mardi 28 octobre 2014

Super Marché






Voici l'aboutissement des années d'errements d'une grande partie la presse française sur le net. Le Web ? Un supermarché mondial sans ligne de caisse ou le vol est permis et encouragé à tous les coins de sites, pour les images comme pour le texte. En général les 2 sont volés en même temps sur des sites en anglais (On risque moins de faire gauler et c'est plus simple de ne rien écrire non plus). Résultat: Photos ©Pinterest, ©Instagram, ©Facebook, ©TumblR, ©FlickR ou même ©Youtube. Une petite curiosité en passant, on fait figurer le © du dernier voleur considéré comme la source au bas de la photo, alors que le vrai © figure sur la photo. Ce qui est encore plus curieux, c'est que les supposés lecteurs de ces "articles" défoncent à longueur de pages Facebook des auteurs à l'orthographe approximative: "Article nul", "sujet pourri", "On s'en tape" ou " Vous vous foutez de qui ?" ... "totalement inintéressant", "je me désabonne", "Vous êtes journaliste ?, "Changez de métier ...". Mais contre vents et marées, ils continuent jusqu'à la mort à fluxer de la merde. Il faut savoir évoluer et se tourner vers le numérique qu'ils disaient. Tout cela pour en arriver là. Qu'ils crèvent !

Frozen Piglet










vendredi 24 octobre 2014

Les patrons de presse sont-ils nuls ?

Minuscule déflagration médiatique cette semaine, Le Nouvel Observateur, premier hebdo d'information en France, lance sa marque: L'Obs (*). Créer une marque (un peu comme la Vache qui Rit), c'est devenu le but ultime pour les patrons de presse d'aujourd'hui et le remède moderne au naufrage généralisé du journalisme (comme à Libération). Pourtant, ici comme ailleurs, innover c'est se contenter de faire comme les autres et surtout rien de plus. Comme toujours, là où on a l'occasion de faire preuve d'inventivité et de sortir par le haut en prenant des risques, on sort par le bas et par la canalisation des chiottes.
Grâce aux marques, la presse sera partout (bar-restaurant, plate-formes et espaces d'échanges, objets dérivés, forum de lecteurs, charcuterie, marchand de couleurs, Pôle Emploi), oui partout sauf là où on serait en droit de l'attendre, dans le journalisme argumenté et l'information documentée. Mais c'est un détail pour ces chevaliers du pragmatisme qui combattent l'immobilisme ambiant et la connerie rétrograde pour imposer la mutualisation à marche forcée et la diversification de la presse dans la restauration (ben ouais pourquoi pas ?! On pourrait vendre des frites dans des cornets en papier journal).
L'ennui, c'est que c'est justement en brandissant l'étendard du pragmatisme que l'on a détruit l'industrie en France et que l'agro-alimentaire produit de la merde à jet continu. C'est au nom de la sainte innovation qu'on s'attaque maintenant au secteur du commerce et aux services, et que la régression frappe (presque) toutes les couches sociales de la population, pendant qu'on réinstaure l'esclavage. Les pragmatiques, ce sont ceux qui accusent les supposés tenants du "c'était mieux avant" d'être des conservateurs, des corporatistes qui défendent leur petit pré carré, des vils réactionnaires. Ensuite, ils vont acheter du pain sans gluten et du lait bio pour éviter de filer des pesticides et de la dioxine à leurs gosses qui leur ressemblent. Moi c'est à leur connerie que je suis intolérant et je les emmerde. La réaction, ils l'incarnent parfaitement et la leur, elle vient du fond des âges. La photo dans tout ça ? Hein ! La quoi ??? T'inquiètes. Les photographes, les vrais, ils sont là et ils documentent cette descente aux égouts. Dans 100 ans, c'est leurs photos qu'on regardera et des autres, il ne restera rien.

Frozen Piglet

(*) Il y a probablement une armada de têtes d'oeufs payée à prix d'or qui a turbiné pour en arriver là ...

vendredi 17 octobre 2014

Cher pays de mon enfance

Quand on est un vrai professionnel de la photo comme-moi, entre deux reportages pour "VOGUE Groenland" ou le "National Geographic albanais" pour assurer la carte de presse, on est bien obligé d'enquiller le tout venant, genre l'usine de robinets à Béthune ou la fabrication des langues de chat à St-Etienne. Le truc, c'est que dés le départ pour bien t'emmerder, Le type que tu dois voir (loin, très loin de Paris) te fixe un rendez-vous entre 8h00 et 9h00 pour bien te faire chier. Résultat, t'as plus qu'à te lever à 5 du mat pour prendre un train corail avec 3 changements. Evidemment tu peux aussi partir la veille et passer la nuit dans une riante zone d'activités où se niche un motel borgne genre film d'horreur. Mais l'autre il s'en fout. Lui, il habite à 5 minutes en bagnole dans son trou pourri. Arrivé dans son bureau miteux où il t'offre même pas un café, le mec passe déjà 20 minutes à t'expliquer pourquoi t'aurais mieux fait de venir il y a 15 jours. Quand tu lui fais remarquer que c'est lui qui a fixé la date, il te regarde l'air de ne pas comprendre et il commence à dessiner un schéma sur un paper board d'un truc qu'on voit par la fenêtre et juste après, il t'indique que cela n'a aucune importance, vu que lui il a fait plein de photos déjà et qu'il peut te les donner si tu as une clé USB (Dommage j'en ai pas et pourtant j'aime bien rire moi aussi). Alors bien sûr, je garde mon calme en mesurant l'océan qui me sépare de cet individu hébété qui pense que tout est dans tout et vice et versa. Heureusement, avec mon retour sur paris, tout est déjà oublié et je commence à me concentrer sur mon prochain reportage: une usine à Pau de yaourts.

