lundi 18 novembre 2013

Fusil à pompe

On dit souvent que les journalistes figurent dans la short list des professions les plus détestées par les français. On le lit un peu partout dans les commentaires sur les sites d'infos (C'est un bruit insistant. Ça doit être vrai), les journalistes sont des privilégiés éhontés qui bénéficient de passe-droits partout où ils mettent leurs pieds. Ils sont tous de gauche et en même temps sont complices de tous les pouvoirs. À dessein ou par pure fainéantise, ils ne répandent que de fausses informations pour essayer de tromper les gens qui ne sont pas dupes de leur petit manège. D'ailleurs, la seule vraie information libre et indépendante est sur internet, il suffit de chercher (ben oui tu savais pas ? Et gratuit en plus !). Pas besoin d'acheter un journal, on les lit jamais ! Ils sont écrit par des journalistes qui sont nuisibles pour la démocratie. De leur côté, les photo-journalistes (la lie de l'humanité), n'ont eux aucun talent particulier, hormis celui d'appuyer sur un bouton et se laisser pousser une barbe de 5 jours. Pour faire bon poids, ce sont des salauds sans éthique ni morale qui font leur beurre sur le malheur des gens sans l'ombre d'une hésitation. Ils pratiquent communément la non-assistance à personne en danger pour privilégier la photographie marchande et leur petit business minable. Quand il s'agit de tendre la main, ils préfèrent passer au grand-angle pour assurer une double, les ordures. On peut ajouter que quand il y en a un qui se prend une balle, c'est qu'il n'avait rien à faire là où il se trouvait. S'il est pris en otage, ça va encore occasionner des frais pour les français et il n'a qu'à assumer les risques de son métier au lieu d'appeler à l'aide comme un con. Fallait y penser avant ! Je vais vous dire un truc, absolument tout est vrai ... Et il ne faut pas oublier une chose supplémentaire: Le lobby des 37 000 titulaires de la carte de presse bénéficie d'une niche fiscale scandaleuse alors que la France est à genoux sous les impôts et les taxes. Pendant ce temps, les journaux se goinfrent avec les aides à la presse qui se chiffrent en milliards d'euros et ne parlons même pas de la TVA réduite qui est un détail sordide de l'histoire.  Mais tout ça, on ne le dira jamais ! Je suis bien tranquille ...

Frozen Piglet

Je vous ai bien eu là non ?
Je suis sûr que vous avez marché du début à la fin !

dimanche 17 novembre 2013

Marché de l'occasion

 Le marché de l'occasion by Frozen Piglet

Webculture Mainstream

On nous a longtemps bourré le mou avec Internet qui serait parait-il un espace d'échanges, de culture et de liberté et tout un tas de conneries du même acabit. En fait, on voit que c'est surtout un espace de flicage généralisé qui scrute tes faits et gestes, avec des armées de cookies et des wagons de "mieux disant culturel" façon François Léotard, le regretté ministre de la défense et de la culture réunies de TF1. Le plus grand dénominateur commun c'est cela. De la grosse daube pour les demeurés. Du coup, on voit de plus en plus de compils genre "les 10 trucs qui nous ont fait kiffer cette semaine" ou "les 10 images qui font l'actu de la semaine". C'est comme ça qu'on retrouve côte à côte David Beckham en slip et une photo du Typhon des Philippines dans un genre de best off de fin d'année permanent au niveau ras du bitume. Rumeurs pitoyables, ragots minables et journalisme de bas étage font front commun pour enfumer un peu plus l'information, comme-ci on avait besoin de ça ... Les photos volées à droite te à gauche sont toujours au coeur de ce système pourri. Faciles à dupliquer, pas copyrightées, utilisation d'un "droit de citation" qui n'existe que dans des cerveaux de crétins. Tous les sites en "Buzz quelque chose" passent leur vie à collecter les mêmes trucs un peu partout, avec un seul objectif, faire de l'audience à tout prix, mais sans dépenser un rond et en ne respectant rien. Ils se permettent même de faire des reprises les uns des autres sans hésiter. La webculture mainstream qu'ils appellent ça. Bien sûr, ce truc a des limites puisqu'il faut vendre de la pub et tuer la concurrence ou finir par fermer un jour ou l'autre. Et là aussi, les budgets pub ne sont pas extensibles à l'infini. Malheureusement, quand un de ces sites se casse la gueule, il y en a 10 qui se montent pour la bonne raison que ça ne coûte quasiment rien. Il y a tout de même une frange minoritaire du web qui sauve l'honneur, en tentant de surnager. Mais rien ne dit qu'à la fin elle ne finira pas par sombrer elle-aussi dans cet océan agité de stupidité.

Frozen Piglet

jeudi 14 novembre 2013

Rectangles blancs

Libé m'accompagne fidèlement depuis bien longtemps avec des hauts et des bas. Parfois je le lis et parfois je ne fais que le feuilleter, mais je l'ai tous les jours par portage à 6h00 du mat en buvant mon café (je lis aussi Le Monde et le Parisien à l'occasion). Aujourd'hui, l'acte de militantisme, ce n'est pas de lire un canard réputé de centre gauche (la belle affaire) mais c'est plutôt d'acheter un quotidien chaque jour mon petit gars ! C'est un modeste plaisir que je peux me payer et je le fais. Ceux qui nous emmerdent avec le gâchis de papier, la déforestation et la pertinence des supports numériques feraient bien de regarder le reportage de Stanley Greene sur les déchets technologiques ...
Chez les photographes, tout le monde sait que Libération paye un coup de pied dans le cul les prises de vues. Mais c'est pas très grave. On voit à travers les signatures qu'il existe des collaborations au long cours et les portraits de dernière page démontrent une assez grande ouverture d'esprit. Depuis quelques semaines, l'édition du week-end a été entièrement remaniée et la part faite aux images a été revue avec de belles ouvertures et un choix icono assez chouette. En plus le papier est différent et de bien meilleure qualité. Mais ce matin, quand j'ai ouvert le Libé du jour, j'ai eu un choc avec comme illustrations à toutes les pages des cases vides et pourtant légendées. Comme si on avait simplement oublié d'imprimer toutes les photos. Pour le coup le quotidien a rempli magistralement son objectif en démontrant que sans photos, un canard n'existe pas. Le regard se perd dans les pages et finalement le journal nous tombe des mains. Il faut être clair, nul autre quotidien que Libé n'aurait osé faire un truc pareil ... C'est pour ça que je l'aime (encore un peu). Pourtant de toute la presse quotidienne à l'agonie, c'est Libération qui souffre le plus. Il suffit de regarder les chiffres ICI avec 30% de baisse des ventes en kiosque sur les 9 premiers mois et un déficit de 1 million d'euros prévu pour 2013. À ce train là, on se demande jusqu'à quand les actionnaires accepteront de sortir le chéquier. Mais bon d'ici là, peut-être que les mirliflores qui peuplent les réseaux sociaux auront appris à lire et à écrire, c'est sûr. T'as qu'à croire.

