lundi 19 mai 2014

Ni Dieu, ni croquettes




L'autre jour, un jeune freluquet de 17 ans au moins est venu me voir avec un beau projet et un sourire acnéïque. Il voulait offrir à sa petite fiancée une séance de photos avec un vrai photographe professionnel (le photographe professionnel, c'était moi ... Ben ouais ... T'es con ou quoi ?). Alors que j'étais prêt à lui faire un méga prix d'ami, il a tout annulé après avoir divorcé avant que j'ai eu le temps de dire ouf et de lui fixer un rendez-vous avec sa greluche. Dingue non ? Faut s'y faire, l'amour dure 3 jours maintenant ... C'est comme-ça.


Aujourd'hui en filant à bouffer à mon chat je suis tombé sur "ça" (voir photo) et 17 ans, c'est justement l'âge de mon greffier. 17 ans à changer le plat du chat, t'imagines ?! Pendant longtemps, je l'ai photographié sous tous les angles et j'en ai jamais vendu une seule de photo. Pourtant cette petite saleté est passée un jour à la télé en prime time ! Pour revenir aux croquettes, vous avez remarqué ? C'est la séance qui est professionnelle (il parait que c'est Henri Gaud qui fait la prise de vues). Je me demande ce que ça veut dire exactement. 

Frozen Piglet

Plus je connais les hommes, plus j'aime les bêtes. 

vendredi 16 mai 2014

Hommage Low-Cost

Travailler sur l'information en produisant un contenu original semble devenu un luxe superflu pour nombre de professionnels de la presse. De ce point de vue, les sites d'informations (pure players ou pas) avancent en rangs serrés, comme l'avant-garde d'une armée de croquemorts piétinant tout sur son passage. En matière de photos et d'illustrations, tout est là à portée de la main. Il suffit de se servir, alors pourquoi se gêner ?
Un petit abonnement minimaliste à une agence filaire pour faire vaguement crédible et vive FlickR, Instagram et les captures d'écran tous azimuts réalisées par des sous-traitants. De même, pour le texte, le pompage généralisé sur le web, le plagiat et les dépêches d'agences permettent de faire semblant d'écrire, sur n'importe quel sujet, sans même se déplacer ou passer un coup de fil. Google et Wikipédia sont donc devenus les meilleurs amis des rédacteurs qui chient de l'info "low-fi" pour 1 300 euros bruts ou des stagiaires dociles payé une poignée de riz et un coup de pied dans le cul. Mais ce n'est pas suffisant, certains sites n'hésitent pas à se vautrer dans la fange comme le site "LePoint.fr" qui vient de publier un "Hommage low-cost" à Camille Lepage illustré de captures d'écran de ses photos (Soudan et Centrafrique) créditées 6Médias (ex-Sipa Press), ©Facebook et ©Instagram. Le texte non signé qui les accompagne n'est qu'une reprise de plus de tout ce qui est paru sur le sujet partout. Mais quelle honte ! Ces gens n'ont donc aucune morale pour piétiner le travail des disparus en s'affranchissant de toutes les obligations ? Les amis et collègues de Camille Lepage ont protesté auprès de la direction de la rédaction du Point, mais c'est trop tard, le mal est fait et cette attitude marquera une époque où les minables sont aux commandes (la page du Point.fr a été retirée depuis, un peu comme par un enfant qui écrase son château de sable de rage, à coups de pied).

Frozen Piglet

J'ai vu que la Fédération Internationale des Journalistes et le Syndicat National des Journalistes appellent à rendre un hommage à Camille Lepage le 19 mai à 12h00, promenade du bout du Monde à Angers (ville dont elle est originaire).
J'ai 2 observations à faire aux sujets des organisations syndicales:
1/ les photo-journalistes sont massivement absents des syndicats de journalistes. Ceci pour différentes raisons, mais la principale est qu'il suffit de se présenter à une élection dans un syndicat avec la mention "photo-journaliste" à coté de son nom, pour être battu à plate couture. Cherchez l'erreur.
2/ De façon générale, les journalistes ont une responsabilité historique dans le traitement réservé aux photo-journalistes dans les rédactions. Ce sont-eux qui ont laissé ce métier tomber dans la précarité et regardé les photographes se faire essorer sans lever le petit doigt ou en participant au massacre de façon active. Ils en crèveront ...
C'est bien d'aller aux enterrements, ça permet de rester digne et ça donne le sentiment du devoir accompli.
  

jeudi 15 mai 2014

Mourir à 26 ans

Hier, j'ai entendu la mère de Camille Lepage, la photojournaliste tuée en Centrafrique, intervenir à la radio à propos de la disparition de sa fille. Malgré sa douleur qui doit être immense, cette femme était à la fois d'une dignité incommensurable et d'une extrême lucidité qui forcent le respect. Le nom de Camille Lepage vient s'ajouter à la liste des journalistes disparus en Egypte, en Syrie, en Libye, au Mali, en Centrafrique, dans des guerres civiles politico-religieuses qui éclatent partout dans le monde, comme une malédiction. À chaque fois c'est un drame terrible pour la famille, les amis, les proches et les collègues de travail. Outre leur courage et leur intrépidité de voltigeurs, ces journalistes ont souvent un point en commun: la précarité de leur situation professionnelle qui les poussent parfois à prendre des risques démesurés. Comment expliquer qu'alors qu'ils sont publiés par des titres de presse très connus et prestigieux (on le découvre souvent après leur disparition), ils soient obligés de s'autofinancer en permanence et de partir sans garantie, ni couverture, ni protection ?
On voit ainsi de très jeunes et talentueux photographes disparaitre brutalement comme des étoiles filantes, sans que les journalistes plus expérimentés soient d'ailleurs beaucoup plus à l'abriHeureusement la presse française, parfaitement hypocrite dans son ensemble, est toujours là pour leur tresser des couronnes posthumes et dire que c'est la faute à ... "pas de chance" (un titre en particulier, je ne citerais pas de nom, tout le monde verra de qui je veux parler, va probablement publier les photos de C. Lepage rapidement). Le reste du temps, cette même presse s'interroge plutôt sur le fait de savoir comment elle peut éviter de payer les photos et de payer tout court en s'attribuant toujours le beau rôle (vous savez bien qu'il faut défendre le droit à l'information). Je vous invite à lire à ce sujet le texte instructif de Jacques-Marie Bourget publié par le site ACRIMED où il explique que pour les éditeurs de presse, un journaliste mort est un bon journaliste. 

Frozen Piglet

Voir le travail de Camille Lepage

Lire un article sur Le Progrès.fr sur les photographes de guerre qui gagnent déjà le "Smic intermédiaire" si cher à Pierre Gattaz.





lundi 12 mai 2014

Slow Motion

Ça devait bien arriver un jour, le Rédac-Chef d'un magazine auquel je collabore régulièrement (Il y a encore des personnes qui ont du goût) me demande de réaliser en plus des vidéos. Bon en fait, la véritable question qu'il se pose, c'est pourquoi il irait payer un tocard pour faire des petits films, alors qu'il en a déjà un sur place qui fait des photos. Si ça se trouve, je suis peut-être l'arrière petit neveu d'un cousin par alliance d'un oncle de Francis Ford Coppola !
Tout ça pour dire que bien entendu, le mec veut juste payer presque des clous pour faire le taf et moi, j'ai pas vraiment le choix vu que si c'est pas moi, ce sera un autre qui le fera. Dommage parce que tant qu'à être le nouveau Jean-Luc Godard, je préférerais autant être payé comme-lui. Me voilà donc réduit à ce que je redoutais le plus: un simple robinet à photos, textes et images. Je me demande si je ne vais pas écrire des chansons aussi.

