notre metier. Si cela ne te rapporte rien, pourquoi continues tu ?"
Salut dear Anonyme,
En effet, cela peut paraitre paradoxal. Il se trouve que j'ai longtemps travaillé avec une unique agence de photos à l'époque où les tarifs étaient acceptables, malheureusement, elle a disparu pour des tas de raisons et notamment à cause du passage au numérique. Je mettais mes reportages déjà publiés (et donc payés) dans les archives à la revente, ce qui générait des droits d'auteur supplémentaires. Bon an mal an, cela me payait une partie de mon matériel. Mais je n'ai jamais gagné ma vie grâce à cela. Je travaillais absolument seul.
Plus récemment, disons il y a une dizaine d'année, j'ai signé dans 3 agences là aussi pour essayer de valoriser mes archives avec des ventes secondaires. Quand j'ai commencé, la situation était très différente et les prix étaient plus élevés qu'aujourd'hui. Depuis le loi des intermédiaires s'est imposée en pompant la presque intégralité du fric.
Mais je n'ai jamais abandonné les collaborations directes avec les rédactions pour lesquelles je travaille et parallèlement à cela, je suis passé à la rédaction pour produire des sujets texte et photos. Si je ne l'avais pas fait, j'aurais probablement abandonné ce métier que j'aime pour des raisons économiques. La vie d'artiste, j'ai passé l'âge.
Aujourd'hui, je dois avoir environ 40 000 photos distribués en agence, ce qui est très peu. Je connais des photographes d'agence qui sont plutôt sur 500 000 à 1000 000 d'images ou beaucoup plus pour dégager un revenu significatif. Cela n'a jamais été mon objectif de produire en masse. Mais beaucoup de photographes d'agence misent sur des exclusivité dans le meilleur des cas, sur des productions gigantesques au détriment de la qualité dans le pire et cela devient de l'abattage sans vraiment d'intérêt.
J'ai sans doute eu l'illusion que diversifier ses sources de revenus grâce aux ventes par les agences pouvait apporter une solution à la baisse des revenus. C'était sans doute un erreur, mais il n'y a rien de pire que l'immobilisme et ceux qui l'ont pratiqué ne sont plus là pour parler du métier de photographe. Par ailleurs c'est facile de réécrire l'histoire une fois que la messe est dite. Les choses changent tellement vite que c'est très compliqué de se projeter et de ne pas faire d'erreur.
Le plus important est de savoir que la situation a évolué et continue d'évoluer de façon ultra rapide. Ce qui était vrai il y a encore 5 ou 10 ans n'est plus vrai aujourd'hui. Le nombre de photographes titulaires de la carte de presse a sans doute été divisé par 3 ou 4 ces dernières années au profit de statuts de pacotille pour des jeunes rêveurs qui n'arriveront jamais à gagner leur vie avec la photo. En tout cas pas sur la durée.
Pourquoi je continue ? Sûrement parce que j'aime mon métier et je ne vois pas faire autre chose.
C'est comme-cela. C'est triste mais il ne faut pas s'étonner que les commerces de proximité de centre-villes ferment quand les clients fréquentent en masse les hyper-marchés.
Bonne chance,
Frozen Piglet
Alors tu veux toujours être photographe pauvre con ?
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