Frozen Piglet




Combien gagne un photographe ?

"Combien gagne un photographe ?". Cette question semble invariablement préoccupante pour bon nombre de gens selon mon tableau de tracking. Elle figure dans le trio de tête avec "sex gratuit maman salope" et "fausse carte de presse". Incroyable, il y en a même qui aimeraient savoir "Combien gagne un BON photographe ?" (ça existe ? à part moi je veux dire ?). Ben ouais ! En toute logique, un BON devrait gagner plus qu'un MAUVAIS ou même un MOYEN, ou alors c'est à n'y rien comprendre. Eux ils se positionnent tout de suite en "top of the list" juste au cas où ... Bon en même temps si en appuyant sur un bouton, on peut gagner du fric, je peux comprendre que ça fasse rêver tout un tas de mecs qui s'emmerdent dans la vie. Faire clic clac, c'est pas bien compliqué et c'est même à la portée du premier crétin venu. Non ? Surtout depuis qu'avec le numérique, si on rate, on peut recommencer. Pas vrai petit bijou que si on rate, on peut recommencer ?
Si le gars il a un appareil et pas de boulot, ou mieux s'il veut bosser mais pas vraiment, photographe c'est un passe-temps rémunéré fait pour lui. Alors là il est sur la bonne voie, mais ça va pas être facile quand même. C'est dommage avant c'était plus simple, il y avait les banques d'images à 0,1 euro, mais aujourd'hui elles sont squattées par les usines de production d'images low-cost de l'est de l'Europe et le temps de l'Eldorado où y avait qu'à se baisser pour les ramasser c'est fini. C'est con hein ? Réussir à amortir son 5D MKIII full options avec 3,57 euros de rentrée par trimestre, c'est un peu plus difficile maintenant, surtout quand on l'a acheté avec un crédit à la consommation à 18% et fait imprimer des cartes de visite gratuites chez Vistaprint.  Oh ça va ... Je déconne. Moi je dis qu'il ne faut pas décourager les vocations. Et puis on ne sait jamais, peut-être que le nouveau Cartier Bresson est parmi eux après tout. Hein ?

Frozen Piglet

Alors combien ça gagne un photographe ? C'est pourtant simple, la même chose que toi pauvre idiot. Comme toi, il y en a qui ne gagnent rien et d'autres qui sont en fin de droits ou au RSA. Il y en a qui gagnent 700 ou 3 000 euros et il y en a même qui en gagnent 10 000 ou bien plus (par jour, comme moi). Bon bien sûr, j'ai choisi la facilité et je passe mon temps à photographier des filles en maillot de bain toutes nues au lieu d'être reporter de guerre en banlieue. Mais je ravale ma honte en comptant le pognon d'un doigt agile et ça c'est quand même le principal. 

lundi 11 novembre 2013

Petit reporter

Dans la presse, il y a les "grands reporters" et il y a aussi les autres, les petits (minus)cules qui cherchent juste à survivre ... comme moi. Ouais. Il y en a même qui sont "envoyés spéciaux". Tout ça c'est un peu comme "ministre plénipotentiaire" ou ce genre de trucs du passé. Cela nous relie juste au souvenir d'un temps ancien où on pouvait passer 6 mois ou plus sur un reportage pour écrire un article ou faire des photos et choper le typhus et la fièvre jaune, la Bilhariose et des amibes. La grande classe ! (sans parler des autres maladies inavouables). Même que 30 ou 40 ans plus tard, on pouvait être publié Par "Le Monde", dans un recueil exemplaire de "Grands Reportages" qui ont fait l'orgueil de la presse française (Comme cinq colonnes à la une avec Pierre Lazareff et sa pipe). Bon bien sûr on était mort mais quand même ! Aujourd'hui, on a juste le sentiment d'avoir globalement raté sa vie dés le début et on va mourir aussi, mais du cancer ou d'alzheimer, intoxiqué par les PCB, la dioxine et les pesticides. Alors sur un CV, ça fait moins bien forcément. 
Est-ce le talent ou la chance, ou les deux ? Dans cet océan de médiocrité. Il y en a quelques-uns qui vivent une vraie destinée alors que toi pauvre con (et jaloux en plus), tu passes ta vie à à te faire chier en te demandant comment tu vas payer tes factures et expliquer à ta femme, sous son regard torve, pourquoi tu dois absolument acheter le dernier Nikon (Ou Canon) à 5 000 euros, avec une batterie d'objectifs hors de prix, pour pouvoir frimer au bistrot avec ta carte de presse (si t'arrives à la garder en 2014). 
À coté de ça, un mec comme Salgado lui, il te raconte qu'il a passé une journée entière à emmerder une tortue des Galapagos en la fixant dans les yeux pour faire son portrait. À  la fin de la journée, la tortue, elle en pouvait plus. Elle a fait en tortue en claquant du bec "Vas-y ! Fait la ta toff ! Qu'on en finisse ! P'tin !!" et après on t'explique que ce mec aime la terre ... (Moi aussi, je fais pousser des géraniums sur mon balcon pour compenser mon empreinte carbone).
Je le sais parce que je me suis retrouvé à assurer un reportage sur une visite privée de son expo par un "groupe de personnes". C'est une sorte de paradoxe de se retrouver pour faire des photos dans un haut-lieu de la photographie comme la MEP et en plus, ce n'est pas facile. Ce n'est pas facile à faire et ce n'est pas facile non plus de se retrouver confronté au travail d'un mec tellement "sucessful" qu'il suffit que tu jettes un coup d'oeil à un de ses tirages géants en passant pour te rendre compte du ridicule de ta situation. En plus immanquablement, les gens finissent par te demander ton avis, juste pour t'emmerder les fumiers. Et Salgado, c'est quand même un type qui transfère ses fichiers numériques sur du film argentique (via un imageur) pour pouvoir faire des tirages sur papier traditionnel en récupérant la TVA, alors que toi on te demande de sortir 100 photos par jour sans te payer la post-prod. Bande de salauds, je vous crèverai tous.

Frozen Piglet

Maintenant qu'il est mort et que j'ai laissé passer un délai de convenance conformément aux usages de la bienséance, je peux le dire, Lou Reed était un très mauvais photographe et méchant comme une teigne en plus.

vendredi 8 novembre 2013

To click or not to be


J'aime bien les sondages. On peu leur faire dire à peu près n'importe quelle connerie selon le commanditaire à satisfaire et l'angle de lecture selon lequel on veut lire les résultats. On peut même s'amuser à les retourner juste pour rigoler un peu. Le magazine "Fisheye" a publié une enquête IFOP sur les français et la photographie. Depuis cette étude circule sur le web un peu partout pour illustrer différents points de vue plus ou moins pertinents. Le principe de base d'internet étant le buzz, la reproductibilité et par conséquent l'impression de déjà vu continuelle.

Moi je lis cette étude comme-cela:

Mauvaise nouvelle pour le gros et gras du bide lobby du téléphone portable et pour les fossoyeurs des appareils photos, les 3/4 des possesseurs de Smartphone continuent contre vents et marées à faire des images avec un appareil photo numérique conventionnel (entre nous, on les comprend, ils sont conçus pour cela à la différence des téléphones). Pire, chez les passionnés de photo, ils sont 88% à ranger leur Smartphone dés qu'il s'agit de prendre des photos. Ceci pour une raison bien simple, si la partie vidéo peut présenter un réel intérêt, la partie photo est plombée par une optique minimaliste et l'impossibilité de photographier des trucs en mouvement et ne parlons pas du bruit et de l'ergonomie nulle.
Ensuite, la majorité des personnes interrogées déclare poster leurs photos pour un usage privé, uniquement par mail ou pas MMS. 1/3 seulement poste des photos sur Facebook (qui est à par ailleurs la pire plate-forme pour montrer des photos tellement elles sont dégradées par la compression). Les autres réseaux sociaux, Instagram, Twitter, FlickR et TumblR sont à la rue avec respectivement 96%, 97%, 98% et 99% des utilisateurs de Smartphone ne postant jamais sur ces plateformes décrites par leurs thuriféraires et André Gunthert comme le sel de la terre et par cette étude comme marginales. 
Bien sûr, si on considère les choses par tranches d'âge, les freluquets et quettes sont en tête des utilisateurs dociles et frénétiques des Smartphones aux forfaits explosés et de ces réseaux sociaux. Ça tombe bien les pauvres, ils sont la cible privilégiée des fabricants de gadgets à 650 euros, à renouveler dés que possible et des opérateurs de la téléphonie mobile payés par papa maman (Après si on peut en plus leur fourguer un 5D MKIII, on va pas se priver non plus). Pour les convaincre d'acheter, il suffit de quelques arguments marketing percutants et idiots comme l'inflation hystérique du nombre de pixels sur un capteur de la taille d'une crotte de nez. Pour le dernier Nokia Lumia 1020 c'est 41 Megapixels : 
" Prenez des photos très haute resolution, zoomez dans les détails et recadrez-les pour en faire de nouvelles images. Ajustez la mise au point, l'équilibrage des blancs et l'exposition facilement grâce à des contrôles intuitifs ". Putain en lisant ça, je finis par me demander si j'ai pas fait une connerie en achetant un D4 les mecs et je peux même pas envoyer un SMS avec !

Frozen Piglet
Au fait, c'est pas moi sur la photo. Nan, il parait que c'est un russe qui cherche une femme et il a posté cette photo de lui à son avantage sur un site communautaire de rencontres. Je pense qu'il va cartonner. J'espère juste que c'est la porte des toilettes derrière lui et qu'il a un slip de rechange ... juste au cas où. 

mardi 5 novembre 2013

Les Paradis Perdus


Voici le nouveau petit chouchou de Nikon, le "Df" Les caractéristiques et le prix de cet appareil, je m'en fous un peu, vu que je ne l'achèterai jamais (Mais si Nikon veut m'en filer un ... Ben Kwa ? Ça leur fera de la pub). Je note juste son petit côté rétro qui le fait ressembler étrangement à un FE2 ou un truc dans ce genre. 
Là encore, il faut s'y faire, les gens qui se sont acharné à détruire un modèle selon eux dépassé, aiment bien acheter un numérique hors de prix qui ressemble vaguement à un argentique en quelque sorte. De la même façon ils aiment coller des fausses bordures de films sur leurs photos ... Ils tentent de singer ainsi un passé définitivement mort et enterré. Même si quelques jeunes gens (boutonneux) brandissent encore des argentiques dans des rédactions parisiennes branchouilles qui trouvent ça du dernier chic !
Certains portent même à l'épaule des Canon AE1 ou des Minolta SRT 101 (ça coûte 50 euros non ?) comme un accessoire de Mode et je suis presque sûr qu'il sont de l'école Jean-Louis Trintignant qui a longtemps fait des photos sans mettre de pellicule dans l'appareil ("Oui, c'est vrai, je ne m'en suis jamais vanté ... Je pensais que mon rêve était plus beau que la photo elle-même ... Personne ne voyait mes photos, pas même moi ..." JL Trintignant, un génie). Avec le numérique, il y a autre chose qui a disparu, c'est l'odeur. Vous avez remarqué ou pas ? Tous les argentiques avaient une odeur indéfinissable, mais bien présente. Surtout quand on ouvrait le dos pour les charger. Les numériques eux ne sentent rien, comme les outils aseptisés qu'ils sont. Des objets glacés un peu à l'image du monde absurde d'aujourd'hui.

Frozen Piglet









lundi 4 novembre 2013

Dégazage digital


Depuis une quinzaine d'années au moins, les entreprises de presse et leurs actionnaires sont un  peu comme des armateurs de pétroliers rouillés prenant l'eau de toutes parts. Ils passent leur temps à dégazer en haute mer en laissant derrière eux une trainée nauséabonde faite de guichets de départs plus ou moins volontaires et de plans sociaux, quand ce n'est pas de suppressions de titres pures et simples. Leurs représentants nuls à chier, les patrons de groupes de presse  arrivent pourtant à se faire payer des salaires insensés par ces pauvres idiots qui ont l'air de penser que leur salut viendra de là. Manque de pot, c'est facile de jouer au Citizen Kane de pacotille en allant glander à Roland-Garros quand le soleil brille, mais quand il y a du vent dans les voiles alors qu'il n'y a personne sur le pont, on se rend vite compte que ça va tourner au Costa Concordia. Compétences introuvables et vision inexistante, pour ces grands professionnels, la seule question qui qui vaille d'être posée est celle-ci : Une fois qu'il auront fini de couler tous les canards et de démanteler les derniers titres papier existants en touchant leur gros chèque, ces avortons auront-ils les ressources suffisantes pour réussir leur transfert vers le web et les sites internet et recommencer le même carnage ailleurs ?
Le dernier groupe à préparer un plan social, c'est Lagardère avec 10 titres à vendre, dont Psychologies magazine (qui a longtemps filé du boulot à pas mal de photographes et le bourdon à tout le monde), Union (toute une époque, c'était avant le porno sur internet), Be (une vaine tentative vouée à l'échec sur un créneau archi saturé), Auto Moto (on vend plus de bagnoles), Première et Pariscope (tout le monde regarde les films gratos sur internet), tout un fatras de magazines tous excellents selon la direction du groupe. Ben ouais ils veulent les vendre, ils vont pas dire que c'est de la merde quand même ... Bon tout ça, ça va faire encore 350 salariés qui risquent de se retrouver sur le carreau. Bof c'est pas grave, ils iront ouvrir des chambres d'hôtes en Ardèche ou dans le Luberon avec leurs indemnités. Tous les pigistes (je dirais un bon millier au bas mot) qui vont trinquer au passage ? On n'en parle même pas, c'est des clochards (*). On s'en tape. "La presse est au bord de l'infarctus et il faut mettre en oeuvre des thérapies de choc" qu'ils disent. "Ils vont concentrer les efforts sur les titres restants" qu'ils disent en parlant de révolution digitale (une histoire de doigts quoi).
Que des conneries ! Je vais te dire un truc. En fin de compte, grâce à ces mecs, le net va devenir le prétexte idéal pour passer à la trappe pas mal de trucs sans se faire chier. Dire qu'en contrepartie il va créer des emplois nouveaux et qu'il faut savoir s'adapter, c'est un peu comme prétendre que c'est le designer d'Airbus qui a dessiné les nichons de Lolo Ferrari (la pauvre), une légende urbaine. Au milieu du 21ème siècle, je vous l'annonce, une bonne partie du sous-prolétariat sera numérique, avec des contrats précaires à temps partiel et les salaires minables qui vont avec à tous les étages. Et il y en aura même pour tout tout le monde ou presque. Mais surtout quand même pour les pays où le tarif minimum est à 300 euros par mois (c'est encore mieux si il n'existe pas et qu'on donne ce qu'on veut). D'autant que du boulot, il va y en avoir. Oui, il va falloir se déchirer pour se mettre au niveau des décérébrés qui ignorent les accords de participe passé et qui confondent "ça" et "sa", "ce" et "se". Ils pullulent sur le net et il parait qu'ils dialoguent sur les réseaux sociaux. Si en plus, ils sont sur Facebook et Instagram avec leurs images conversationnelles, alors là, on va vivre dans un monde idéal ! Parce que Buzfeed et Topito, c'est ça le dernier truc génial devant lequel les crétins s'extasient ... Ou comment faire du trafic avec du vent sans que ça coute un fifrelin. Hein ?? Ben oui ! T'as pas compris ça ? T'es con ou quoi ?!

Frozen Piglet

 (*) Je ne donnerai qu'un conseil à tous ces mecs qui vont se retrouver sans boulot : Lisez la convention collective, rubrique "clause de cession", mettez votre dossier en ordre et défoncez-leur la gueule.