Frozen Piglet

lundi 5 mai 2014

Gone with the wind

Dans tous les métiers de la création, on en chie aujourd'hui comme des russes au Congo. Bien sûr ! En période de crise, tout le monde s'en tape de tous ces trucs de culture et d'information inutiles et des fois, on finit même par brûler les livres. En France y'a quand même les artistes intermittents qui s'en sortent mieux que les autres. Si ! Je les vois souvent le matin à la terrasse des cafés de mon quartier, en train de lire le journal et siroter un petit noir. "Artistes je sais pas ... Mais intermittents, ça c'est sûr !" qu'elle me fait ma crémière en les considérant d'un oeil noir. Moi je m'en fous parce ils seront tous excommuniés et enterrés en terre non consacrée. Comme-ça, ils brûleront en enfer pour l'éternité. Mais en secret, je les envie un peu. Je parle uniquement de ceux qui ont leur quota d'heures hein? Ben ouais ! T'es fou ou quoi ?
Pendant ce temps, les photographes (enfin ceux qui sont encore là) claquent du bec, il faut bien qu'ils bouffent et qu'ils payent leur loyer eux-aussi, sans compter le matériel. C'est dommage parce que ce sont avant tout des rêveurs et des artistes à leur façon. Ils veulent faire des photos de mode en Afghanistan ou à Fukushima, être otages en Auvergne ou photographier des majorettes. Le rêve, ça n'a pas de prix et là, la vie quotidienne les rattrape et elle se rappelle sans cesse à leur bon souvenir à travers ses vicissitudes.
C'est bien gentil de sauter dans un avion avec 2 boitiers quand t'es un jeune freluquet imberbe pour vendre un double à Paris-Match, mais à partir d'un moment, il faut commencer à réfléchir un peu, sauf si tu veux te retrouver tout seul à 50 balais dans une chambre de bonne (avec les chiottes sur le palier), en te demandant où est-ce que t'as merdé. Bon en même temps, tu peux être Stanley Greene ... ou pas, ou même mourir bien avant.
Alors bien sûr, les compromis, on sait où ça mène. Surtout dans un monde ou on te dit en permanence que la première qualité d'une image, c'est sa gratuité, comme un crachat en plein visage. Globalement, ça t'amène à exercer ton immense talent dans des boulots où tu te fais chier comme un rat mort, mais où t'es payé. En période de crise, cela risque même fort de devenir ton seul critère d'acceptation. Ça c'est ce que tu fais si tu veux vivre de ton métier et ne pas devenir allocataire, sponsorisé, pistonné ... ou même en préparation d'une "exposition" que personne en verra jamais.
Résultat tu finis dans le troupeau des anonymes en gagnant la plupart du temps maigrement ta vie. Alors tu veux toujours être photographe mon petit gars ?

Frozen Piglet

Victime de la Mode

La semaine dernière, j'ai été contacté par le service marketing d'une entreprise française de luxe. Une proposition très intéressante, puisqu'il s'agissait de réaliser une série de 80 photos pour une exposition à Pékin annonçant l'ouverture d'un nouveau magasin en Chine Pop. Je devais pour cela photographier une vingtaine de jeunes personnes au sourire avenant dans les rues de Paris.  
Et c'est moi Frozen Piglet que cette grande marque de prestige avait choisi pour réaliser ce boulot (Ils avaient sans doute remarqué mon travail frôlant la perfection. Ben ouais t'es fou ?). De mes échanges avec la responsable de ce superbe projet, j'ai compris qu'on comptait sur moi pour trouver 20 personnes sélectionnées sur des critères vestimentaires, esthétiques et capillaires dans les rues de la capitale (rien que des top modèles quoi). Ces jeunes naïades au corps de sylphides devaient en outre porter fièrement des accessoires de mode, fabriqués par cette marque de luxe renommée qui souhaitait obtenir 20 séries de 4 photos en tirage expo pour les envoyer en Chine (Par laquelle le fakir est arrivé à pieds, comme chacun le sait). Super ! 
"Dans l'idéal, il me faudrait les tofs pour dans 15 jours
qu'elle m'a fait la greluche qui se présentait comme directrice du marketing.
"Ouais ... que j'ai dit en crachant par terre et c'est combien que t'as prévu de budget pour ton truc ma petite ? Moi dans l'idéal, il me faudrait 15 000 euros ... d'avance. Là je plante tous mes trucs en cours et je te le fais ton boulot "
que je lui ai écrit au bout du 10ème mail de tournage autour du pot.
En bien croyez-le ou pas, je n'ai plus jamais eu de nouvelle de cette petite salope (de luxe). Je me demande si j'aurais pas dû lui proposer de me payer en bitcoins pour aller faire mes courses chez Monoprix. C'est bien moi ça. On me parle d'art et je salis tout avec des histoires d'argent ... Mais quel idiot je fais ! Décidément on se comprendra jamais avec tous ces petites connasses diplômées d'écoles de commerce. 

Frozen Piglet


jeudi 24 avril 2014

Images Inanimées

Ça fait un bail que je n'ai rien posté. Sûrement un peu par lassitude et puis j'étais au ski. Ben ouais kestata ? J'ai quand même le droit de me détendre un peu ! Alors, quelle que soit la station où je me rends, par principe, j'indique à tous mes contacts que je résiderai au "chalet de la Chaudasse" parce que je trouve que ça sonne bien. En matière de ski, je suis de la vieille école avec le souci du virage bien fait, la tartiflette et le forfait full options. Pour l'équipement, c'est pareil, j'ai jamais pu me résoudre à balancer mes VR17 de 2m05 qui finissent de rouiller dans ma cave à Paris. Les meilleures planches que j'ai eu de ma vie. Mais là aussi, le temps a passé et aujourd'hui je fais ma trace au milieu d'un océan de "GoPro" qui produisent une avalanche d'images, dans un flux ininterrompu visant à combler le vide interstellaire qui habite le net entre quelques îlots de civilisation. Après quelques descentes (de pistes et de vin chaud), forcément, j'ai mal aux genoux (et à la tête) et je vais donc à la piscine pour me faire un petit sauna, un bain bouillonnant et quelques longueurs tranquille. Ben non, c'est pas possible... Là aussi les "GoPro" sont là ! En version étanche, dans l'eau et sous l'eau (et dans les vestiaires), elles te fixent avec leur petit point rouge produisant un déluge d'images cette fois. Le tout sous le regard impavide des maitres nageurs qui se font chier à 3 sous de l'heure au bord de la piscine. Quand je pense qu'on nous a emmerdé pendant au moins 15 ans, partout et tout le temps pour nous empêcher de faire notre métier de professionnels de l'image, tout cela pour en arriver là. Non mais je rêve putain de merde ! 

Frozen Piglet




mardi 8 avril 2014

Petite récréation



Ricardo Patrese, ancien pilote de Formule 1 fait un petit tour de circuit (Jerez) avec sa femme comme passager sur une Honda. Heureusement que les gars lui ont dit d'y aller très doucement, car il y a des mecs qui travaillent sur le circuit. On sait même ce que sa femme a bouffé à midi et le moment où elle essaie de l'attendrir en lui disant qu'ils ont des enfants qui les attendent à la maison est trop marrant. C'est seulement à la fin qu'elle voit la caméra embarquée.
Enjoy !

FP

J'adore les italiennes

lundi 7 avril 2014

Tu es un journal, j'étais un lecteur

Cette semaine j'ai résilié définitivement mon abonnement à Libération. En fait, ça faisait un moment que ça me démangeait. Longtemps j'ai aimé lire ce journal pour des tas de raisons, beaucoup moins déjà sous l'époque Demorand et je crois que je n'aurais pas supporté de le lire durant la période qui se profile à l'horizon. Passe encore que ce quotidien soit devenu vaguement de centre gauche ou que ses journalistes prenne Libé pour une tribune ouverte, chaque jour depuis des semaines. Moi pendant des années, j'ai bien donné l'occasion aux habitants de mon immeuble de s'instruire en lisant la presse gratos ... (évidemment puisque le livreur du canard s'obstinait à prendre le hall d'entrée  pour ma boite aux lettres). Passe même encore que mon quotidien soit manquant les jours de grève, les jours de pluie ou quand il gèle, les jours où ça lui chante, les jours où un voisin l'embarque presque sans s'en apercevoir, les jours où le titulaire de la tournée est en vacances et est remplacé par son beau-frère qui ne connait pas son boulot. Non le problème, c'est plutôt qu'on ne peut pas considérer qu'on sera encore là dans mille ans quoi qu'il arrive et traiter ses lecteurs de cette manière. Car dans un cas comme le mien, Libé est aux abonnés absents (joke). Aujourd'hui, c'est vrai que pour les journaux, les lecteurs c'est plus très important. À vrai dire, il n'y en a quasiment plus de lecteurs (surtout à Libé. 80 000 ? et encore ...). Non le vrai problème, c'est plutôt de savoir où trouver le cave qui va injecter des millions d'euros dans une boite qui craque de partout sans aucune contrepartie et combien on va toucher d'argent public pour mettre au bout. Rassurez-vous, Il y en a encore pour dire que c'est le prix de la démocratie, alors que c'est juste s'acheter un peu de pouvoir et se constituer un réseau d'influence. Sans compter qu'il en faut du pognon pour acheter les montres à 30 000 euros dont on voit la pub dans NEXT, le supplément de Libé. Alors c'est fini je ne lirai plus de quotidien. Le Parisien, c'est pas mon truc. Le Monde de Thomas Wieder encore moins. D'ailleurs où irais-je les acheter puisque le kiosque en bas de chez moi a été fermé il y a au moins 5 ans par Presstalis. Finalement c'est vrai, il faut s'y résoudre, la presse écrite va mourir. Toute la presse écrite ou à peu près, avec son incapacité à lever son petit doigt sans se faire une fracture de la clavicule. Parce que il ne suffit pas de faire un journal, il faut le vendre aussi. 5 minutes, c'est le temps que j'ai perdu pour écrire ma lettre de résiliation.15 jours, c'est le temps nécessaire à Libération pour en prendre note.15 jours c'est le temps supplémentaire pendant lequel je continue à payer un journal que je ne reçois pas. Bravo les mecs ...

Frozen Piglet

Next on my list: L'Express qui arrive par porteur spécial une semaine sur 2 les années bissextiles 

vendredi 4 avril 2014

Prison Break

Si je me souviens bien, des prisons j'en ai fait 3 ou 4 ... en QHS (La santé, Fresnes, Bois d'Arcy ...). Hein ? Ouais je déconne en reportage. Mais en taule, on fait pas ce qu'on veut et surtout, on ne photographie pas ce qu'on voudrait photographier. Sauf si on est détenu et qu'on dispose d'un smartphone. Ouais oh ça va hein ! Même en prison, c'est juste les pros qu'on fait chier je te signale ...  Comme dehors finalement. 
Pour changer un peu, j'ai fait un chantier de prison cette fois. Un programme immobilier d'avant-garde qui préfigure la taule du futur en quelque sorte. Il y a même une "cellule témoin" pour les visiteurs comme-moi. Attention ! On m'a bien spécifié de ne pas photographier les axes de circulation. Des fois que je me fasse tatouer le plan sur le cul pour le vendre après. Ben ouais ! T'es con ou quoi ?

FP 

Flexible

Je viens d'apprendre que Pascal Lamy, 67 ans (HEC, Sciences-Po, ENA), ancien de l'Inspection des Finances et du Trésor Public, ancien Directeur Général du Crédit Lyonnais, ancien patron de l'OMC (Organisation Mondiale du Commerce), ancien commissaire européen et proche de François Hollande recommande des "petits boulots" payés en dessous du smic, accompagnés de plus de flexibilité sur le marché du travail. Selon lui, il faudrait "accepter de franchir les espaces symboliques" pour réduire le chômage. Qu'en termes élégants, ces choses sont dites entre 2 dîners au club du Siècle avec une coupe de brut millésimé à la main !
Mais mon pauvre garçon ! En matière d'avancées sociales et de franchissement d'espaces symboliques, la presse française t'a pas attendu pour prendre des initiatives et elle a au moins 10 TGV d'avance sur toi pauvre naze ... Mutualisation des contenus avec référence à une marque (mort du droit d'auteur), auto-entrepreneurs free-lance dans les rédactions (mort du salariat), travail au noir pour des canards qui payent des gens sans statut social par virement, sans reverser aucune charges sociales (mort du système solidaire et social). Des "petits boulots" au premier rang duquel on trouve sans surprise des emplois de (pseudos)photographes ou même des professionnels plus ou moins expérimentés tombés au fond du trou. Ce n'est pas dans la presse en dépôt de bilan malgré son travail tellement splendide en matière d'information qu'on va trouver encore quelque chose à gratter (le cul peut-être). Non non ... Par contre, si on payait les hauts fonctionnaires au smic, on ferait pas mal d'économies. Après tout c'est bien l'amour du service public, de la France et leur abnégation qui les motivent non ? Et je vais te dire, ça n'a pas de prix de faire don de soi à la France. Sans compter que si cela ne leur convient pas, ils peuvent toujours aller bosser dans le privé où ils seront beaucoup, beaucoup, beaucoup et très beaucoup mieux plus payés. Ils nous l'ont assez répété pas vrai ? 


Frozen Piglet


mardi 1 avril 2014

Us go home

C'est officiel, comme on peut le lire un peu partout sur le net (ici), Facebook rachète Leica pour 1,4 milliard de dollars. J'en pleurerais presque, mais il y a plus grave. Je viens d'apprendre par un ami très bien informé que Coca-Cola rachète La Romanée-Conti, Eyquem et Pétrus pour 8 milliards de dollars. Faut comprendre, les américains sont de jaloux et ils ont abandonné lâchement 14 Hasselblad 500 à leur triste sort sur la lune. À part tuer tous les indiens, ils n'ont pas d'histoire et même le jeans, c'est pas eux qui l'ont inventé. Manquerait plus que les chinois rachètent McDo ! L'année prochaine peut-être ... En attendant, je vais acheter une baguette de tradition 1,15€. Ça personne nous l'enlevera jamais. T'entends ?? Jamais !!!                    Frozen Piglet


lundi 31 mars 2014

Sévèrement urné

Les élections, c'est devenu comme un rendez-vous inéluctable, un peu comme l'arrivée de la fin du rouleau de PQ, alors que c'était le dernier et que t'as pas pensé à en racheter. Comme à chaque scrutin, j'ai croisé Michou devant mon bureau de vote qui s'extasiait devant la photo du candidat UMP se présentant dans le 18ème. Pas de bol il a été battu à plate couture par la liste du PS. Le PQ, c'est ce que je pensais mettre dans la petite enveloppe bleue, mais finalement, j'ai rien mis du tout. Ça se voit tout de suite quand on met rien parce que l'enveloppe, elle est toute fine quand tu la mets dans l'urne et ça, ça m'embête un peu des fois.
Au premier comme au second tour, j'ai évité de faire un "selfie" dans l'isoloir et pourtant, on se croirait dans un Photomaton (il parait que c'est la dernière connerie conversationnelle pointée par les spécialistes, comme un fait de société majeur avec celui de faire un selfie à l'enterrement de sa grand-mère bien sûr). Je me demande encore pourquoi, la semaine dernière, j'ai assisté à une énième conférence sur les rapports conflictuels entre le numérique et la presse où je me suis bien fait chier: "Le Net fossoyeur de la presse ?", "Numérique et presse un divorce annoncé ?", "Le Numérique, une chance pour la presse ?", "Le Net va t-il tuer l'information ?", "Faut-il passer au full digital ?", "le Print est-il condamné ?", "Information et digital, le mariage impossible ?" ... Dans tous ces trucs, nulle part il n'est question de la photo de presse ou de l'illustration tout court. Ça fait longtemps qu'on l'a oubliée et que les journalistes, les vrais, préfèrent se concentrer sur leurs petits problèmes personnels et sur les flammes de l'enfer qui leur lèchent le cul. Je suis sorti de la salle juste au moment où un sociologue dont j'ai oublié le nom déclarait à la tribune: "je ne voudrais pas vous décevoir, mais globalement Twitter, c'est à peu près rien ...". À ce moment là, j'ai eu un léger sourire pour la première fois de la soirée et après j'ai fini au bistrot à raconter des conneries avec mes copains.

Frozen Piglet

Je crois que je suis un peu déprimé, non ? Heureusement, j'ai ma carte de presse en 2014.

jeudi 27 mars 2014

Ligne Siegfried

Hier, j'ai reçu ce mail de chez les fridolins

"Dear Frozen Piglet,
I am Laura and I am working for the XXXXX department of the German XXXXX magazine. In our next issue (06/14), we want to publish a XXXXX special with 24 pages. Therefore we need some good looking XXXXXX pictures and want to ask you, if we can use the pictures of XXXXXXXXX for our magazine. Unfortunately we do not have any budget, but - of course - we really like to mention your work in our magazine. Please tell me, as soon as possible, if you are interested.
Thank you very much and have a nice day", Laura

Laura, on ne s'est jamais vu et pourtant, j'ai l'impression de te connaitre tellement bien déjà. Tu fais partie de toutes ces petites mains qui oeuvrent dans les soupentes des rédactions pour le bien de l'humanité et pour fournir aux éditeurs des contenus gratuits à faire figurer entre leurs pages de pub. Tu as l'excuse de ta jeunesse. Tu n'as sans doute pas connu l'époque désormais honnie où un vrai travail méritait d'être rétribué équitablement. Heureusement, les temps changent et une magnifique carrière dans la presse s'offre à toi aujourd'hui. Nul doute que ton employeur saura te remercier à la hauteur du service rendu le moment venu, en te virant comme une merde quand tu auras fini de servir. C'est ce que je te souhaite. Confraternellement ma petite chérie ...

Frozen Piglet 

Si j'ai répondu ? Bien sûr ! Je lui ai dit que j'étais prêt à illustrer les 24 pages du magazine pour 500 euros. 500 euros la photo, naturellement. Maintenant, j'attends la réponse. De toute façon, je comprends pas l'anglais et l'allemand, je l'ai oublié. Moi je voulais faire de l'italien. Ouais ta gueule !





dimanche 23 mars 2014

On se fout du Monde

Le Monde montre encore une fois qu'on peut être pertinent dans son analyse et percutant dans ses illustrations. La grande classe. heureusement que la légende de l'AFP précise que ces origamis sont dédiés aux passagers du vol MH370. Je croyais que c'était les images  des objets en question, capturées par les satellites français ...

FP

mardi 18 mars 2014

The Good Life

Récemment, un de mes clients de longue date m'a indiqué pas peu fier avoir souscrit un abonnement chez Getty images. Pour 100 petits euros par mois, il m'a dit pouvoir télécharger 25 photos par jour, soit 500 photos par mois. Ce qui représente environ 20 à 25 fois ses besoins réels. En théorie jusqu'à 6 000 photos par an qui vont rapporter forfaitairement 600 euros à Getty et 0,12 euro à chaque photographe titulaire des droits sur les photos en question. L'avantage avec le commerce équitable, c'est que tout le monde est gagnant. N'est-ce pas ?
C'est aussi Getty qui propose depuis la semaine dernière d'utiliser gratuitement 35 millions d'images d'illustration en les insérant sur les pages des blogs avec un lien HTML direct vers son site internet. Sympa pour les auteurs des photos ...
Getty images fondée en 1995 a été vendu 2 fois. Une première fois en 2008 à un fonds d'investissement américain et une seconde fois en 2012 au Groupe Carlyle, une société américaine de gestion d'actifs. L'agence sera donc vraisemblablement revendue vers 2016 à un autre investisseur sans aucun rapport avec la photo. Pour l'instant Getty est sponsor de Visa pour l'Image, le festival international du photo-journalisme et partenaire de l'AFP pour la France. C'est vraiment gentil de leur part de soutenir le métier de photographe. Même si ses photos d'archives semblent être numérisées avec un scanner à plat à 20 euros d'occaze et que le tout venant numérique de son site est assez merdique, Getty est leader mondial sur le marché de l'image. En 2009, Getty a fermé faute de rentabilité "Scoopt.com", son site de journalisme citoyen. j'allais dire comme tout le monde ... Aujourd'hui Scoopt.com est un site de fringues en ligne, preuve que rien n'est jamais tout à fait perdu !

Frozen Piglet

J'ai connu une époque où les photographes étaient plutôt satisfaits de te dire qu'ils signaient chez Getty. C'était il y a longtemps.

jeudi 6 mars 2014

Robot et con à la fois

je suis heureux de vous annoncer que l'entreprise "Fotolia" a décidé de me récompenser pour l'ensemble de mon oeuvre en laissant un commentaire (*) élogieux suite à mes multiples posts ayant pour sujet cette magnifique entreprise de destruction. C'est avec un plaisir non dissimulé que je vous le livre tel que je l'ai reçu. C'est tellement charmant ! Et en même temps, ils pourraient m'envoyer un T-Shirt au lieu d'un "code promo" ! Je me ferais un plaisir de le "customiser" à ma façon ... 

Frozen Piglet

Les robots sont des cons. Mais les gens qui les mettent en oeuvre en pensant que cela passera inaperçu sont encore plus cons que leurs robots. 


(*) Code Promo Fotolia a dit…
je vous remercie infiniment pour le partage de cette info!!!
je souhaite longue vie à votre magnifique blog

lundi 17 février 2014

Sotchi dans la colle


"Chaque jour ou presque, nous publions ici quelques photos de plus ou moins bonne qualité (sic !)afin de raconter Sotchi 2014 comme on ne le voit peut-être pas à la télévision". Cette accroche étrange, c'est celle qui figure sur le site d'informations générales "Le Monde.fr" pour présenter un salmigondis d'images immondes prises avec un putain de téléphone. Vous savez le Monde.fr, ce site d'infos générales ou la rédaction a l'air de penser que twitter des citations en temps réel, c'est faire du journalisme. Alors je veux tout de suite rassurer le mec qui commet ces attentats quotidiens contre la photo. Effectivement, ces images, on les verra jamais ailleurs que sur le site du Monde.fr. Heureusement ! Parce que le reste du monde ne mérite pas ça. Mes salutations à Thomas Wieder !

FPiglet

Sur le site du Monde.fr, il faut aussi se taper des spots de pub de 30 secondes (pour les sacs de luxe Longchamp avec Alexa Chung) avant de pouvoir visionner les reportages vidéo sur ce qui commence à ressembler à une guerre civile en Ukraine ... Le bon goût à la française.

vendredi 14 février 2014

World Press 2014


Le 1er prix du World Press 2014 est attribué à John Stanmeyer de l'agence américaine VII (fondée en 2001) pour cette magnifique photo réalisée de nuit sur les rives de Djibouti. Elle montre des migrants africains tentant d'accrocher un réseau low-cost venu de l'Éthiopie voisine pour essayer de joindre leurs proches sans se ruiner. Y a pas les forfaits Free ou quoi ? (Ouf ! J'ai eu peur ... À un moment j'ai cru qu'il photographiaient la lune pour la foutre sur Instagram ! Oh ça va je déconne ...). Cette photo a été réalisée dans le cadre d'un reportage pour le compte du National Geographic pour lequel Stanmeyer travaille en exclusivité depuis 10 ans (pas comme moi). On a même les données techniques: 5D MKIII 40ème de seconde à 1,4 35mm 10 000 iso. Bien entendu, j'attends avec impatience de lire toutes les conneries qui ne manqueront pas de s'écrire au sujet de cette photo et de son choix par le jury du World Press. Alors qu'est-ce qu'ils vont lui trouver cette année cette bande de no life ???

Frozen Piglet

NB: Désolé pour la mauvaise qualité de l'image affichée ci-dessus. Je n'y suis pour rien. C'est la compression et l'extrapolation qui sont responsables de ce rendu tout pourri. N'en déplaise aux esprits chagrins à tendances légèrement paranoïde

60 à 70% des sites qui parlent de la photo primée cette année, publient une image sévèrement recadrée, un vrai massacre ! En dessous, le World Press sur le site de "Ouest-France" qui trouve que c'est le plus beau cliché de l'année et qui le coupe à la hache, lui ôtant ainsi toute signification. Décidément, ces gens ne respectent rien. C'est ce qu'on peut appeler un journalisme de convenance. On s'en branle totalement du photojournalisme, mais on publie le World Press en recopiant le communiqué de presse, parce que tout le monde le fait et qu'on paye rien. Tas de fientes


jeudi 13 février 2014

Trophée de l'innovation

L'innovation et l'adaptation sont un peu devenues l'antienne (la ritournelle !) des cons. Il faut voir les choses en face si nous rencontrons des difficultés dans n'importe quel métier, selon eux, c'est que nous ne savons pas nous adapter et si en plus nous ne sommes pas capables d'innover pour redresser la barre, alors le mieux est de disparaitre en courbant l'échine et en baissant les yeux. C'est clair, les cons sont très exigeants, surtout avec les autres. 
Ce qui est embêtants pour eux, c'est que les gens qui savent s'adapter et encore plus ceux qui savent innover sont une infime minorité et les cons en font très rarement partie (quoi qu'en matière de connerie, il soit toujours possible d'innover). L'immense majorité des individus cons ou pas est donc constituée de suiveurs qui ne font que reproduire ce qu'ils ont vu, entendu, lu (pour ceux qui savent lire). Mais en ce qui concerne la photographie, absolument rien n'a changé. Une photo de merde reste une photo de merde même avec un filtre Instagram. Une photo d'amateur même très belle reste une photo d'amateur par destination. Une photo d'auteur reste une photo d'auteur à condition qu'elle soit le reflet d'un univers original. Une photo de professionnel reste une photo de professionnel à condition qu'elle soit nette, bien cadrée et pertinente dans sa conception (une fois qu'on sait faire ça et c'est déjà pas facile, on peut faire tout ce qu'on veut et déroger à toutes les règles). 
En fait, on voit bien que le problème réside ailleurs. Et c'est bien la culture du travail qui est en cause et rien d'autre. La valeur du travail en général et pas du tout le travail des photographes en particulier. Mais ça les cons ne peuvent pas le percevoir aveuglés qu'ils sont par leur connerie. En fait, c'est le low-cost qui nous tuera tous et chez les cons, ce sera un massacre. 

Frozen Piglet
(Le premier qui cite Audiard, je lui mets une claque)

"Le low-cost produit un homme nouveau, un homme naïf, égaré et soumis" Alexandre Friederich