lundi 12 octobre 2020

Combien gagne un photographe ?

Annonce Pôle emploi / octobre 2020


Juste à l'heure où NIKON vient d'annoncer l'arrêt de la production du F6, l'idée selon laquelle les photographes pro se sont goinfrés pendant des décennies à l'époque de l'argentique est encore assez largement répandue chez les imbéciles. Heureusement, depuis que le numérique est la solution à tous les problèmes, le vulgum pecus peut accéder librement et sans frais (selon lui) à la reproduction d'une réalité étriquée et sans relief, au travers du capteur minuscule de son smartphone dont il est l'esclave débile. Il peut ainsi se constituer son petit panthéon photographique personnel en regardant le monde à travers un écran de minus.

Mais combien gagne un photographe de métier aujourd'hui, s'il en reste quelques uns ? Ça c'est la question qui travaille les mecs qui aimeraient bien le devenir. Ce serait tellement facile avec le numérique qui permet à n'importe qui de faire des bonnes photos en gagnant plein de fric.

Eh bien, j'écoutais le fameux reporter de guerre Patrick Chauvel sur Franceinfo (Prix Bayeux-Calvados), parler des conditions dans les lesquelles il avait travaillé sur la chute de Baghouz en Syrie. Au delà du talent et de la destinée inouïe de ce type de 71 ans qui continue à arpenter les pays en guerre encore aujourd'hui, après 50 ans de carrière, on remarque sa lucidité implacable, quand il expose en 7 minutes le naufrage du reportage de guerre:

Mandaté par Paris-Match, il est payé 5000 euros pour ce travail qui se transforment en 3 800 euros une fois payées les cotisations sociales (appelées improprement charges pour culpabiliser les salariés), puis en 800 euros une fois payés les frais de reportage en Syrie (Hôtels de luxe et repas gastro midi et soir). Résultat net: 800 euros pour 6 semaines de travail. Moins de 20 euros par journée de travail avec énorme prise de risques. Alors pourquoi continuer dans ces conditions ? Je le sais depuis toujours. L'argent n'est pas un moteur ou un argument comptable pour les vrais photographes de conviction, qui pratiquent ce métier dans le but de témoigner. Ils sont souvent talentueux, donc rares et pas chers. Ce qui n'est pas le moindre des paradoxes. D'ailleurs la plupart des gens qui exercent le métier de photographe comme-moi, n'auront qu'une destinée minable qui ne laissera aucune trace, comparé à eux. Nous sommes pourtant, je l'affirme, à l'aube d'un nouvel âge d'or du photo journalisme. Tout simplement parce que la liquéfaction de l'état face aux problèmes de notre temps va engendrer un certain nombre de conséquences fâcheuses, à court terme, qui seront propices à l'exercice de notre métier.

Pourtant, je gagne plus que Patrick Chauvel (sur 6 semaines, c'est pas difficile), mais ça me fait une belle jambe et qu'est-ce que je me fais chier parfois. Pas tant dans mon travail, qu'en lisant les échanges surréalistes de gens qui se disent du métier et qui ergotent pendant des heures sur le statut d'auteur, les prélèvements de l'URSAFF, les cessions de droits, les contrats et les durées d'utilisation d'images à priori sans grand intérêt. 

Dans la presse, cela fait longtemps qu'on en est plus là. Et il faut se lever de bonne heure pour se faire payer la moindre ré-utilisation de ses photos et même se faire payer tout court. Les éditeurs de presse considèrent que payer une fois, c'est payer pour toutes les fois. Et quand ils se conforment à la loi, qu'ils payent les collaborations en salaire et signent un accord collectif sur les repasses, c'est un miracle et c'est qu'on est à Lourdes. Ici, "Paye ta Pige", vous pouvez trouver quelques exemples édifiants sur les tarifs couramment constatés dans le secteur de la presse et encore, on ne parle pas des délais de paiement. Pour ma part, je vais m'avancer un peu, je considère que travailler à moins de 300€ bruts en salaire prix ultra plancher (ce qui correspond à 450€ environ pour les autres modes de règlement des statuts pourris) sur une prise de vue qui va t'occuper une journée et plus avec la post-prod, relève du suicide professionnel. Même si sur une collaboration de longue durée et c'est très pénible à dire, il faut toujours prendre en compte le volume de travail effectué dans l'année. Mais on ne travaille pas à l'heure ! Malheureusement, pour beaucoup de photographes sans expérience, la rémunération est considérée comme un problème secondaire et non prioritaire. Si assez rapidement, ils ne sont plus là pour en parler en grandissant un peu, il en arrive de nouveaux tous les jours qui entretiennent la spirale infernale. Même s'ils sont nuls, il maintiennent par procuration un forme de pression sur les tarifs qui ne veulent plus rien dire. 

Alors, tu veux toujours devenir photographe pauvre con ?

Frozen Piglet






mercredi 23 septembre 2020

0 avis client





Des photographes, il y en a des tas, même des vrais. Mais bien peu peuvent se vanter de vivre de leur métier aujourd'hui (à part moi je veux dire). Ceux qui ont un don peuvent cartonner et se faire des salaires de ministres (comme moi, mais je veux pas étaler non plus). 
Certains sont talentueux, se prennent pour des artistes, mais ne savent pas se vendre (ils font leurs courses chez LIDL). D'autres sont mauvais comme des cochons, mais ils savent gérer le côté commercial et négocier leur salade comme pas un, ils finiront à la FIAC avec un peu de chance. La dernière catégorie est constitué de l'immense majorité (*) de ceux qui sont des billes en photo et qui en plus sont des piètres vendeurs (hein ? Qui a dit des amateurs ??). Et pour eux, c'est très dur. Les pauvres. Que celui qui n'a jamais foiré une prise de vues leur jette la première pierre. Sauf s'ils font des désaturations partielles auquel cas, ils faut les lapider.

Mais au total, la photographie professionnelle sous toutes ses formes draine encore quelques derniers picaillons compte tenu du fait que remplacer des illustrations de qualité  par des images merdiques, quand on mène un projet un tant soit peu sérieux, est un mauvais calcul (hein ? Bah si ! T'es con ou quoi ?). Sauf pour les crétins évidemment qui pensent "qu'une photo reste une photo et que celle qui est gratuite reste donc la meilleure". C'est sans doute pour cela qu'une horde de roquets baveux sont à ses basques en tentant de faire croire que sans eux, rien ne peut exister. Et que je me retrouve avec 48h00 pour faire une prise de vues alors que cela fait 2 mois que le sujet est sur la table et qu'il faudra me payer !!! T'as compris pauvre buse ?

Oui, comme les livreurs de pizza en carton et de hamburgers en plastique, l'inénarrable MEERO a fait des petits et on ne compte plus les "market places" qui jouent les intermédiaires de mes deux et qui pullulent dans les pubs Facebook: Shooder, Ocus, Utopix, Lense, Ooshot, Coworkees, Konfian, Photopresta, Wideop, Malt, Upwork, Welenz, Myphotoagency, autant d'opérateurs opportunistes qui espèrent que la levée de fonds complètement folle de MEERO peut se reproduire par miracle. Prions pour eux mes frères, pour qu'ils soient rachetés avant la liquidation au tribunal de commerce. Hein oui ! La croissance externe qu'on appelle ça ...

Certains élargissent même leur offre de services à tous les "meilleurs Freelance" de la planète. À peine sortis de leur club de start-up junior d'école de commerce, à peine la version beta de leur site mise en ligne, qu'ils se revendiquent déjà d'une communauté de dizaines de milliers de membres actifs et de 23 abonnés sur leur page Instagram. D'ailleurs leurs photographes sont tellement bons que la page de présentation de ces plateformes est souvent luxueusement illustrée de photos de microstocks, genre Adode-Fotolia. Un rapide tour sur Tineye le confirme. Quand on passe sur les galeries des mecs, on a les yeux qui se mettent à saigner. Faut dire qu'à 100 euros les 50 photos retouchées aussi, on va pas demander du Helmut Newton non plus !

Mais ce n'est qu'un détail pour ces gens qui prétendent révolutionner l'offre photographique auprès de leurs clients qui sont potentiellement des millions et des millions ! Mieux ils proposent de décharger les photographes de toutes les tâches ingrates et libérer ainsi leur créativité. La post prod ? Ils la confieront à un système inédit d'intelligence artificielle ultra-performant (comme dans Robocop mais mieux). Quand je pense que je me fais chier pendant des heures à peaufiner mes tofs avec mes petites mains gercées, je dois être un peu con. D'autres proposent même le paiement de la mission 72 heures après. Alors là les gars, je m'incline. Vous êtes génies. Moi qui suis payé à parution fin de mois, y compris quand la dite parution arrive 6 mois après, je reconnais ma défaite. Je peux pas lutter. 

Non mais c'est eux qui ont raison. Qu'importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse. D'ailleurs 10 centimes du kilomètre et 30 euros la prise de vues, c'est pas mal. Hein les gars ?

Tu veux toujours être photographe pauvre con ?


Frozen Piglet

(*) Si t'as encore un doute, vas faire un tour sur les galeries des mecs qui sont sur Nikon.fr

NB: si vous voulez avoir une analyse fine sur l'aspect légal, le mieux est d'aller voir "ici " sur le site de l'avocate Joelle Verbrugge. Je dis ça je dis rien.


 Les médias signataires de l’appel : 
Alliance de la presse d’information générale
, BFMTV, Canal+, Challenges, Charlie Hebdo, CNews, Courrier international, Europe 1, France Télévisions, L’Alsace, L’Angérien libre, L’Avenir de l’Artois, L’Echo de l’Ouest, L’Echo de la Lys, L’Equipe, L’Essor savoyard, L’Est-Eclair, L’Est républicain, L’Express, L’Hebdo de Charente-Maritime, L’Humanité, L’Humanité Dimanche, L’Indicateur des Flandres, L’Informateur Corse nouvelle, L’Obs, L’Opinion, L’Union, La Charente libre, La Croix, La Dépêche du Midi, La Nouvelle République, La Renaissance du Loir-et-Cher, La Renaissance lochoise, La Savoie, La Semaine dans le Boulonnais, La Tribune républicaine, La Vie, La Vie corrézienne, La Voix du Nord, Le Bien public, Le Canard enchaîné, Le Courrier français, Le Courrier de Gironde, Le Courrier de Guadeloupe, Le Courrier de l’Ouest, Le Courrier picard, Le Dauphiné libéré, Le Figaro, Le Journal d’ici, Le Journal des Flandres, Le Journal du dimanche, Le Journal du Médoc, Le Journal de Montreuil, Le Journal de Saône-et-Loire, Le Maine libre, Le Messager, Le Monde, Le Parisien, Le Pays gessien, Le Phare dunkerquois, Le Point, Le Progrès, Le Républicain lorrain, Le Réveil de Berck, Le Semeur hebdo, Le Télégramme, Les Dernières Nouvelles d’Alsace, Les Echos, Les Echos du Touquet, LCI, Libération, Libération Champagne, M6, Marianne, Midi libre, Monaco Matin, Nice Matin, Nord Eclair, Nord Littoral, Ouest France, Paris Match, Paris Normandie, Presse Océan, Radio France, RMC, RTL, Sud Ouest, Télérama, TF1, Var Matin, Vosges Matin.

mardi 8 septembre 2020

Tout nu et tout bronzé

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Le vol, cela n'arrive qu'aux autres, c'est bien connu. D'ailleurs, Il y a bien eu 3 cambriolages en 15 jours dans l'immeuble que j'habite au mois de mai, et c'était pas chez moi. Faut dire que lemecs le savent aussi que je dors avec une batte à portée de la main, dédiée entièrement à leur service. Ben ouais je ne connais même pas les règles de ce jeu, le Base Ball. Par contre je sais dire bonjour à coups de batte à un mec qui pénètre chez moi sans y avoir été invité.

Même si ma porte est blindée et que j'ai des barreaux aux fenêtres, j'ai quand même posé une caméra dans l'entrée pour filmer en HD les inconscients qui pourraient s'aventurer à rentrer sans la clé. Comme-ça on gardera un bon souvenir de notre rencontre. Enfin, surtout moi. Faut s'y faire, en vieillissant, on devient réac et on se met à lire Laurent Obertone.

Des photographes qui se sont fait tout piquer, j'en connais plein. La plupart du temps, le vol a eu lieu dans le coffre d'une voiture, dans le train, dans une pièce fermée à clé, "où vous pouvez laisser votre matériel, ça ne risque rien" ... Bien entendu, c'est pas le connard qui t'a dit cela qui va payer, vu que globalement il en a rien à foutre. Parfois on se demande même si il n'est pas dans le coup. Il y a aussi les idiots qui mettent leur matos en soute dans les avions. On le voit bien au rayons X. Je le sais, j'ai fait un reportage sur le tri des bagages à Orly. À l'arrivée, ils s'étonnent de ne pas le retrouver. C'est des idiots. 

Moi-même, j'ai retrouvé ma valise de flashs sur la banquette arrière de ma voiture fracturée dans le parking de la Gare de Lyon (je l'avais mise dans le coffre pourtant). Finalement, le fils de pute l'a laissée. Trop lourde sans doute ou bien il a été dérangé. Mais beaucoup de photographes n'ont pas eu ma chance. Après, ils n'ont plus qu'à publier les numéros de série sur les forums. T'as qu'à croire ...

Alors je vais vous dire. Il y a une règle irréfragable: En prise de vues à l'extérieur, on ne se sépare jamais de son matériel de prise de vues et ce quelles que soient les circonstances, même pour la pause pipi (bon sous la menace d'une arme, heu ... on peux discuter, on est pas des bêtes). En la matière, ce n'est pas aux autres de te dicter ta conduite. Tu sais, ceux qui te disent une fois que le mal est fait: "Bien entendu, vous êtes assuré ??". Bien sûr pauvre buse et ta connerie ? Elle est classée à l'inventaire des monuments historiques ta connerie ? Ceux qui travaillent en studio ? Eh ben, ils installent une armoire blindée et scellée dans le mur, surtout s'ils n'habitent pas sur place. Bien entendu, on évite de laisser trainer les outils pour la forcer à quelques mètres de là. Tout le reste, c'est de la merde en tube, les contrats d'assurance inclus. Hein ? Qu'est-ce qui y a que t'as pas compris ??

Frozen Piglet 





samedi 29 août 2020

SmartPhone Academy




Je me souviens d'une époque pas si lointaine où l'on mettait en accusation les photojournalistes qui documentaient les situations de guerre et de catastrophes pour "non assistance à personne en danger". Rendez-vous compte, on leur reprochait même de "faire de l'argent sur le dos des victimes". Aujourd'hui, les massacres de personnes se déroulent en direct filmés par des téléphones tenus par des gens qui commentent la scène sans une once d'empathie. Si en plus ils peuvent se faire un gros billet, ce sera parfait ! Alors tous photojournalistes ? comme dit TÉLÉRAMA dans son article annuel sur VISA pour l'image ? Je ne l'ai même pas lu l'article, parce que j'en ai rien à foutre de l'opinion de ce journal sur mon métier. Mais de mon point de vue, la question est vite répondue. Faudrait juste savoir s'il est mort (*) ou si c'est encore une option supplémentaire destinée aux abonnés des réseaux sociaux à choisir entre médecin épidémiologique, diplômé de l'université FaceBook, