vendredi 14 février 2014

World Press 2014


Le 1er prix du World Press 2014 est attribué à John Stanmeyer de l'agence américaine VII (fondée en 2001) pour cette magnifique photo réalisée de nuit sur les rives de Djibouti. Elle montre des migrants africains tentant d'accrocher un réseau low-cost venu de l'Éthiopie voisine pour essayer de joindre leurs proches sans se ruiner. Y a pas les forfaits Free ou quoi ? (Ouf ! J'ai eu peur ... À un moment j'ai cru qu'il photographiaient la lune pour la foutre sur Instagram ! Oh ça va je déconne ...). Cette photo a été réalisée dans le cadre d'un reportage pour le compte du National Geographic pour lequel Stanmeyer travaille en exclusivité depuis 10 ans (pas comme moi). On a même les données techniques: 5D MKIII 40ème de seconde à 1,4 35mm 10 000 iso. Bien entendu, j'attends avec impatience de lire toutes les conneries qui ne manqueront pas de s'écrire au sujet de cette photo et de son choix par le jury du World Press. Alors qu'est-ce qu'ils vont lui trouver cette année cette bande de no life ???

Frozen Piglet

NB: Désolé pour la mauvaise qualité de l'image affichée ci-dessus. Je n'y suis pour rien. C'est la compression et l'extrapolation qui sont responsables de ce rendu tout pourri. N'en déplaise aux esprits chagrins à tendances légèrement paranoïde

60 à 70% des sites qui parlent de la photo primée cette année, publient une image sévèrement recadrée, un vrai massacre ! En dessous, le World Press sur le site de "Ouest-France" qui trouve que c'est le plus beau cliché de l'année et qui le coupe à la hache, lui ôtant ainsi toute signification. Décidément, ces gens ne respectent rien. C'est ce qu'on peut appeler un journalisme de convenance. On s'en branle totalement du photojournalisme, mais on publie le World Press en recopiant le communiqué de presse, parce que tout le monde le fait et qu'on paye rien. Tas de fientes


jeudi 13 février 2014

Trophée de l'innovation

L'innovation et l'adaptation sont un peu devenues l'antienne (la ritournelle !) des cons. Il faut voir les choses en face si nous rencontrons des difficultés dans n'importe quel métier, selon eux, c'est que nous ne savons pas nous adapter et si en plus nous ne sommes pas capables d'innover pour redresser la barre, alors le mieux est de disparaitre en courbant l'échine et en baissant les yeux. C'est clair, les cons sont très exigeants, surtout avec les autres. 
Ce qui est embêtants pour eux, c'est que les gens qui savent s'adapter et encore plus ceux qui savent innover sont une infime minorité et les cons en font très rarement partie (quoi qu'en matière de connerie, il soit toujours possible d'innover). L'immense majorité des individus cons ou pas est donc constituée de suiveurs qui ne font que reproduire ce qu'ils ont vu, entendu, lu (pour ceux qui savent lire). Mais en ce qui concerne la photographie, absolument rien n'a changé. Une photo de merde reste une photo de merde même avec un filtre Instagram. Une photo d'amateur même très belle reste une photo d'amateur par destination. Une photo d'auteur reste une photo d'auteur à condition qu'elle soit le reflet d'un univers original. Une photo de professionnel reste une photo de professionnel à condition qu'elle soit nette, bien cadrée et pertinente dans sa conception (une fois qu'on sait faire ça et c'est déjà pas facile, on peut faire tout ce qu'on veut et déroger à toutes les règles). 
En fait, on voit bien que le problème réside ailleurs. Et c'est bien la culture du travail qui est en cause et rien d'autre. La valeur du travail en général et pas du tout le travail des photographes en particulier. Mais ça les cons ne peuvent pas le percevoir aveuglés qu'ils sont par leur connerie. En fait, c'est le low-cost qui nous tuera tous et chez les cons, ce sera un massacre. 

Frozen Piglet
(Le premier qui cite Audiard, je lui mets une claque)

"Le low-cost produit un homme nouveau, un homme naïf, égaré et soumis" Alexandre Friederich

mercredi 12 février 2014

Instant Noodles

Les francais adorent passer pour des pauvres nouilles à l'étranger et ceux titulaires d'une carte de presse ne dérogent pas à cette règle, pourquoi le feraient-ils ? Ben ouais pourquoi ??
Lors de la visite d'état de Hollande à Washington, nos confrères se sont vraiment surpassés et notamment celui du service politique du site "Le Monde.fr", Thomas Wieder (celui qui est en bas à gauche avec la tronche de premier de la classe). Oui ce même "Le Monde" qui touche 17 millions d'euros d'argent public chaque année pour dispenser une information objective, garante de la belle démocratie que le monde entier nous envie.
Alors tous ces mecs très sérieusement accrédités par la Maison Blanche et l'Elysée se sont ridiculisés en se selfiant et en twittant frénétiquement devant Obama et Hollande assez résignés devant ce spectacle affligeant. Les smartphones ambulants se sont même fait reprendre par le service d'ordre de la Maison Blanche parait-il. Tels des touristes moyens au musée Grévin devant la statue de cire de Michael Jackson, les journalistes surexcités ont ensuite posté leurs oeuvres sur tous les réseaux sociaux avec différents commentaires passionnants. Il semble que c'est ce qu'un rédacteur-en-chef de site d'information attend aujourd'hui de ses braves petits soldats. Thomas Wieder trouve pour sa part le bureau ovale un peu petit. Il comptait peut-être y emménager la semaine prochaine ... et là, il est un peu déçu (sa grand-mère lui a filé un 200m2 au Trocadéro ou quoi ?). On note en regardant sa time line qu'il s'est photographié en premier, tournant le dos aux 2 présidents surement très désappointés. La grande classe. C'est seulement après cela qu'il s'est intéressé à l'autre sujet (J'imagine que le vrai vrai sujet pour lui, c'était sa présence personnelle à la Maison Blanche). L'autre à côté fait pareil, il doit être de la même promo. C'est leurs mères qui vont être contentesC'est cela l'information en temps réel. T'as compris pauvre idiot ? À vrai dire, cette folie a débuté avec le procès à NewYork de DSK et depuis elle n'a jamais cessé. Quand je pense qu'il n'y a pas d'argent pour financer les reportages des photojournalistes ... En tout cas, il y en a pour envoyer des mecs faire les andouilles à Washington. 