mardi 29 octobre 2013

Touriste de guerre

J'ai beaucoup de sympathie et d'admiration pour les japonais. Ces êtres de lumière tellement névrosés, écrasés par le poids des convenances et pourtant concepteurs de nos appareils photo hors de prix sont capables d'aller très loin dans la dinguerie. Et puis des gens capables de construire une centrale nucléaire sur une plage sujette aux tsunamis ont sans aucun doute beaucoup de points communs avec nous et beaucoup d'humour ! (une blague qui durera encore pour les 100 prochaines années). J'ai eu l'occasion de me rendre 3 semaines au Japon pour un boulot. Ça te la coupe ça hein ?! Ah ah ! J'ai adoré ... et j'ai bu plein de Chablis.
Où que tu sois dans le monde, il y a toujours un japonais pas très loin. Aux confins de l'Afrique sub-saharienne ou dans un village paumé d'Auvergne, dans une cave en Bourgogne ou chez ton boulanger, il est là souriant avec son appareil photo et il est très doué pour converser ... en japonais. Puisqu'il a le dos tourné, on peut le dire, le japonais n'est pas très doué pour les langues. On parle des français, mais les japonais nous battent à plate couture, les gars ! Moi je vous le dit ! Mais là on s'égare ...
En fait c'est l'histoire de ce Toshifumi Fujimoto qui m'inspire ce post. Ce mec qui se définit comme un hybride de kamikaze et de samouraï est sans aucun doute l'inventeur d'une nouvelle forme de tourisme: le tourisme de guerre. Ce routier a rendu les clefs de son camion pour partir pour la ville d'Alep en Syrie en passant clandestinement par la frontière turque. Depuis il parcourt la ligne de front avec 2 appareils et une caméra vidéo et fait des images de touriste, sauf qu'elles représentent des cadavres, de blessés et des types qui tirent avec des AK47 et des RPG7 au lieu de plages avec des palmiers. Avant cela, il aurait été au Yemen et au Caire pendant un an, pour les mêmes raisons. 
"Je ne suis pas la cible des snippers parce que je suis un touriste et pas un journaliste. Chaque matin, j'ai 200 mètres à faire pour atteindre le front. C'est fascinant, j'adore ça !"
Ce type qui prétend être divorcé et n'avoir ni famille, ni compagne, ni amis dit avoir 3 filles qu'il n'aurait pas vu depuis 5 ans. Il aurait même souscrit une police d'assurance en leur faveur, au cas où il se prendrait une balle (C'est impossible. Dans le cadre d'un conflit, c'est bien sûr un cas d'exclusion sauf à payer des sommes exorbitantes). Il raconte que les syriens le prennent pour un chinois et le saluent comme tel. Il ne porte ni casque, ni gilet pare-balle. On peut lire ici et là qu'il serait converti à l'islam et même qu'il aurait rejoint Al-Quaida. Il semble qu'il ne fait des photos que pour les poster sur sa page Facebook (Ici). Mais en lisant ses différents interviews, on constate un certain nombre d'incohérences. C'est pour cela que j'emploie le conditionnel. Cela dit, si son histoire est vraie, sa situation n'est finalement pas très différente de celle des jeunes photographes qui partent sans couverture ni garantie et c'est cela tout le paradoxe. 

Frozen Piglet 


jeudi 17 octobre 2013

Des cochons dans l'espace

C'est pas étonnant que la NASA arrive plus à envoyer le moindre truc dans l'espace. Ça se voit tout de suite que ces mecs sont des amateurs. Regardez celui-là, il fait des photos avec des lunettes de soleil comme Karl Lagerfeld et plutôt que d'enlever sa frontale PETZL (avec laquelle il espère sans doute éclairer l'espace infini), il retourne l'appareil (le D2Xs un appareil mort-né de chez Nikon) pour faire une photo, pendant que son collègue fait péter le smart-phone et ses photos floues pour les coller sur Facebook sans même un filtre Instagram. Le monde occidental est en pleine décadence je vous dis. Houston we got a problem ! Jamais on aurait vu ça à l'époque du programme Apollo. 

FP 

lundi 30 septembre 2013

Ouvert le dimanche

La controverse sur l'ouverture des magasins le dimanche est une aimable plaisanterie. Moi je dis que la vraie question est bien évidemment et comme toujours:Quand les grandes enseignes arriveront-elles à faire travailler leurs employés le dimanche en les payant au smic, comme tous les autres jours de la semaine ? Encore mieux, quand le MEDEF arrivera t-il à faire disparaitre la notion de salaire minimum comme en Allemagne, le pays du plein emploi ?
Bien sûr ! T'es con ou quoi ? Comme des tas d'autres gens, le travail le dimanche, moi je connais et aussi tous les autres jours de la semaine (et pourquoi pas la nuit en cas de besoin). Quand on pratique ce métier, si on veut survivre, on ne se pose même plus la question. 
Exemple: Lundi dernier, levé à 6h30 pour une prise de vues à 8h00 du matin, avec post-prod immédiatement après. Mardilevé 4h00 du mat pour finaliser un boulot et l'envoyer juste à temps à l'étranger qui ne vit pas à l'heure française (quelle surprise). Mercredi, levé à 5h00 pour prendre le train, puis l'hélico pour le Montblanc (c'est la seconde fois que j'y vais). On monte en 6 minutes à près de 4 000 et une température négative. Étourdissements, photos, difficultés à respirer en marchant dans la neige, photos. Dés que je me baisse et que je me relève, j'ai un voile noir qui passe devant les yeux et je frise l'évanouissement à mon étonnement. Un peu hard, mais marrant. Retour à Paris 22h00. le lendemain, levé avec une laryngite à 5h00 pour aller prendre l'avion pour la région des Landes (+ 35°C !). Reportage texte et photos. Pas facile, ma forme décline à vue d'oeil (et je transpire comme un porc. Normal). Vendredi et samedi, photos sur un évènement parisien où je croise un étudiant qui travaille pour un de mes clients au 1/10 de mon tarif. Sourire crispé. Je finis le samedi soir la tête dans les chiottes en train de vomir, pendant que mes invités d'un soir et Mme Piglet se demandent où je suis passé. Dimanche, j'arrête les frais et je stoppe tout. On ne devrait pas vieillir. Avant, j'aurais fait tout cela sans respirer. Lundi matin, je suis devant mon écran et je post-produis. J'ai des semaines (des mois ?) de retard sur les notes de droits. Je souris en écoutant les débats à la radio sur l'ouverture le dimanche. 

Frozen Piglet

Ci-dessous, quelques réactions de spécialistes qui contrairement à moi savent de quoi ils parlent. Même s'ils ne savent pas lire et qu'ils se font chier comme des rats morts en province.



samedi 21 septembre 2013

Eric Bouvet, j'adore ce mec !

Je suis tombé sur un interview de Eric Bouvet sur l'excellent site Photographie.com et j'adore ce mec. Il fait partie de ces photographes qui parlent de leur métier tel qu'il est et pas comme certains voudraient qu'il soit. En plus, il a un talent immense. Le passage que je préfère est celui-ci:
"Les gens qui disent que le photo-journalisme est mort sont mal-intentionnés. Qu'ils soient gentils, qu'ils s'occupent de ce qui les regarde, qu'ils nous laissent faire notre boulot. Les amateurs sont persuadés qu'ils sont capables de faire de la photo, mais ils sont loin de comprendre ce métier. Il ne suffit pas d'appuyer sur un bouton ; derrière une bonne photo il y a un oeil, des idées, de l'engagement. Ça s'apprend ou c'est inné : il y a des jeunes qui sont très doués, moi je ne suis pas dans ce cas-là. Je dois travailler beaucoup pour arriver à faire ce que j'ai envie de faire. C'est un travail de tous les jours".
C'est cela Eric Bouvet. Du talent et de la réussite, de l'humilité et de la clairvoyance. Tout le contraire de moi quoi.

FP

vendredi 20 septembre 2013

Slow Motion

Pendant que les ouvriers chinois de Foxcon réduits en esclavage technologique se jettent du toit des usines où ils assemblent l'I-Phone d'Apple. Les acheteurs hystériques se jettent eux sur le dernier modèle qui vient de sortir, le 5C et le 5S. Un "must have" qu'on appelle cela en langage marketing. Il parait que ce truc est en train de devenir un succès planétaire en flinguant au passage le segment des compacts numériques qui décline à vue d'oeil. Moi j'ai un I-Phone5 qui était encore au top la semaine dernière, et là c'est déjà fini. Il aura vécu son quart d'heure de gloire le temps que vivent les roses (en plastoc fabriquées au Vietnam parce que les salaires sont plus bas qu'en Chine). J'ai quand même encore mon Be-Bop et si ça se trouve, je le vendrai avec mon Libé en tissu à un collectionneur de trucs un jour ! 
Alors moi aussi j'ai filmé mes doigts de pieds à la plage, j'ai fait des photos de la tour Eiffel et j'ai photographié ma paëlla (à volonté) à 14,90€. Je vais te dire un truc. Filtre Instagram ou pas l'I-Phone est quand même une grosse merde question photo et un peu moins bon qu'un camescope premier prix question vidéo. En gros, il est aussi plus cher qu'un téléphone, un camescope et un compact numérique réunis et méga chiant à utiliser autrement que pour téléphoner (et encore quand t'arrive à choper le réseau). Mais on s'en fout vu qu'il est un marqueur social destiné à produire des images qui dans leur immense majorité ne sortiront jamais du net, parce que c'est de la merde sans aucun intérêt. Bien sûr il y a quelques malades qui s'obstinent à penser que cet objet est la révolution technologique majeure du 21ème siècle, moi je dis que ce n'est qu'un objet de plus. Avec un 5 suivi d'un C pour les connards et un S pour les salopes. À la semaine de la Mode de Londres, ils ne sont visiblement pas de cet avis puisque l'I-Phone 5 a été testé 3 jours avant son lancement commercial sur le défilé de Burberry's sous la forme d'un genre de bartering (échange de bons procédés entre deux marques). Ils en ont collé partout et même fait des travellings avec (on s'amuse comme on peut). J'ai regardé le résultat et je trouve les images comment dire ... assez ... merdiques. Mais l'essentiel est qu'il y en ai plein les réseaux sociaux (c'est cela la seule véritable utilité de ce truc finalement). (si vous voulez expérimenter, c'est là)

FP

Au secours




mardi 17 septembre 2013

L'amour propre en dure jamais très longtemps

Un bruit insistant court selon lequel Lagardère voudrait vendre certains de ses magazines (si le coeur vous en dit ... "France Dimanche" et "Ici Paris", 2 fleurons de la presse française sont à vendre les mecs). Faut dire que la presse n'est plus ce qu'elle était aussi pas vrai ? Bon enfin toute la presse est plus ou moins schizophrène en même temps. Mais Paris-Match qui fait partie de ce groupe est quand même largement tout en haut de la pile (c'est peut-être pour cela qu'il n'est pas à vendre lui). Il y a 3 façons de faire le grand écart: le facial, le latéral et le Paris-Match. D'aussi loin que je m'en souvienne, j'ai toujours vu Paris-Match trainer à droite et à gauche selon le pouvoir en place et lécher le cul de tout le monde. Tout se passe finalement comme-ci ce canard était là pour rendre service à des amis et faire les relations publiques de tout un tas de gens puissants, de copains et aussi de clients peut-être ? C'est pour cela que quand on mélange la photo de presse avec Paris-Match et qu'on parle du photojournalisme à travers l'histoire de Paris-Match, je rigole. Ah ah... ah argg ! Tout ça c'est du passé. Ça date du temps où Paris-Match voulait copier "LIFE magazine" et "Jours de France" en même temps. 
Parce que entre 2 guerres civiles et des familles entières gazées au sarin, Paris-Match c'est ça:


Après bien sûr, quand ça tourne au vinaigre, cela devient du jour au lendemain: le couple infernal Bachar et Asma dans le même magazine d'infos sans concessions. Hein ? Bah ouais c'est ça le journalisme en France. C'est coller à l'actu ! T'es con ou quoi ?! Un jour invité de marque, le lendemain tyran sanguinaire. Kesta ta ?
Ce qui est curieux par contre, c'est qu'aujourd'hui encore, le but ultime de tout jeune photographe qui part en Tunisie, Libye, Egypte, Syrie (rayez la mention inutile) reste de faire sa petite double dans Paris-Match pour devenir un vrai reporter de guerre tatoué et si possible pas mort. Heureusement c'est pas les mêmes qui font les photos des amoureux à Paris et celles des enfants morts gazés en Syrie. Non non ! À l'Elysée, c'est toujours des gendarmes je crois qui font les photos. La prochaine fois ils en profiteront pour les arrêter et les jeter en prison. Hein !  Qu'est-ce qu'on rigole quand même ... Non ?

Frozen Piglet

L'amour propre ne le reste jamais très longtemps (Martin Veyron)

jeudi 12 septembre 2013

La politique de la chaise vide



Photo Myself and my IPhone5 (de merde)


Presque tout augmente en ce bas monde,  même la réalité (et aussi mon loyer). Il n'y a qu'un seul truc qui n'augmente pas c'est le montant de mes piges. 
Mais de quelle réalité parle t-on au fait ? Celle des esclaves débiles des smart phones et des réseaux sociaux ? Celle des idéologues de bas étage ou celle des 10 millions de français qui vivent avec moins de 900 euros par mois ? Celle de la nouvelle nouvelle "nouvelle génération" de photo-reporters qu'on croise à Visa (des travailleurs précaires qui financent eux-mêmes leurs missions) ou celle de ceux qui vont en Syrie pour se faire connaître (dans les zones désertées par les photographes chevronnés voir ici) au risque d'avoir le World Press ou de se prendre une balle ? Celle des printemps arabes ou celle des hivers occidentaux ?

Mais surtout, est-ce que cette putain de réalité augmentée dépasse la fiction ? De mon point de vue, c'est la seule question qui mérite d'être posée.

Frozen Piglet

"On me dit « j’étais en Syrie », mais c’est pas une info. Mon conseil à la nouvelle génération, c’est d’être journaliste. « J’étais en Syrie », c’est un peu une posture, il ne faut pas que ça devienne de l’imposture". Jean-François Leroy 

jeudi 5 septembre 2013

C'est la rentrée tas de feignasses

Ça faisait longtemps que je n'avais pas compilé les recherches Google qui mènent sur mon petit blog. Encore une fois, elles démontrent la pertinence des recherches qui sont le reflet des préoccupations des vrais gens. Rien que du tangible et du concret, bien éloigné des délires des intellectuels patentés et de leurs discours rodés comme celui d'une 505 diesel de 250 000 km au compteur. C'est la rentrée.

Bon courage !

FP



"Photo de sexe volées pause pipi"
"Combien gagne un photographe ?"
"Culottes plastique"
"Prix Pulitzer 2013"
"Splendide éjaculation dans les fesses"
"Fausse carte de presse"
"Photo Cohn Bendit face au CRS"
"Beau Cu"
"Fausse carte de presse"
"Photo de mon cul il est beau"
"Femmes qui pisses en extérieur photographiées à leur insu"
"Combien rapporte un photographe"
"Poubelle bleue Toulouse"
"Apéro géant"
"Massage entre mecs"
"Combien gagne un photographe"
"Acheter de la crème Montblanc"
"Les photos ne jugent pas l'esprit"
"Carte de photographe amateur"
"Enculer de google plan de bois découper"
"Christine Lagarde"
"Combien gagne un photographe"
"Photographe chinois"
"Pute.fr gratuit"
"Pisser en groupe vidéo"
"Médecin photographe amateur 974 blog"


mercredi 28 août 2013

Dans ta gueule



J'ai toujours détesté les mariages et les photos de mariage et encore plus que tout, les photographes qui font des photos de mariage. Ces mecs ont un humour de merde et mettent des chaussettes blanches avec des chaussures noires (les fous !). Dés que j'en vois un, j'ai envie de le buter (sauf les chinois que je vois travailler aux buttes Chaumont ou au parc Monceau). Il faut être gravement malade pour passer sa vie à shooter pendant des heures des tofs de gens qui passent devant le maire et éventuellement devant le représentant d'une des principales religions monothéistes, avant de finir par une journée entière de beuverie. En plus, comme les futurs divorcés engagent souvent n'importe qui pour faire un reportage sur le plus beau jour de leur vie et qu'ils finissent par vomir sur un tas de photos de merde et c'est bien fait pour eux. Sans compter que souvent, les photographes de mariage essayent de coucher avec la soeur de la mariée (si avec ta soeur !). C'est pour ça que dans les démocraties orientales avancées, il y a souvent des attentats à la bombe dans les mariages qui font 37 morts. Parce que les mariages, ça fait chier tout le monde et surtout les voisins qui voudraient bien dormir et ça permet de faire un peu de ménage chez les auto-entrepreneurs. Sur la vidéo, le mec s'est mis dans la tête d'utiliser un drone pour faire une photo vue d'en haut (c'est la formule "premium" qu'ils ont choisi ou quoi ?) et soudain il perd les commandes, le drone ne répond plus et le marié se le prend dans la tronche et ça lui crève les 2 yeux. Marrant non ? Moi je m'en fous j'ai une assurance responsabilité professionnelle. Donc, je peux estropier qui je veux, je suis assuré. Ça me coute assez cher !

Frozen Piglet


lundi 26 août 2013

Champions du monde catégorie fientes

Le soir pendant les vacances, j'aime bien regarder les émissions sur les arnaques de l'été. Ça me fait jubiler de voir ces connards se faire enfler par les bandes d'escrocs qui pullulent sur le net et ailleurs dans la série champions du monde catégorie fientes. Même si c'est la quatrième rediffusion et que je l'ai déjà vu en 2007, ça me fait rire quand même et je regarderai encore l'année prochaine le sujet sur les merguez avariées, les cartes bleues piratées et les vacances ratées. C'est dommage, ils parlent pas des mecs qui ont reçu un caillou dans un colis à la place du D4 qu'ils ont commandé à 500 euros en promo sur internet.
Le matin, je file à la plage et j'envoie chier le photo-filmeur qui me raconte qu'il est le photographe du Ritz et qu'il fait ça bénévolement juste pour donner un coup de main à un copain qui a un magasin sur la Côte d'Azur. Je lui demande si c'est le Ritz d'Aubervilliers dont il parle ? Celui où y'a mon cousin qu'est barman en contrat de qualif et il me regarde avec un oeil de merlan frit, avant de tourner les tongs. Ces gas-là doutent de rien. Ils prennent des photos à midi en plein soleil à 8 000 iso en mode programme et après ils essayent de te fourguer 3 photos minables pour 100 euros à ta femme dés que t'as le dos tourné (sans compter qu'ils bossent tous au black au lieu d'être auto-entrepreneurs comme tout le monde). Après je me jette dans l'eau tellement chaude de la Méditerranée qu'on dirait de la pisse et tout d'un coup, je me rends compte que je nage le crawl avec la bouche ouverte au milieu de déjections. Ça doit être encore Paris Hilton qui a dégazé son yacht que je vois ancré au large (elle a bouffé de la laitue ?). Ensuite je vais au Casino pour acheter des tomates de Hollande et des fraises belges parce que ça pousse pas sur la Côte d'Azur. Je finis par acheter Nice-matin-Tapie et un cubi de rosé pour voir quel est le butin du jour pour les braqueurs à Cannes et qui s'est fait égorger dans la nuit dans le quartier.
Se baigner dans la merde de Paris Hilton, ça n'a qu'un temps (on peut peut-être la vendre sur e-Bay ?). Les vacances de rêve, c'est fini depuis une semaine et comme toujours je suis complètement déprimé en retrouvant ma petite vie de photographe de merde. J'ai qu'une terreur, c'est de devoir faire le premier boulot de la rentrée. C'est sûr que ça va finir par arriver. Ouais c'est devenu ça la vie de photographe professionnel. Enfin ... la mienne. T'en veux ?

Frozen Piglet




jeudi 8 août 2013

Sémiotique dans ta petite boutique

Les médias adorent convier des experts qui énoncent clairement ce qu'ils conçoivent aisément. La plupart du temps, ils se trompent avec assurance (c'est ça le plus important finalement chez l'expert, l'assurance avec laquelle il profère ses conneries). Pour tenter de masquer le vide qui les habite, les radios, les télés, les magazines et le journaux invitent ces spécialistes de tout et de rien à venir exposer doctement leur clairvoyance à bon compte. En échange, ils ont accès à une audience ou à un lectorat. Cet échange de bons procédés permet aux deux parties d'enclencher un processus doublement profitable en offrant aux experts de grimper encore dans l'échelle de l'expertise auprès des médias pour devenir incontournables sur leur sujet de prédilection. Raison de plus pour se claquer la bise en arrivant puisque généralement, tout le monde se connait déjà. Ça, c'est bien pratique d'être entre gens de bonne compagnie. Cela évite de se lancer dans des débats trop vifs (ça pourrait être lassant pour les téléspectateurs, auditeurs ou lecteurs et ça pourrait les instruire en les incitant à se forger leur propre opinion). Alors bien sûr, être convié à France Culture, pour beaucoup de gens, c'est comme obtenir ses galons d'expert en culture et ça assoit son homme une fois pour toute auprès de son entourage et de tous ceux qui sont à la recherche d'interlocuteurs de haut vol. Genre: "Tu as entendu ma dernière intervention sur France Culture ? Je crois que j'ai été somme toute assez convainquant non ?" Mais plus que tout, cela permet de sortir des énormités en toute quiétude et de balayer avec arrogance, tout ce qui ne cadre pas avec ses idées.
Aujourd'hui, j'avais une 1/2 heure à tuer et des coups de soleil et j'ai donc décidé de me mettre à l'ombre et d'écouter  une émission radiophonique au titre plein de promesses: "La photographie est-elle morte ou vivante ?" (clic si cela vous dit) sur France cul avec André Gunthert (c'est qui ? Ah oui ! le type qui brocarde la défense du droit d'auteur et qui met ses photos sur FlickR en "tous droits réservés"), Alain Bublex (Artiste contemporain et designer si j'ai bien compris), Eloïse Capet (photographe mobile, car les autres sont immobiles). Le tout animé par Caroline Broué (qui porte bien son nom, auquel il manque un t) dans une émission intitulée: "la Grande Table". Malheureusement, cette table ressemble à une équipement de camping en plastoc achetée en promo chez Lidl pour les vacances. On y parle de photo professionnelle et aucun photographe de métier n'y est convié. André Gunthert tente une fois de plus de ridiculiser les positions de l'UPP sur certains problèmes cruciaux, comme à son habitude (c'est une de ses obsessions dans la vie) et bien entendu, aucun représentant de cette association n'est invité à exposer son point de vue. Il faut comprendre qu'on parle d'art et en la matière, André Gunthert et ses disciples dispensent la bonne parole. D'ailleurs là où la plupart des photographes tentent de témoigner modestement de leur époque, la photographe "mobile" Eloïse Capet propose elle une "nouvelle vision de l'image devenue conversationnelle et communicante"(expression intégralement repompée sur le site Cultures Visuelles de André Gunthert. C'est vous dire s'ils sont copains) et dans son travail "elle aborde un parcours sémiotique explorant les signes de la féminité" (j'espère qu'au minimum, elle nous montre ses fesses en gif animé !). André Gunthert de son côté explore avec entrain le mythe de l'amateur contre le professionnel (son autre obsession) avec des arguments dignes du café du commerce. Selon lui, ce sont les professionnels qui de tous temps ont alimenté les banques d'images à 1 euro avec leur non choix et leurs fonds de tiroir indignes d'être publiés ailleurs (c'est sûrement pour qu'on ne les reconnaissent pas qu'ils se font passer pour des photographes du dimanche. Ben ouais c'est tous des complotistes). Encore une fois tout ce qui ne colle pas avec la vision du chercheur est écarté d'un revers de la main et jeté aux oubliettes de sa petite histoire. Alain Bublex qui est le seul dans cette émission a intervenir parfois de façon un peu pertinente se demande visiblement ce qu'il fout là et déjà sonne la fin de l'émission. Chacun repart donc dignement avec la fierté d'avoir apporté sa pierre au noble édifice de la culture. Ben ouais Kesta ?

Frozen Piglet

"Si tu finis avec une petite vie minable parce que tu as passé ton temps à écouter ta mère, ton père, ton prof, ton curé ou un mec de la télé te disant comme faire. Alors dis-toi que tu mérites ta petite vie minable" Franck Zappa