Frozen Piglet

lundi 13 octobre 2014

Besoin d'une idée dans ton cerveau ?

On le sait depuis longtemps, les sites Internet de la presse française (presque dans sa totalité) sont des menteurs et des truqueurs, des malpolis et des profiteurs. Ils n'en branlent pas une ! (Tiens ... Ça me rappelle quelque chose ... Hein ?). Oui les sites du Kazakhstan aussi, mais je les visite rarement. 
Mais dans la presse française, les pires sont les sites des magazines dits féminins. Là, absolument tout est permis pour meubler la vacuité. Nous avons ici un bel exemple avec "Les 40 plus beaux tatouages de (tenez-vous bien) Pinterest-Elle". 10 lignes d'un teasing minable et le tour est joué. Avec les réseaux sociaux, si tu ne viens pas à Largadère, qu'importe Lagardère viendra à toi ! Faut dire qu'ils ne risquent pas grand chose puisque sur Internet, le droit à l'image est assez globalement aboli (sauf pour les professionnels qui sont des délinquants multirécidivistes) et le droit d'auteur, on lui pisse à la raie. Alors dans le même genre, il y a aussi Grazia qui emprunte carrément des vidéos ©NewYorkTimes sans l'ombre d'un questionnement. C'est en anglais, mais on s'en fout, c'est pour des cagoles sans cerveau. Un capture d'écran pour illustrer le post et le tour est joué. Ben ouais ! C'est ça s'adapter. Dommage pour eux, ils se retrouvent très vite avec ça à la place et ils passent pour des pauvres cons.

Bof c'est pas très grave puisque l'important est de commettre du flux à la durée de vie limitée pour faire semblant d'exister. Ça rentre par un oeil et ça sort par une oreille  Du Buzz ils appellent ça ... et c'est même posté dans la rubrique "Culture". Je n'ai qu'un espoir. C'est qu'un jour, tous ces trucs de minables ressemblent aussi à ça: Un écran noir. Ce jour-là, on pourra d'abord boire un coup pour fêter dignement l'évènement et ensuite peut-être commencer à envisager de faire quelque chose avec toute cette technologie qui ne sert à peu près à rien, si ce n'est à promouvoir la connerie, au profit du plus grand nombre.

Frozen Piglet

vendredi 10 octobre 2014

Essai Gratuit

On le sait depuis longtemps, les photographes de profession (les Pros quoi) sont des menteurs et des truqueurs, des malpolis et des profiteurs. Ils en branlent pas une ! ( en plus ils ne se lavent pas et ils ne se rasent pas non plus. Il y en a même qui mangent leurs crottes de nez ). On ne leur connait pas de maladies professionnelles à part la tendinite de l'index et encore ...  Ce qui ne les empêche nullement de lever le coude d'ailleurs. Mais oui ! On le sait très bien qu'ils ont des recettes pour tromper les gens et bidouiller leurs photos pour avoir le WorldPress et même coucher avec plein de filles, les salauds ! Heureusement, depuis que des spécialistes de la manipulation les ont démasqués en révélant leurs turpitudes, tout le monde est au courant. Alors bien sûr, maintenant tout le monde veut faire pareil ! 
Hein ??? Bah bien sûr ! Chacun veut avoir sa part du gâteau ! Kes tu crois ?!
Alors à part les appareils numériques qui déjà permettaient de réaliser des photos parfaites sans l'ombre d'un début de connaissance sur le sujet, il existe des "logiciels magiques" beaucoup mieux que Photoshop® (Même cracké, c'est trop compliqué ... Une vraie usine à gaz), pour soigner les acnés persistantes ou les boutons sur les fesses ( Oui ! Les grosses fesses de ta copine ). Je ne citerai pas de nom pour ne pas être accusé de faire de la publicité clandestine par le CSA ... Mais tout le monde verra à quoi je fais allusion.
Bien entendu, une fois que tu disposes des mêmes trucs que les pros, tu peux à ton tour générer des revenus (du fric, plein de fric) et rendre des clients heureux pour le même prix. Cool non ? C'est d'une simplicité enfantine de gagner du pognon avec la photo. En plus, même si tu rates la photo, Eh ben tu peux la retoucher pour qu'elle soit bien quand même ... Surtout quand elle est floue et sous-ex de 8 diaphs et demi. En fait, c'est ça qui les fait chier les pros ! Que tout le monde puisse le faire, parce que c'est tellement facile et que tout le monde le fait maintenant ! Alors ? On la ramène moins là ! Ah ah !

Frozen Piglet


jeudi 9 octobre 2014

C'était bien, c'était chouette chez Lorette ...



Tiens, hier Libération.fr a publié un papier sur les 25 ans de la chute du mur de Berlin illustré par Gérard Malie, un photographe de l'AFP. Une des photos chères à Laurent Abdjian de Télérama sans doute. Enfin pas si chère puisque lui se félicite de payer aujourd'hui ce genre de photo 0,88 centimes d'euro. Des fois, je me demande si la honte est en pièce jointe du fichier photo qu'on télécharge par internet pour moins de 1 euro ?
25 ans ça passe dans un souffle. Il y'a 25 ans, les photographes vivaient de leur métier déjà plus ou moins bien. Mais ELLE, l'AFP ou le Monde ne volaient pas encore des photos sur le Web en les créditant ©Instagram ou ©Pinterest ou whatever. Evidemment puisqu'il n'y avait pas de photos du tout dans le Monde et qu'internet n'existait pas. T'es con ou quoi ? Hein ??? ... Oh putain merde ! C'était mieux avant ! Ça y est je l'ai dit ! L'éternelle controverse des "anciens" contre les "modernes", les vieux riches contre les nouveaux pauvres, les réactionnaires contre les progressistes, le pain contre les biscottes, les chômeurs contre les actifs, les freudiens contre les lacaniens, l'escalier contre les ascenseurs, le PSG contre l'OM, Canon contre Nikon, Les visionnaires contre les bas du front, Les idiots contre les imbéciles, les auteurs contre les plagiaires, les nains contre les géants, les slips contre les caleçons, Le bourgogne contre le bordeaux, L'argentique contre le numérique, l'analogique contre le digital, le franc contre l'euro, la CSG contre la RDS, le privé contre le public, le théâtre contre le cinema, le print contre le web, Télérama contre Télé7 jours, Le Nouvel Obs contre l'Express, Les cons contre le reste du monde.

Frozen Piglet












lundi 6 octobre 2014

Point mort

On le constate tous les jours, "l'innovation" et ses soeurs jumelles hydrocéphales, "la compétitivité" et "la formation" sont au coeur de tous les discours dominants des crânes d'oeuf mainstream qui se répètent en boucle dans les médias (je note que la plupart du temps, ces guignols ne parlent même pas anglais). Mais le truc, c'est que c'est bien sûr toujours les autres qui doivent innover, se former et être compétitifs. Ben ouais, sinon c'est pas drôle. Alors au passage, être compétitif, c'est être payé moins, pour un travail plus dur et plus long, en étant pas formé du tout. Et même éventuellement ne pas être payé, ça c'est encore plus le top. Pour rappel, Il y a 1,6 million de stagiaires en France et 300 000 apprentis, dont un bon nombre ne savent à peu près ni lire ni écrire. Mais cela ne semble pas poser de problème à nos têtes pensantes.
Si l'on considère un instant le journalisme et le traitement de l'information sous cet angle, on risque de chercher vainement la moindre forme de nouveau concept ces 15 dernières années, excepté l'utilisation du support numérique lui-même. On pourra toujours citer quelques exemples ici ou là pour prouver le contraire, mais manque de pot, tous les trucs qui ont un peu marché sont non reproductibles et souvent à peine rentables. C'est déjà un miracle quand ils ne perdent pas de pognon. C'est ce qui les différencie  des autres trucs qui perdent de l'argent par wagons et de ceux qui tentent de refaire la même chose et qui se plantent.
En fait, la seule vraie idée innovante des patrons de presse du vingtième siècle a été de scinder en deux les rédactions du "print" (papier) et du "web" en les séparant physiquement et en les opposant méchamment. Ce qui a eu pour effet de diviser les salaires par 2 ou 3 (au minimum) et aussi de diviser les salariés. Ceci reposant sur le 1er mythe fondateur selon lequel en aucun cas, les vieux ne pourraient s'adapter au monde moderne plein de promesses rayonnantes qui allait s'offrir à nous. L'autre étant qu'on allait produire une information de qualité gratuite grâce au numérique, en pratiquant le dumping social à l'intérieur de la presse. Ces crétins ont juste oubliés un truc, c'est qu'il fallait aussi payer leurs salaires de ministres (mais heureusement pour eux, pour cela curieusement il y a toujours du pognon).
Ce qui est important pour nous, les gens de l'image au sens large, c'est que dés le début, les responsables de ce carnage ont aussi exclu d'emblée toute utilisation d'images produites par des professionnels pour privilégier des formats de video merdiques, des diaporamas vérolés avec de la pub et des images indigentes "empruntées" ça ou là, ou même achetées 1 euro par 13 à la douzaine. Aujourd'hui alors que le haut débit est là et qu'il est facile d'avoir une image très belle à regarder (*) et donc un bien meilleur affichage, on constate que le modèle qui domine est toujours une image de merde posée dans un graphisme de merdeOn a même réussi fait croire à des tas de gens et à beaucoup de photographes qu'un nouveau genre multimédia allait s'imposer sur le web pour six mois de boulot et 200 euros tout compris. Quelle rigolade ! La pub elle même (pourtant si innovante). La pub la pauvre, n'a jamais su "s'adapter" au web et toutes ses manifestations ne sont que des repoussoirs et des incitations à zapper dans les plus brefs délais. Quand à la vente à perte des magazines papier (comme la presse féminine) et aux gratuits, ce n'est qu'un illusoire jeu de je te tiens, tu me tiens par la barbichette qui finira aux oubliettes, comme le reste. Le plus embêtant dans tout cela, c'est que le savoir ne se transmettra jamais sur ce modèle et qu'il est impossible de planifier quoi que ce soit, à part un formatage très bas niveau et un restart genre small is beautiful. Parfois je rêve que je serai là pour le voir de mes yeux la fin de ce monde minable et le début de quelque chose de vraiment nouveau.

Frozen Piglet

(*) à condition d'avoir un bel écran NEC de 27 pouces comme-moi et pas un premier prix de chez DELL comme toi pauvre con

jeudi 2 octobre 2014

Camera Obscura

hebergement d'imageContrairement à une opinion largement répandue chez les béotiens et aussi chez les singes, ce n'est pas l'appareil qui fait les photos ni même l'idiot qui appuie sur le bouton, mais bien l'individu qui maitrise la bête et qui sait s'en servir. Après, il y a les circonstances qui font que nous les professionnels, on a plein d'appareils photo et on vous emmerde tous. On a aussi des tas de zooms (qui ouvrent à 2,8) et des focales fixes hors de prix avec des ouvertures dignes de nous, genre 1.4 ou même 1.2 pour les tarés qui nous font chier avec leurs histoires de bokeh. Je parle même pas des flashs, je dois en avoir une bonne douzaine de 0 à 800 joules (0 c'est pour ceux qui marchent plus, mais je les garde en souvenir. T'es con ou quoi ?). Ouais on parle en joules (*) mon petit gars. Le nombre guide, c'est pour les amateurs. Sinon en règle générale, la lumière nous obéit un peu comme si on était  Chuck Norris.
Bien sûr tout ça ne m'empêche pas de continuer à acheter des appareils contre vents et marées et aussi contre l'avis de madame Piglet qui arrive à deviner (depuis le temps) quand je suis en période de réflexion intense sur un nouvel investissement. Rien que l'été dernier, j'en ai encore acheté 2:
Un Fujifilm X100S qui me sert de presse-papier pour l'instant, parce que je le trouve beau et que je ne comprends rien au menu et un Canon 5D MK truc avec un 85 qui déchire sa race pour les portraits (oui j'ai trahi Nikon). Je dois dire que ce petit reflex me donne bien des satisfactions et notamment celle de me faire passer pour un genre de touriste en vadrouille. Tout ça, c'est arrivé aussi parce que j'ai donné mes 2 Nikon à caler avec mes optiques chez NPS. L'ensemble était comme qui dirait dans les choux et les photos pas (plus) très nettes. J'ai décidé que je le ferai maintenant une fois par an avant la rentrée, comme presque tout le monde chez les photographes avertis qui en valent 2.

Frozen Piglet

Sinon, la rentrée justement s'annonce encore plus chiante que les années précédentes
Sur ma photo, un couple de touristes dans le parc des Tuileries tente de rentrer en contact avec les comptes Instagram et Facebook des extraterrestres pour leur chanter une chanson.

(*) et en Watts/seconde comme me le rappelle aimablement un commentaire en anglais


lundi 22 septembre 2014

Chapeau Rond

Quand j'entends les agriculteurs bretons se lamenter sur le fait que leurs artichauts sont achetés 6 centimes d'euros par la grande distribution, je m'interroge d'autant plus qu'ils sont à vendre 1€50-1€80 pièce au "Carrefour market" en face de chez moi. Les artichauts pas les agriculteurs ... les choux-fleur c'est 2€50. Je le sais ! Je fais les courses. T'es con ou quoi ? Mais alors où passe le pognon putain ? C'est quand même pas dans la poche des actionnaires qui "résident" en Suisse quand même ?
Nous les photographes, les 6 centimes d'euros la photo, on y est déjà et ça on le sait grâce à Mr Laurent Abadjian de Télérama qui est très bien payé lui. Ce gars-là doit pas aimer les artichauts et les photographes bretons non plus, mais il trouve normal d'appliquer les méthodes marketing de la grande distribution à la photographie. Celles qui ont fait leurs preuves.
À ce propos, il n'y a pas très longtemps, j'ai refusé de vendre des photos (sur une base mensuelle) au quotidien METRO et à ses 130 éditions pour 25 USD (pièce comme les artichauts), tous droits cédés pour la terre entière (on a toujours le choix de refuser). J'ai bien pensé foutre le feu aux 130 rédactions de ce journal gratuit pour rigoler un peu. Ben ouais c'est facile avec du papier journal ! Mais ça faisait beaucoup de déplacements pour pas grand chose. Ce qui est marrant, c'est que les gens qui ont initié le modèle gratuit dans la presse en bousillant tout le secteur sont les mêmes qui nous expliquent maintenant que décidément non, il faut revenir à un modèle payant, seul garant d'une "information de qualité". Mais du coup, les opérateurs de la presse payante en ont bien profité pour nous presser comme des citrons. En fait quand ils pensaient "gratuité", je crois que c'était de la gratuité du travail dont ils parlaient.
À bien y regarder, on note quand même quelques différences entre les paysans et les photographes. Si ! Nous, on utilise pas de pesticides et surtout on est pas subventionnés. Enfin la presse censée nous employer si ! Mais nous non ... En plus, il faut se rendre à l'évidence, les photos ne se mangent pas. Le vrai problème aujourd'hui est plutôt de savoir si on peut gagner sa vie pour bouffer en exerçant le travail de photographe et avec lui plein d'autres métiers. Je suis près à parier que chez les agriculteurs, Il y a des tas de gens qui pensent que c'était mieux avant (tous des péquenauds bas du front rétrogrades). Avant, quand les haricots verts en conserve 1er prix ou la purée de tomates sur ta pizza industrielle ne venaient pas de Chine populaire. Quand les champignons de Paris ne venaient pas de Pologne, les escargots de bourgogne de Turquie, les poulets du Brésil, les articles de l'AFP et Reuters. Mais si tu penses cela, c'est que tu n'as rien compris. Dans une démocratie avancée comme la notre, Il faut bien donner de la bouffe low-cost et de l'info à ingérer à tous ces pauvres. Parce que la seule chose dont on est vraiment sûr, c'est que en la matière, la croissance est bien là et c'est véritablement un marché d'avenir.

Frozen Piglet

mercredi 17 septembre 2014

Petits coeurs ou l'imagination au pouvoir

Avant les vacances, j'ai (r)ouvert un compte Instagram, après 2 ans d'abstinence (#NoFilter. Bien sûr ! T'es fou ou quoi ?!). Sans doute parce que je considère que pour un photographe, être présent sur les principaux réseaux sociaux, c'est devenu presque une obligation. Surtout quand il s'agit de vendre des photos en dehors de la France. La raison est simple. Il faut montrer ce que l'on fait partout et tout le temps et si tu ne le fais pas, les autres le feront à ta place. Mais ce n'est pas tout, il faut aussi être actif et investir du temps, sinon c'est inutile de le perdre. Bon évidemment, le problème, c'est que dés que tu mets tes photos sur Internet, tu es assuré de te les faire voler (Attention ! Ça c'est uniquement si tu es doté d'un immense talent comme-moi ...).

Alors le royaume des pseudo "images conversationnelles" (*) hyper-accentuées, hyper-saturées et hyper-contrastées (des petits coeurs, des follow pour follow et des like pour like) a bien entendu évolué et ce dans la plus mauvaise direction possible. Heureusement qu'à long terme et selon la tendance snapchat, il n'en restera rien.
1/ Masquées ou pas, les marques sont omniprésentes.
2/ Les people aussi et ils couchent avec les marques dans une méga partouze
3/ Une foultitude de gens ne font que poster des trucs dont ils ne sont en aucun cas les auteurs, dans la majorité des cas sans le précisez. Le re-cadrage carré permet d'évacuer un copyright inutile et gênant. Ils pensent probablement qu'ils deviennent l'auteur en appliquant un filtre à la con sur une photo volée. Un peu comme une fausse plaque qu'on appose sur une bagnole chouravée.
4/ Remballez votre smartphone, les photos éveillant un semblant d'intérêt et un déluge de likes infantiles sont réalisées en fait avec une appareil photo, puis importées sur Instagram et oubliées aussitôt. 
5/ Pour le reste, la majorité des comptes s'adresse principalement aux podologues, aux fabricants de frites surgelées et aux sacs à puces.

Cet été, j'ai pourtant vécu une expérience un peu particulière quand je suis tombé totalement par hasard sur une image postée (10 secondes avant) par ma jeune inconnue et immédiate voisine de transat sur son compte Instagram géolocalisé (classiquement: ses pieds, ses ongles vernis rouges, la plage et la mer). En un clin d'oeil, j'avais son pédigré avec son nom complet, son âge, son adresse, son mail et son parcours professionnel, ainsi que son poste actuel (chef de produit dans une direction marketing dans l'entreprise ... Bip ...). En moins de 10 minutes, je savais qu'elle était mariée depuis un an, avec ce type au regard de merlan frit qui la regardait langoureusement et qui travaille dans l'immobilier (pour le réseau d'agences ... Bip ...). J'avais aussi tous les noms de leurs amis et relations, ainsi que toutes les données les concernant et tous les endroits où ils s'étaient rendus récemment. Ceci incluant les hôtels, les restaurants, les bars, les boîtes, les parcs d'attractions et les activités de loisirs. Arrivé à ce stade, j'ai arrêté de les pister, pour me remettre de la crème solaire et changer de côté. Et puis je me suis endormi et j'ai pris un coup de soleil.

Frozen Piglet

* un autre cliché véhiculé partout par ce cher André Gunthert pour dynamiser son petit commerce

mercredi 10 septembre 2014

Bas Coût - Coup Bas

Moi j'aime bien Télérama, ce titre en forme de kit de prêt à penser de la bourgeoisie citadine ronflante de droite qui votait à gauche (à moins que ce soit l'inverse). Pendant longtemps, j'ai été même un abonné gratis (j'aurais pas payé pour ce canard). Ben ouais évidement puisque je travaillais pour eux. Les grilles des programmes télé, je m'en foutais pas mal ... Sauf quand un film était frappé du sceau de l'infamie Téléramesque: "à éviter". Alors là, je réservais ma soirée, vu qu'il y avait toutes les chances pour que ce soit un bon ou même un très bon film ! Contrairement aux apparences, bosser pour Télérama, ça n'a jamais été une sinécure et encore moins un long fleuve tranquille pour les gens comme-moi. Je veux dire pour le genre de photographe qui assure le tout venant et à qui on ne passe rien. Un jour, j'ai été remplacé sans un regard, comme tant d'autres avant moi et tant d'autres après sans doute.
Comme beaucoup de photographes j'imagine, j'ai lu le ... texte de Laurent Abadjian, directeur photo de Télérama: "Pourquoi le photojournalisme va mal (et quelques raisons d'espérer)". Ce truc parle aussi de pâtisserie, de forfaits de ski et de la presse qui va mal. C'est marrant parce que le photojournalisme est déjà décédé une bonne dizaine de fois dans ce magazine. Faut croire qu'on arrive a ressusciter les morts. Mais pour ce spécialiste de la spécialité, si les magazines n'ont pas honte de payer moins d'un euro (ou même rien) la photo d'archive d'un évènement planétaire réalisée par un vrai professionnel, c'est normal. C'est "le jeu des forfaits" et "des inévitables évolutions du monde". Les coupables n'existent pas et tant pis pour ceux qui n'ont rien vu venir. Ils seront tous privés de Nutella. Les canards achetés par les milliardaires et la presse la plus subventionnée d'Europe n'y sont pour rien du tout ! Non non ! Mais au fait ! Comment seront constituées les archives d'aujourd'hui et de demain et où seront-elles conservées et indexées ? Ben dans les smartphones de nos contemporains, sur Facebook et Instagram, ou peut-être bien dans leur cul ! Ben ouais bien sûr ! T'es con où quoi ?

Frozen Piglet

C'est la rentrée et je suis déjà fatigué par toutes ces conneries. J'arrête pas d'acheter des appareils photo pour entretenir l'illusion que je suis toujours photographe. Mais j'ai de plus en plus de mal à m'en persuader et je fais de moins en moins de photos. À un moment, je me suis demandé si je n'allais pas arrêter ce blog. Et puis non, finalement je vais continuer.




mardi 24 juin 2014

Sens Interdit



Internet est en train de faire perdre la boule à un nombre incalculable de gens. Mais l'affaire du Point.fr avec son hommage raté à Camille Lepage (voir ci-dessous) m'a fait réaliser brutalement que des sites d'infos allaient jusqu'à sous-traiter le tout venant de leur flux à des prestataires extérieurs pour encore faire baisser le coût de production (une production qui ne rapporte rien d'ailleurs). Alors que vaut la quête de sens face à la quête de clics ? Ne vous posez même pas la question les mecs. Nous sommes en train de nous noyer dans un océan de non-sens, de médiocrité, d'agrégats misérables. Un océan qui se peuple aussi peu à peu de robots désordonnés, qui produisent des commentaires plein de poésie et de spontanéité. Voici un exemple posté par un robot sur Kecebolaphotographie:

Vous avez une superbe journée approprié. De votre femme aérobie destinais efficacement. Je trouve que, Selfselfassurance pourrait peut améliorer le réel votre propre et en with an increment of vivant assaisonné ..."
Toute cette belle technologie pour en arriver là. C'est beau non ?

Il y a aussi des magazines chinois qui veulent abolir les échanges marchands jusque dans les pays occidentaux et me faire travailler gratuitement. Ils sont rigolos.
Bonsoir je suis Jie , je travaille pour un magazine chinois et je voulais savoir si vous étiez intérressée pour nous accorder 4 jours durant .............. pour faire des photos exclusives. Ce serait une bonne opportunité pour vous de vous faire connaitre dans un média international . Je vous propose un echange de bons procédés ... win-win 


Andy Wharol nous avait prévenu pour le 1/4 d'heure de célébrité, mais il nous avait pas dit qu'on serait pas payé pendant les 10 prochaines années ! Mais qu'importe puisqu'on a le WiFi.

Frozen Piglet


lundi 19 mai 2014

Ni Dieu, ni croquettes




L'autre jour, un jeune freluquet de 17 ans au moins est venu me voir avec un beau projet et un sourire acnéïque. Il voulait offrir à sa petite fiancée une séance de photos avec un vrai photographe professionnel (le photographe professionnel, c'était moi ... Ben ouais ... T'es con ou quoi ?). Alors que j'étais prêt à lui faire un méga prix d'ami, il a tout annulé après avoir divorcé avant que j'ai eu le temps de dire ouf et de lui fixer un rendez-vous avec sa greluche. Dingue non ? Faut s'y faire, l'amour dure 3 jours maintenant ... C'est comme-ça.


Aujourd'hui en filant à bouffer à mon chat je suis tombé sur "ça" (voir photo) et 17 ans, c'est justement l'âge de mon greffier. 17 ans à changer le plat du chat, t'imagines ?! Pendant longtemps, je l'ai photographié sous tous les angles et j'en ai jamais vendu une seule de photo. Pourtant cette petite saleté est passée un jour à la télé en prime time ! Pour revenir aux croquettes, vous avez remarqué ? C'est la séance qui est professionnelle (il parait que c'est Henri Gaud qui fait la prise de vues). Je me demande ce que ça veut dire exactement. 

Frozen Piglet

Plus je connais les hommes, plus j'aime les bêtes. 

vendredi 16 mai 2014

Hommage Low-Cost

Travailler sur l'information en produisant un contenu original semble devenu un luxe superflu pour nombre de professionnels de la presse. De ce point de vue, les sites d'informations (pure players ou pas) avancent en rangs serrés, comme l'avant-garde d'une armée de croquemorts piétinant tout sur son passage. En matière de photos et d'illustrations, tout est là à portée de la main. Il suffit de se servir, alors pourquoi se gêner ?
Un petit abonnement minimaliste à une agence filaire pour faire vaguement crédible et vive FlickR, Instagram et les captures d'écran tous azimuts réalisées par des sous-traitants. De même, pour le texte, le pompage généralisé sur le web, le plagiat et les dépêches d'agences permettent de faire semblant d'écrire, sur n'importe quel sujet, sans même se déplacer ou passer un coup de fil. Google et Wikipédia sont donc devenus les meilleurs amis des rédacteurs qui chient de l'info "low-fi" pour 1 300 euros bruts ou des stagiaires dociles payé une poignée de riz et un coup de pied dans le cul. Mais ce n'est pas suffisant, certains sites n'hésitent pas à se vautrer dans la fange comme le site "LePoint.fr" qui vient de publier un "Hommage low-cost" à Camille Lepage illustré de captures d'écran de ses photos (Soudan et Centrafrique) créditées 6Médias (ex-Sipa Press), ©Facebook et ©Instagram. Le texte non signé qui les accompagne n'est qu'une reprise de plus de tout ce qui est paru sur le sujet partout. Mais quelle honte ! Ces gens n'ont donc aucune morale pour piétiner le travail des disparus en s'affranchissant de toutes les obligations ? Les amis et collègues de Camille Lepage ont protesté auprès de la direction de la rédaction du Point, mais c'est trop tard, le mal est fait et cette attitude marquera une époque où les minables sont aux commandes (la page du Point.fr a été retirée depuis, un peu comme par un enfant qui écrase son château de sable de rage, à coups de pied).

Frozen Piglet

J'ai vu que la Fédération Internationale des Journalistes et le Syndicat National des Journalistes appellent à rendre un hommage à Camille Lepage le 19 mai à 12h00, promenade du bout du Monde à Angers (ville dont elle est originaire).
J'ai 2 observations à faire aux sujets des organisations syndicales:
1/ les photo-journalistes sont massivement absents des syndicats de journalistes. Ceci pour différentes raisons, mais la principale est qu'il suffit de se présenter à une élection dans un syndicat avec la mention "photo-journaliste" à coté de son nom, pour être battu à plate couture. Cherchez l'erreur.
2/ De façon générale, les journalistes ont une responsabilité historique dans le traitement réservé aux photo-journalistes dans les rédactions. Ce sont-eux qui ont laissé ce métier tomber dans la précarité et regardé les photographes se faire essorer sans lever le petit doigt ou en participant au massacre de façon active. Ils en crèveront ...
C'est bien d'aller aux enterrements, ça permet de rester digne et ça donne le sentiment du devoir accompli.
  

jeudi 15 mai 2014

Mourir à 26 ans

Hier, j'ai entendu la mère de Camille Lepage, la photojournaliste tuée en Centrafrique, intervenir à la radio à propos de la disparition de sa fille. Malgré sa douleur qui doit être immense, cette femme était à la fois d'une dignité incommensurable et d'une extrême lucidité qui forcent le respect. Le nom de Camille Lepage vient s'ajouter à la liste des journalistes disparus en Egypte, en Syrie, en Libye, au Mali, en Centrafrique, dans des guerres civiles politico-religieuses qui éclatent partout dans le monde, comme une malédiction. À chaque fois c'est un drame terrible pour la famille, les amis, les proches et les collègues de travail. Outre leur courage et leur intrépidité de voltigeurs, ces journalistes ont souvent un point en commun: la précarité de leur situation professionnelle qui les poussent parfois à prendre des risques démesurés. Comment expliquer qu'alors qu'ils sont publiés par des titres de presse très connus et prestigieux (on le découvre souvent après leur disparition), ils soient obligés de s'autofinancer en permanence et de partir sans garantie, ni couverture, ni protection ?
On voit ainsi de très jeunes et talentueux photographes disparaitre brutalement comme des étoiles filantes, sans que les journalistes plus expérimentés soient d'ailleurs beaucoup plus à l'abriHeureusement la presse française, parfaitement hypocrite dans son ensemble, est toujours là pour leur tresser des couronnes posthumes et dire que c'est la faute à ... "pas de chance" (un titre en particulier, je ne citerais pas de nom, tout le monde verra de qui je veux parler, va probablement publier les photos de C. Lepage rapidement). Le reste du temps, cette même presse s'interroge plutôt sur le fait de savoir comment elle peut éviter de payer les photos et de payer tout court en s'attribuant toujours le beau rôle (vous savez bien qu'il faut défendre le droit à l'information). Je vous invite à lire à ce sujet le texte instructif de Jacques-Marie Bourget publié par le site ACRIMED où il explique que pour les éditeurs de presse, un journaliste mort est un bon journaliste. 

Frozen Piglet

Voir le travail de Camille Lepage

Lire un article sur Le Progrès.fr sur les photographes de guerre qui gagnent déjà le "Smic intermédiaire" si cher à Pierre Gattaz.





lundi 12 mai 2014

Slow Motion

Ça devait bien arriver un jour, le Rédac-Chef d'un magazine auquel je collabore régulièrement (Il y a encore des personnes qui ont du goût) me demande de réaliser en plus des vidéos. Bon en fait, la véritable question qu'il se pose, c'est pourquoi il irait payer un tocard pour faire des petits films, alors qu'il en a déjà un sur place qui fait des photos. Si ça se trouve, je suis peut-être l'arrière petit neveu d'un cousin par alliance d'un oncle de Francis Ford Coppola !
Tout ça pour dire que bien entendu, le mec veut juste payer presque des clous pour faire le taf et moi, j'ai pas vraiment le choix vu que si c'est pas moi, ce sera un autre qui le fera. Dommage parce que tant qu'à être le nouveau Jean-Luc Godard, je préférerais autant être payé comme-lui. Me voilà donc réduit à ce que je redoutais le plus: un simple robinet à photos, textes et images. Je me demande si je ne vais pas écrire des chansons aussi.

Frozen Piglet

lundi 5 mai 2014

Gone with the wind

Dans tous les métiers de la création, on en chie aujourd'hui comme des russes au Congo. Bien sûr ! En période de crise, tout le monde s'en tape de tous ces trucs de culture et d'information inutiles et des fois, on finit même par brûler les livres. En France y'a quand même les artistes intermittents qui s'en sortent mieux que les autres. Si ! Je les vois souvent le matin à la terrasse des cafés de mon quartier, en train de lire le journal et siroter un petit noir. "Artistes je sais pas ... Mais intermittents, ça c'est sûr !" qu'elle me fait ma crémière en les considérant d'un oeil noir. Moi je m'en fous parce ils seront tous excommuniés et enterrés en terre non consacrée. Comme-ça, ils brûleront en enfer pour l'éternité. Mais en secret, je les envie un peu. Je parle uniquement de ceux qui ont leur quota d'heures hein? Ben ouais ! T'es fou ou quoi ?
Pendant ce temps, les photographes (enfin ceux qui sont encore là) claquent du bec, il faut bien qu'ils bouffent et qu'ils payent leur loyer eux-aussi, sans compter le matériel. C'est dommage parce que ce sont avant tout des rêveurs et des artistes à leur façon. Ils veulent faire des photos de mode en Afghanistan ou à Fukushima, être otages en Auvergne ou photographier des majorettes. Le rêve, ça n'a pas de prix et là, la vie quotidienne les rattrape et elle se rappelle sans cesse à leur bon souvenir à travers ses vicissitudes.
C'est bien gentil de sauter dans un avion avec 2 boitiers quand t'es un jeune freluquet imberbe pour vendre un double à Paris-Match, mais à partir d'un moment, il faut commencer à réfléchir un peu, sauf si tu veux te retrouver tout seul à 50 balais dans une chambre de bonne (avec les chiottes sur le palier), en te demandant où est-ce que t'as merdé. Bon en même temps, tu peux être Stanley Greene ... ou pas, ou même mourir bien avant.
Alors bien sûr, les compromis, on sait où ça mène. Surtout dans un monde ou on te dit en permanence que la première qualité d'une image, c'est sa gratuité, comme un crachat en plein visage. Globalement, ça t'amène à exercer ton immense talent dans des boulots où tu te fais chier comme un rat mort, mais où t'es payé. En période de crise, cela risque même fort de devenir ton seul critère d'acceptation. Ça c'est ce que tu fais si tu veux vivre de ton métier et ne pas devenir allocataire, sponsorisé, pistonné ... ou même en préparation d'une "exposition" que personne en verra jamais.
Résultat tu finis dans le troupeau des anonymes en gagnant la plupart du temps maigrement ta vie. Alors tu veux toujours être photographe mon petit gars ?

Frozen Piglet

Victime de la Mode

La semaine dernière, j'ai été contacté par le service marketing d'une entreprise française de luxe. Une proposition très intéressante, puisqu'il s'agissait de réaliser une série de 80 photos pour une exposition à Pékin annonçant l'ouverture d'un nouveau magasin en Chine Pop. Je devais pour cela photographier une vingtaine de jeunes personnes au sourire avenant dans les rues de Paris.  
Et c'est moi Frozen Piglet que cette grande marque de prestige avait choisi pour réaliser ce boulot (Ils avaient sans doute remarqué mon travail frôlant la perfection. Ben ouais t'es fou ?). De mes échanges avec la responsable de ce superbe projet, j'ai compris qu'on comptait sur moi pour trouver 20 personnes sélectionnées sur des critères vestimentaires, esthétiques et capillaires dans les rues de la capitale (rien que des top modèles quoi). Ces jeunes naïades au corps de sylphides devaient en outre porter fièrement des accessoires de mode, fabriqués par cette marque de luxe renommée qui souhaitait obtenir 20 séries de 4 photos en tirage expo pour les envoyer en Chine (Par laquelle le fakir est arrivé à pieds, comme chacun le sait). Super ! 
"Dans l'idéal, il me faudrait les tofs pour dans 15 jours
qu'elle m'a fait la greluche qui se présentait comme directrice du marketing.
"Ouais ... que j'ai dit en crachant par terre et c'est combien que t'as prévu de budget pour ton truc ma petite ? Moi dans l'idéal, il me faudrait 15 000 euros ... d'avance. Là je plante tous mes trucs en cours et je te le fais ton boulot "
que je lui ai écrit au bout du 10ème mail de tournage autour du pot.
En bien croyez-le ou pas, je n'ai plus jamais eu de nouvelle de cette petite salope (de luxe). Je me demande si j'aurais pas dû lui proposer de me payer en bitcoins pour aller faire mes courses chez Monoprix. C'est bien moi ça. On me parle d'art et je salis tout avec des histoires d'argent ... Mais quel idiot je fais ! Décidément on se comprendra jamais avec tous ces petites connasses diplômées d'écoles de commerce. 

Frozen Piglet


jeudi 24 avril 2014

Images Inanimées

Ça fait un bail que je n'ai rien posté. Sûrement un peu par lassitude et puis j'étais au ski. Ben ouais kestata ? J'ai quand même le droit de me détendre un peu ! Alors, quelle que soit la station où je me rends, par principe, j'indique à tous mes contacts que je résiderai au "chalet de la Chaudasse" parce que je trouve que ça sonne bien. En matière de ski, je suis de la vieille école avec le souci du virage bien fait, la tartiflette et le forfait full options. Pour l'équipement, c'est pareil, j'ai jamais pu me résoudre à balancer mes VR17 de 2m05 qui finissent de rouiller dans ma cave à Paris. Les meilleures planches que j'ai eu de ma vie. Mais là aussi, le temps a passé et aujourd'hui je fais ma trace au milieu d'un océan de "GoPro" qui produisent une avalanche d'images, dans un flux ininterrompu visant à combler le vide interstellaire qui habite le net entre quelques îlots de civilisation. Après quelques descentes (de pistes et de vin chaud), forcément, j'ai mal aux genoux (et à la tête) et je vais donc à la piscine pour me faire un petit sauna, un bain bouillonnant et quelques longueurs tranquille. Ben non, c'est pas possible... Là aussi les "GoPro" sont là ! En version étanche, dans l'eau et sous l'eau (et dans les vestiaires), elles te fixent avec leur petit point rouge produisant un déluge d'images cette fois. Le tout sous le regard impavide des maitres nageurs qui se font chier à 3 sous de l'heure au bord de la piscine. Quand je pense qu'on nous a emmerdé pendant au moins 15 ans, partout et tout le temps pour nous empêcher de faire notre métier de professionnels de l'image, tout cela pour en arriver là. Non mais je rêve putain de merde ! 

Frozen Piglet




mardi 8 avril 2014

Petite récréation



Ricardo Patrese, ancien pilote de Formule 1 fait un petit tour de circuit (Jerez) avec sa femme comme passager sur une Honda. Heureusement que les gars lui ont dit d'y aller très doucement, car il y a des mecs qui travaillent sur le circuit. On sait même ce que sa femme a bouffé à midi et le moment où elle essaie de l'attendrir en lui disant qu'ils ont des enfants qui les attendent à la maison est trop marrant. C'est seulement à la fin qu'elle voit la caméra embarquée.
Enjoy !

FP

J'adore les italiennes