Frozen Piglet

Mais finalement, peu importe puisque les quotidiens sont destinés à devenir à terme des restaurants (des fast-food ?).Gageons que l'innovant "Libération" sera le premier de la courte liste des nationaux à se lancer dans la cuisine industrielle. Si ça se trouve, on finira par emballer les nuggets de poulet dans les pages des invendus, comme les poissons au marché quand j'était petit. Au moins la presse servira à quelque chose.
On apprend ce matin que le chef-cuistot de Libération a démissionné.

lundi 10 février 2014

Gold Meda(list)

La photo de sport, c'est quelque chose de très particulier. Ce n'est jamais évident de réussir des photos d'un sujet en déplacement rapide, ceci sans compter la dimension qui relève de l'imprévu et donc qui t'échappe totalement. 
Dans ces conditions, il faut être très pro pour réussir des photos nettes, bien cadrées et bien exposées. 3 critères que je réunis rarement sur une seule photo (si j'étais mieux payé, j'envisagerais peut-être de faire un effort en combattant ma médiocrité). La photo ci-contre représente le matériel emporté par les photographes de sport de Getty pour les Jeux Olympiques (Voir liste ci-dessous). À vrai dire, je suis très étonné. Moi je pensais que tout le monde travaillait au téléphone portable depuis longtemps, y compris à "Time Magazine". Mais il semble qu'on nous raconte des conneries sur internet ou que ces mecs de Getty ont raté le rendez-vous avec l'an 2 000. Fort heureusement, je ne me fais aucun souci, il y aura surement des esprits malins pour réaliser des reportages magnifiques au smartphone et animer ainsi superbement la guerre commerciale que se livrent Apple et Samsung (un peu comme MacDo et Quick). Avant il y avait sans doute des types pour faire des photos à la 20x25, mais il sont morts ou à la retraite j'imagine. Je me demande si les photographes russes ont des Zenith B numériques ?

Frozen Piglet

20 Canon 1Dx cameras
3 Canon 5DmkIII cameras
1 Canon EF 100mm f/2.8L IS USM Macro lens
2 Canon 14mm fisheye lenses
2 Canon 15mm fisheye lenses
5 Canon 16-35mm zoom lenses
7 Canon 200-400mm zoom lenses
2 Canon 200mm f/1.8 lenses
2 Canon 300mm f/2.8 lenses
2 Canon 300mm f/4 lenses
2 Canon 35mm f/1.4 lenses
2 Canon 50mm f/1.2 lenses
2 Canon 400mm f/2.8 lenses
8 Canon 500mm f/4 lenses
10 Canon 70-200mm f/2.8 lenses
7 Canon 8-15mm fisheye lenses
5 Canon 800mm f/5.6 lenses
2 Canon 85mm f/1.2 lenses
And a set of Tilt Shift lenses

vendredi 7 février 2014

Nachtwey à Bangkok



la Thaïlande, la plupart des gens s'en préoccupent surtout au moment de partir en vacances. Le reste du temps, ils s'en tamponnent. Ça fait un bail qu'un parfum de guerre civile règne dans ce pays étrange et pourtant tellement attachant. Il parait que c'est le pays du sourire, mais quand ça rigole plus, ça tire.
Bangkok, j'y suis passé une bonne dizaine de fois et j'adore cette ville. Sur ce petit film (qui doit être tourné par un thaï), c'est vers 2:30 qu'on voit James Nachtwey se faire soigner alors qu'il vient d'être légèrement blessé par un balle perdue. Dans une semaine, on aura le résultat du World Press 2014. Déjà les petits artisans de la connerie fourbissent leurs armes tapis dans l'ombre, prêts à descendre le choix du jury et le travail des photographes, comme chaque année. L'été prochain, ils partiront pour Koh Samui ou une autre destination du même genre si ça tire plus et que les pluies de mousson se tiennent tranquilles.

FP


mardi 14 janvier 2014

Taxi driver

Les taxis, c'est cher et on en trouve jamais quand on en a besoin. Un peu comme les photographes. Ouais ... Hier, justement j'en cherchais pas et j'en ai trouvé quand même. Si si ! Sur l'autoroute A1. Au moins 150 d'un coup. J'ai eu le temps de les observer vu que j'étais à l'arrêt, alors que j'avais rendez-vous pour une prise de vues à 100 km de là et que l'heure tournait. Le blocage de l'autoroute était bien orchestré et même encadré par la police nationale comme avec les moniteurs de colonie de vacances. Tout le monde avait le sourire (chez les chauffeurs de taxis je veux dire). Bon ceux qui passaient dans l'autre sens et qui prenaient des oeufs (normal pour des jaunes) et des pierres sur leur belle bagnole achetée à crédit un peu moins déjà. Certains se sont même arrêtés prêts à en découdre et là les flics ont détourné pudiquement le regard. À un moment j'ai eu la vague tentation d'attraper mon Nikon pour faire quelques photos et puis j'ai tourné la tête et j'ai pensé que avec cette histoire de reportage dans Closer, on va encore se faire bien voir du grand public. Ainsi va notre cher vieux pays, un peu xénophobe, un peu réactionnaire, un peu schizophrène, un peu con. 

Il faut dire que dans sa grande sagesse, le législateur a fait en sorte qu'un artisan qui paye à crédit sur 7 ans une licence de taxi 240 000 euros à Paris se retrouve en concurrence frontale avec un chauffeur de VTC auto entrepreneur en costard noir qui paye une autorisation administrative d'exercer à 180 euros. Mais surtout il a organisé une rente de situation pour des financiers qui louent à pris d'or des licences à des chauffeurs "free lance". Fort heureusement, ici aussi, de jeunes entrepreneurs innovants pleins de foutre et d'hormones ont décidé de mettre un grand coup de pied dans cette mécanique anachronique pour le bien-être des clients bien entendu (bah oui ! T'es con ou quoi ?). 

D'ailleurs, c'est très bien expliqué par Pierre-Yves Geoffard, professeur à l'École d'économie de Paris et directeur d'études à l'EHESS sur son blog de Libération (économie). C'est chouette de voir ces gars tellement intelligents dénoncer les turpitudes des lobbies corporatistes avec toujours les mêmes références inspirées de l'ultra-libéralisme et du rapport Attali et la même recommandation: Taboula Rasa ou l'heure de faire le grand ménage au Mr Propre a enfin sonné ! 

Frozen Piglet

"J'aime un pays pour la liberté d'expression
à condition que ça puisse rapporter des ronds
Tout est permis, de Jean-Marie à Khomeini 
Aussi tant pis à ceux qui croient à tout ce qu'on dit
J'aime un pays où tout le monde a la parole
Surtout les jeunes, qui aiment bien le Rock&Roll
Celui qui brille. Celui qui mousse et fait des bulles
Belle jeunesse qui rit quand on l'en ... ule
J'aurais préféré une chanson d'amour
Sans un mot déplacé tout en détours
Baignée d'insouciance et sourires en fleur
Mais j'ai comme un haut le coeur"

Kent (J'aime un pays 1990)



samedi 11 janvier 2014

Karaoké de l'information

Il y a 1 an, je postais sur la disparition probable du site "CitizenSide", cette plateforme contributive de "journalisme citoyen" alors en cessation de paiement. À cette époque, je doutais qu'il existe des repreneurs assez fous pour remettre des thunes dans un bastringue dont le montant des pertes était en gros équivalent au chiffre d'affaires en 2011 (346 000 euros de perte pour un chiffre d'affaires de 375 900 euros malgré l'appui de la plate-forme de vente de photos de l'AFP !). Hé bien Je me suis gouré ! Pourtant du point de vue strictement économique, n'importe quel entrepreneur éclaterait de rire et liquiderait la boite dans la seconde. Mais là non ! Il faut dire que l'AFP était dans le coup pour 34% du capital de CitizenSide aussi et ça, ça fait mauvais effet. Bon 34% de 1,8 million d'euros de pertes cumulées sur 5 ans, ça fait un peu cher le brevet de respectabilité. Mais après tout, c'est rien pour une agence de presse internationale qui est condamnée à verser 1,22 million de dollars à un seul photographe haïtien (sans compter que l'AFP a surement re-capitalisé au moins en partie un CitizenSide en faillite avant de céder sa participation). 

En se positionnant sur le marché de la photo comme sur celui des T-Shirts, des porte-clés ou des gadgets de fins de série, les petits diplômés des écoles de commerce de bas étage sont responsables de la naissance de 2 mythes fondateurs de leur petit business.

1/ Un amateur pourrait facilement gagner de l'argent en vendant ses photos et ses videos (Voir Fotolia et tous ses avatars). Quelque années après, on mesure le résultat de cette fumisterie. Beaucoup de naïveté et d'espoirs déçus, un peu de travail dissimulé et encore plus de délocalisations vers l'Europe de l'est. Les photos d'illustration low-cost sont désormais massivement produites dans des pays où le salaire minimum est à 300 euros ou moins. Non seulement cette activité n'a jamais créé le moindre emploi en France, mais en plus, elle a détruit tout un pan d'activité de la photographie professionnelle qui venait d'investir massivement dans le numérique. Juste retour des choses, ces banques d'images qui se sont multipliées comme des microbes sont à leur tour concurrencées par la masse de photos gratuites téléchargées par les pauvres cons. Ceci pour une raison simple: 0 euro, c'est encore moins cher que 1 euro.

2/ Le citoyen est un journaliste en puissance qui s'ignore. Lui révéler ce potentiel inexploité, c'est lui permettre d'accéder à la conscience et lui donner l'opportunité de la traduire en monnaie trébuchante. Sans compter l'assurance d'obtenir une information fiable et rapide et précise pour le bien de tous. Selon le même procédé, on tente de décrédibiliser le travail de professionnels de l'information pour y substituer la parole éclairée et les images pertinentes de témoins supposés objectifs alors que les journalistes ne sont que de pauvres nuls. Un des créateurs de CitizenSide n'a t-il pas déclaré: "Trop de journalistes sont suffisants et ne se remettent pas en question" (Ah ! la fameuse remise en question si chère au libéralisme échevelé !). Fort heureusement, la production de ces "journalistes-citoyens" est encadré par des journalistes professionnels pas suffisants du tout eux. Tenez-vous bien ces gens vérifient la véracité des faits rapportés notamment en étudiant les métadonnées des fichiers photos et par géolocalisation des sapins de Noël, quand c'est possible. Qu'est-ce qu'on rigole !

Tout cela n'est pas très grave puisqu'il en faut bien un qui se fasse baiser dans l'histoire. C'est même la loi du pseudo business gagnant-gagnant. Après, arriver à convaincre des professionnels de la presse de monter dans ce bateau qui coule alors que toutes les tentatives du même genre se sont soldées partout par des échecs cinglants, c'est ça de mon point de vue qui est assez balaize. Au final qu'est-ce qu'on voit ? Une boite soit disant super innovante qui revendique 100 000 membres dans 150 pays, un portefeuille de clients dans tous les secteurs des médias y compris à l'international et qui affiche le chiffre d'affaires d'une boulangerie de province avec des pertes abyssales.

C'est la filiale d'une société australienne d'investissements bien inspirée "NewZulu" qui a racheté CitizenSide en juillet 2013. C'est Xavier Gouyou-Beauchamps, énarque connecté de 77 ans et ancien dirigeant de France Télévision (1996), qui a été appelé pour présider cet Everest de l'information en route vers le succès 2.0. Bonne chance aux nouveaux actionnaires de cette magnifique entreprise qui rencontrera, n'en doutons pas le succès qu'elle mérite.

Frozen Piglet 




jeudi 9 janvier 2014

Mondo Dingo

LeMonde.fr n'a pas les moyens de se payer une photo de la place Beauveau. 
Dommage c'était un beau sujet !

FP

20Minutes aux chiottes

(Libe.fr)
Le premier quotidien de France vire ses photographes et cambriole les autres journaux.

FP

Mon conseil à 20Minutes. Utilisez un complément grand-angle sur le téléphone et vous n'aurez plus d'article à écrire non plus !

Ça selfie comme-ça



Le Nouvel Obs (où j'ai fait un passage éclair avant d'être lourdé par une psychopathe) est à vendre. Le Nouvel Observateur, c'est le premier hebdo d'infos générales français avec 500 000 exemplaires, 7 millions de pertes en 2013, malgré 9,3 millions d'aides à la presse. Autant dire que ce magazine est en faillite, mais cette fois-ci, on ne pourra pas incriminer les photographes comme à 20Minutes, y'en a pas (Pas de photographes mensualisés je veux dire, mais juste des petits pigistes qu'on siffle à l'occasion et les agences filaires habituelles). 
Dans ces conditions, il n'y a que des milliardaires qui peuvent être intéressés par une si belle affaire. Ça tombe bien, on en a 3 sous la main qui sont déjà aux manettes du quotidien "Le Monde" (2 millions de pertes en 2013 et 18,6 millions d'euros d'aides à la presse engloutis). Le projet est donc d'adosser les deux publications dans un ambitieux projet journalistique mariant 2 titres subclaquants. L'ambition, c'est pas ce qui étouffe les sites d'infos du net qui viennent de discourir pendant 8 jours sur le prix du demi-litre de lait dans le 6ème arrondissement et la sortie de piste de Shumacher (c'est pas à moi que ça arriverait, j'ai ma troisième étoile). Le truc c'est de savoir quand interviendra le plan de départ, avant ou après la cession de la majorité du capital (65% pour 13,4 millions d'euros). Car que ce soit dans le cas du Monde ou du Nouvel Observateur, c'est comme cela que ça se terminera (et pour les sites d'infos aussi d'ailleurs). Moi je m'en fous, je ne travaille ni pour l'un ni pour l'autre après tout. C'est juste que c'est curieux d'assister à la mise à mort à petit feu de la presse papier tout en écoutant le caquètement de sites internet sans intérêt et sans avenir.
Je vous souhaite pas bonne année, mais plutôt bonne chance, on va en avoir besoin.Je parle de ceux qui travaillent dans la presse.

Frozen Piglet

C'est tous les ans pareil. Chaque mois de janvier, je me prépare au pire et finalement, je m'en sors (jusqu'à quand ?).


lundi 23 décembre 2013

Vive Google Image

C'est pas le tout de vouloir rendre un hommage aux "grands hommes", juste pour se faire mousser. Encore faut-il disposer d'un cerveau en état de marche.
1ère photo (ci-contre) un chef d'entreprise indien a fait imprimer un faire-part sur vinyle pour annoncer la disparition de Nelson Mandela qu'il admirait tant. Le résultat est saisissant. Je dirais vive l'ascenseur social.
2ème photo (en dessous), un député kenyan a mis sa tronche à la place de celle de Mohamed Ali dans un montage foireux pour faire croire à ses électeurs qu'il était proche de Madiba. La grande classe. Le peuple kenyan est bien représenté. Il sera réelu.

Frozen Piglet

Moi je suis en photo avec Michou, mais je ne peux pas vous la montrer pour les raisons qui vous savez.

vendredi 20 décembre 2013

Royal au bar

Ce matin, comme tout le monde, j'ai entendu parler de ce bar breton de Locmiquélic qui se voit réclamer 9 000 euros par l'URSSAF pour travail dissimulé, sous le prétexte que les clients de l'établissement rapportent les verres de la salle au comptoir (9 000 euros, ça en fait des coups de cidre !). L'affaire est tellement grave que les patrons, ces dangereux délinquants se sont même retrouvés en garde à vue à la gendarmerie ! C'est vous dire si l'URSSAF a le sens de l'humour ...
Heureusement, ce n'est pas dans la presse qu'on verrait cela et encore moins dans le premier quotidien de France. Vous savez ce journal qui prétend supprimer son service photo rouillé qui date du moyen-âge et de la première croisade. Bien entendu, cela n'a aucun rapport ... Par exemple quand 20Minutes écrit sur son site: " 20Minutes vous envoie une mission sur votre smart-phone. Vous photographiez une scène qui correspond à la mission. Nous la recevons et si elle nous plait, nous vous versons via Scoopshot votre prime (de 2€ à 150 €) et nous la diffusons ", Ça n'est pas du tout du travail dissimulé avec un lien de subordination avéré. Ben non tu penses, c'est un cadeau, une récompense, une euh ... une prime de Noël à ses lecteurs ! ... Quelle idée ! Non non. Non mais ça c'est uniquement pour les patrons de bar en Bretagne. Pas de ça chez nous !
Je ne vois que 2 explications, les juristes de 20Minutes sont nuls, le patron de 20Minutes a séché les cours de HEC-Sciences-Po sur le Code du travail (article L8221-1, article L8221-3, article L8221-5) et sur le droit pénal des affaires. Peut-être qu'il était malade le pauvre. Un lendemain de week-end d'intégration difficile ?



Sur le site de 20Minutes


Que dit la loi ?
Une société, une personne physique ou morale, qui a recours au travail illégal directement ou par personne interposée, ou qui en fait la publicité, s'expose à des sanctions pénales et administratives. La personne qui a recours au travail dissimulé directement ou par personne interposée (pas la peine de dire que Scoopshot est le donneur d'ordre, ça marchera pas !), peut être condamnée jusqu'à 3 ans d'emprisonnement et 45 000 € d'amende (225 000 € s'il s'agit d'une personne morale).

Bonne chance et joyeux noël !

Frozen Piglet

Et puis promis en 2014, j'arrête d'écrire des conneries sur les bêtises d'André Gunthert sinon je serai plus jamais dans la timeline de Wilfrid Estève et ses 53.342 followers ... Enfin si j'étais photographe à 20Minutes ... mais après tout je le suis peut-être. Qui sait ?

jeudi 19 décembre 2013

la petite pythie

Vous le savez tous depuis le temps, j'adore les sombres prophéties de la petite pythie de la photo connectée de l'EHESS (et aussi lire vos commentaires bande de petits cochons !). Dommage car je suis persona non grata chez celui qui dispense son enseignement avec constance en se citant lui même. Je suis donc censuré systématiquement sur son site, bien que j'y sois cité parfois comme un très mauvais sujet ! On le sait, pour un chercheur, publier est une véritable obligation (obsession ?) pour tenter d'exister et être reconnu par ses pairs (et si possible par les médias). Mais à bien y regarder, c'est vraiment l'unique point commun avec le métier de photographe. Parce que pour le reste, j'ai rarement vu quelqu'un prétendant s'intéresser à la photographie afficher un tel mépris pour ceux dont c'est le métier de la faire vivre au quotidien. Dissertant sur le cas brûlant 20Minutes, Dédé a ainsi récemment déclaré doctement: "J'attends l'exemple qui démontrerait qu'une icono de qualité fait monter les ventes". Un must, surtout quand on parle d'un journal gratuit !

Il faut dire que la bonne parole vient de haut. Rendez vous compte, 20Minutes serait le premier canard à suivre l'exemplaire "Chicago Sun-Times" qui avait en son temps viré l'intégralité de son service photo (voir ici) pour le remplacer par des téléphones. Bon 6 mois après, tout le monde se fout de la gueule de l'éditeur au vu du résultat et de ce qui ressemble fort aujourd'hui à une catastrophe industrielle (mais ça André Gunthert ne risque pas de vous en parler, ça ne cadre pas avec ses thèses). À tel point que le journal US complètement dépassé par les évènements envisagerait de ré-engager au moins 4 des photographes qu'il a viré au mois de mai 2013. Ci-contre, 2 unes du "Chicago Tribune" et du "Chicago Sun Times" sur le même évènement (ils auraient pas viré les graphistes aussi au Sun-Times ?). De façon éhontée, au mois d'octobre, le Sun-Times n'avait même pas hésité à commercialiser (sous les huées) des tirages de photos d'exception réalisées par les photographes virés et appartenant aux archives de l'ancien service photo. Avec toutes ces initiatives avant-gardistes, le groupe de presse de Chicago s'est payé une magnifique campagne de pub mondiale gratuite, se faisant défoncer sur des myriades de sites d'infos, en perdant au passage des tas de lecteurs et sa crédibilité. Bon ok ! Mais pour une fois qu'un journal français comme 20Minutes est à la pointe du progrès, on va pas faire d'histoires quand même ! Hein petit bijou ?!

Frozen Piglet

Pour la seconde fois, la rédaction de 20Minutes est en grève.Bien sûr ! Les rédacteurs ont compris qu'ils sont les next on the list !

Publier sur ce blog est le seul moyen dont je dispose pour m'opposer modestement à un discours lénifiant qui justifie tous les actes putrides par de supposées évidences. Je parle de celles qui donnent quitus à des mecs qui se considèrent eux comme indispensables et qui envisagent les autres comme une simple variable d'ajustement. Ceux dont la pensée fulgurante coule tel un fleuve argenté, sous les applaudissements du marché, de quelques groupies et de journalistes bidons. 

vendredi 13 décembre 2013

L'herbe du diable et la petite fumée

Peu de gens le savent finalement, le premier quotidien français par sa diffusion est "20Minutes", ce fleuron de la presse gratuite. Ce "journal" est financé à 100% par la publicité, sauf pour ses pertes qui sont elles financées par l'opération du Saint-Esprit. C'est vous dire, dans quelle misère est la presse en France. Ce matin, on apprend que le premier quotidien d'infos générales de France a décidé de virer en bloc tout son service photo. Comme on les comprend ces braves gens ... Heu c'est un peu la Mode en ce moment et quand on a pas d'idées, on suit la tendance qui ne se trompe jamais ! 13 postes sont donc supprimés, dont 7 de photo-journalistes, basés à Paris et en province. Ce n'est pas vraiment une surprise puisque le PDG de 20Minutes avait déclaré à son arrivée en septembre 2012 ne pas comprendre pourquoi ce journal disposait d'un service photo (et un PDG ? Ça sert à quoi ducon ?). C'est dans un souci d'économie et dans le cadre d'un "plan de sauvegarde de l'emploi" que cette suppression intervient (sauvegarde, ça veut dire "la porte" en langage MEDEF). Alors bien sûr, dans un immense élan de solidarité confraternelle, ce sont les rédacteurs qui désormais se chargeront sans trop se faire prier d'illustrer les articles. Les photos de l'AFP et des autres agences de presse venant en complément dans le cadre d'abonnements au forfait, genre 13 à la douzaine.
Ce ne sera sans doute pas suffisant puisque la direction de 20Minutes souhaite s'appuyer en outre sur l'application smartphone gratuite "Scoopshot" qui permet d'utiliser des photos de particuliers. Scoopshot dont voici la présentation sur iTunes:
"Grâce à Scoopshot, tu gagnes de l’argent tout en accédant à la célébrité avec les photos de ton smartphone. Vends tes photos et fais-les publier. les meilleurs Scoopshooteurs ont déjà gagné des milliers de dollars en décrochant la une des journaux ! ".
C'est pas Dieu possible !! Et les vilains photographes professionnels, ces petites crevures avec leurs gros zooms voudraient nous empêcher de profiter de cette aubaine Wharolienne ?!! Mais dans quel monde on vit, je vous le demande ? En plus ça tombe vraiment bien, parce que 20Minutes, le premier quotidien de France est partenaire exclusif de Scoopshot en France et que nous aussi, on en veut des dollars, des scoops et de la célébrité ! 
Voici un extrait de ce qu'on peut lire sur le site de 20Minutes:
"Vous avez l'opportunité de gagner un peu d'argent et beaucoup de visibilité pour vos photos prises sur votre portable. Le principe est simple: 20Minutes vous envoie une mission photo sur votre smartphone, vous photographiez une scène qui correspond à votre mission. Si elle nous plaît, nous vous versons une prime via Scoopshot et nous la diffusons dans le journal papier et sur notre site". 
Exemple:
"20Minutes recherche pour son site "Se Coacher" des photos originales, prises via Scoopshot, pour illustrer un dossier sur le sevrage tabagique. Soyez inventifs !"
Bon là, on est dans le sublime, le pénal et le travail dissimulé organisé avec lien de subordination (*) en même temps, mais qu'importe ! Puisque c'est pour le bien commun ! Bah oui ! ils vont arrêter de fumer les chômeurs ! Mais t'es con ou quoi ??

Frozen Piglet

(*) je vais développer ce point précis un peu plus tard.

"La théorie de la concurrence des amateurs (est) très répandue dans le monde de la photographie pour expliquer les difficultés de la profession. (...) Elaborée sur le mode de la rumeur, elle ne s'est pas moins imposée comme une évidence et fait partie des idées reçues (...)". André Gunthert sur l'Atelier des icônes




jeudi 12 décembre 2013

Retour vers le futur antérieur


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résultat garanti !
(promo de Noël)

J'aime vraiment beaucoup entendre les petits darwiniens de mes deux disserter sur l'évolution des métiers dans notre monde tellement moderne où la fonction est supposée créer l'organe (est-ce grâce au sperme numérique de Michel Onfray ?). C'est vrai, on passe toujours un agréable moment à les lire ou à (faire semblant de) les écouter. J'ai travaillé avec quelques centaines d'entreprises et c'est toujours très instructif d'entendre un mec qui a fait une, deux, voire trois ou quatre boites différentes dans sa vie professionnelle (en comptant son stage de 3ème), m'expliquer pourquoi moi, je suis toujours à côté de la plaque. Bien sûr, avec le net, tout un tas de métiers, dont le mien sont en train de basculer vers autre chose, mais quoi ? Ceux qui s'estiment capables de dire une seule chose de pertinente à ce sujet n'ont qu'à m'écrire. En ce qui concerne l'information, ce que j'en ai vu, c'est globalement un résultat assez effrayant. Tout le monde a parié sur une métamorphose et on assiste juste à un effondrement où la presse écrite doit survivre en étant exclusivement à la merci des annonceurs et sous perfusion de l'argent public pour finir ses fins de mois. Des canards se rendent seulement maintenant compte de la méga connerie qui les a fait passer direct du papier au "tout numérique" gratuit et certains tentent même un come back désespéré comme NEWSWEEK (le seul magazine américain dans lequel j'ai fait une double, mais de là à voir un lien de cause à effet ...). Rendez-vous compte que ce magazine version print est passé brutalement de 1,5 millions de lecteurs en 2010 à 0, grâce à la clairvoyance de ses éditeurs (3 en 2 ans). Aujourd'hui, il est question de le relancer sous cette formule pour atteindre 100 000 ex si tout va bien ! On dira ce qu'on voudra, quand je vois sur le Monde.fr, un article sur l'emploi dans le BTP en Europe plein de fautes et illustré par une photo de chantier prise en Chine, je n'arrive pas à m'y faire et à penser que c'est cela la solution à la crise de la presse. Attention ! Cette semaine, FlickR est au bord du dépôt de bilan. Suite à la grève des journalistes de Rue89, le nombre d'images FlickR gratos utilisées sur le net s'est effondré. Figurez-vous que ces mecs ne supportent pas de voir leur nom associé à celui de leur proprio: Le Nouvel Observateur qui les a racheté pourtant pour 7,5 millions d'euros (j'aurais pas foutu cent balles dans ce bastringue). En même temps, je les comprends un peu, je ne voudrais pas voir mon proprio mettre son nom sur ma boite aux lettres ... 

Frozen Piglet


"Puisque rien d'autre ne fonctionne, autant essayer quelque chose de vraiment nouveau
Ça, je vous signale juste que c'est le slogan des nouveaux électeurs décomplexés du Front National ... Je dis ça, je dis rien.

samedi 7 décembre 2013

Super Héros




La destinée des super héros est sans doute immense, mais un peu moins sur la fin, quand ils atterrissent. Après tout, un simple mortel ne peut pas devenir impunément une icône de l'humanité toute entière. C'est comme-ça. Tout le monde ne peut pas non plus avoir la chance de mourir dans la misère, seul et oublié de tous. Jusqu'aux derniers instants et encore plus au crépuscule de sa vie (on a plus de temps à perdre), le super héros est agité aux yeux du monde tel un polichinelle aux yeux las. Pour quoi faire ? Mais pour l'image voyons ... Pas la sienne (il est déjà rentré dans l'histoire), celle des autres bien sûr ! Attention, tout le monde n'aura pas la chance de pouvoir dire: "Je l'ai rencontré en personne !". Les places sont chères, il faut faire la queue ! Mais ceux qui pourront s'en vanter auront la photo encadrée dans leur bureau pour frimer et ils garderont à jamais le souvenir de cet instant d'éternité. Sans compter qu'ils pourront venir en parler à la télé, à la radio et dans les journaux ! On les a vu avec Jean-Paul II, on les a vu avec l'abbé Pierre ou avec mère Thérésa, on les a vu avec Nelson Mandela. Certains n'hésitaient pas à lui foutre des coups de "flash téléphonique" en pleine poire à "Madiba". Le pauvre, on le voyait cligner longuement des yeux comme un vieux lion très fatigué dans un cirque de seconde zone. Oui mais t'imagines le fond d'écran sur le smartphone et la page Facebook après aussi ? Putain la classe ! Il y a aussi les morts ou les mourants (comme Khadafi ou Mitterand par exemple) mais c'est moins bien quand-même. En même temps, si on les empaillait, on pourrait ouvrir un petit commerce et créer des emplois. Bien sûr, l'idéal, c'est quand ils bougent encore un peu les super héros. Next on the list ? Ben je sais pas, le Dalaï Lama au pif avec ses petites écharpes blanches ?

Frozen Piglet








vendredi 6 décembre 2013

Yan Morvan au Salon de la Photo




Le salon de la Photo, j'y fous jamais les pieds. Je dois être un peu con parce que je pourrais y écouter ce genre de type. Le genre qui me plait et qui me fait regretter d'être juste un petit photographe de merde qui envie des mecs qui vont au bout. Finalement, dans tous les métiers comme le notre, il y a des gens clairvoyants et talentueux et puis les autres.Tous les autres.

FP


mardi 3 décembre 2013

Terra incognita



Incognito: Situation de quelqu'un qui veut cacher son identité (You can read it from the Larousse).
Les mots ont un sens que semblent ignorer aujourd'hui nombre de journalistes. Il faut dire que le temps est loin où un dictionnaire figurait encore en bonne place sur le bureau des rédacteurs et qu'ils ne confondaient pas le futur avec le conditionnel. À cette époque, ils craignaient les foudres des secrétaires de rédaction ou une petite fessée des correcteurs qui savaient parfaitement de quoi ils parlaient (ils sont tous au cimetière des métiers inutiles ou disparus). À leur décharge, il faut quand même ajouter que lorsqu'il s'agit des hautes sphères de l'Etat, les mots se mettent curieusement à déroger au sens commun. À chaque élection, les élus regagnent leur "fief" pour attendre les résultats par exemple.
Mais dans le cas de "Hollande incognito", cela veut juste dire qu'il n'y a ni les caméras, ni les appareils photo brandis par la meute qui l'accompagne en le précédant, partout où il va. Bien entendu, pas de journalistes ne veut en aucun cas dire pas d'images. L'image connectée pas forcément moins bonne que celles des professionnels (chère à AG) est partout présente et diffusée dans tous les médias français aussitôt "récupérée" comme un document exclusif. Incroyable. Je vais vous dire, les communicants de l'Elysée ne s'y attendait absolument pas. Tout le monde est d'ailleurs tellement surpris que strictement personne n'a jugé utile de préciser l'objet de cette association "Aire de Famille". Mais on s'en tape non ?

Frozen Piglet

Des images qui viennent "contraster" (je cite) avec "les photos officielles habituelles". Quelle rigolade ...

vendredi 29 novembre 2013

La petite maison dans la prairie





Faute de rentabilité et avec le temps, les sites d'infos adossés à des publications print sont devenus juste des petites filiales Low-Cost d'entreprises de presse subclaquantes en pleine déconfiture. Si ce doit être une révolution numérique, elle passera d'abord par un champs de ruines sur lequel, il faudra essayer de tout reconstruire en partant de zéro ou presque. Imaginons un seul instant que les aides à la presse s'arrêtent aujourd'hui et c'est l'intégralité de la presse quotidienne et d'opinion qui passe à la trappe. 
Il y a une semaine, le site Rue89 a publié un papier se foutant ouvertement de la gueule de l'Express pour sa couverture ringarde illustrée par une photo de stock à 5 dollars (C'est là). Passons sur le fait que Rue89 soit une filiale du Nouvel Observateur, dont la culture de l'image est inexistante (et qui est en concurrence frontale avec l'Express). Car la concurrence existe aussi entre le web et le print, entre la jeune génération qui se vante de posséder des compétences multimédias mais ne maitrise pas l'orthographe de base et les journalistes old school en gilet de sauvetage. Ce qui est plus difficile à avaler, c'est que Rue89 vienne donner des leçons sur le choix iconographique d'un titre alors que ce site pratique en la matière la politique de la terre brûlée depuis des années. Vous pouvez relire ce que j'avais écrit à ce sujet, dans un post intitulé "À la rue89". Ce qui est marrant d'ailleurs, c'est que Rue89 semble éviter soigneusement les bonnes photos sur FlickR (elles existent et sont nombreuses) pour choisir lors de ses petites courses, des photos médiocres, ringardes la plupart du temps et réalisées par des étrangers exclusivement. Sans doute une politique concertée pour se protéger des teigneux grâce à la barrière de la langue et à l'éloignement.

Normalement dans le journalisme, la légende vient à l'appui de la photo illustrant un article selon les bons vieux préceptes: qui, où, quand, comment, pourquoi ... où ce genre de trucs. Ça parait assez logique, mais ça c'était avant. Avant que les artisans de la connerie investissent massivement les nouveaux médias et donnent aux lecteurs de la presse gratuite ce qu'ils méritent. Un site comme Rue89 (au hasard) fonctionne  sous contrat avec des photos d'agences filaires (AFP, Reuters ...). Ça c'est pour l'info. Pour le tout venant, on se sert sur FlickR et on fait dans la "légende descriptive" comme pour la photo (utilisée pour illustrer le métier de chargé de com) qui figure ci-contre:
légende circonstanciée rédigée par Rue89 et son arpette: "un crayon et un carnet". Sans  déconner ?
La légende descriptive, c'est cela. On décrit ce que l'on voit sur la photo (ou ce que l'on croit voir) de façon lapidaire sans aucun espoir de faire coller la photo (même avec un chausse-pied) au texte qu'elle est censée illustrer.

Dans certains cas, la légende descriptive va même décrire quelque chose qui n'existe pas dans l'image. Mais faut comprendre, c'est gratuit, alors on s'en fout. Egalement très prisée sur le site d'infos, la photo de valise (en carton) véritable passe-partout iconographique sert à la fois à illustrer un article sur les Jeux Olympiques, sur Mohamed Merah ou sur l'immigration illégale. Cool non ?
Rue 89 est bon prince et laisse toujours un petit message pour se couvr ... Heu ! pour féliciter l'auteur de l'oeuvre en question. C'est bien la moindre des choses pour un site non commercial qui a été vendu 7,5 millions d'euros au Nouvel Observateur. Non ?
Les sites dit "d'infos" ont beaucoup d'humour. Par exemple quand ils illustrent des articles sur les difficultés du photo-journalisme en pompant des photos sur FlickR, c'est pas de la provocation. Non non ...  C'est de l'humour ! Le second degré, nous les photographes, on est un peu hermétiques. Faut comprendre. Dans l'ensemble on sait à peine lire et on sait pas dessiner. Alors t'imagine le second degré ...  et je parle même pas du troisième. On sait que ça existe, on en a entendu parler, mais on l'a jamais rencontré personnellement ...















Unhindered by Talent/Flickr/CC

C'est pour ça que quand Rue89 prend cette photo pour illustrer un article sur les règles douloureuses (les filles apprécieront), on explore une nouvelle dimension. D'autres ils auraient pris une tof de fille se tenant le ventre l'air crispé sur Fotolia pour 0,14€. Mais chez Rue89, nan. Chez Rue89, on prend des risques. Le mec, il a tapé règles dans le moteur de recherche de FlickR et hop voilà ce qui est sorti. Ça tombe bien parce que une photo de tampon usagé, ce serait moins graphique dans l'ensemble. Mais en cherchant bien, ça doit exister non ?

Frozen Piglet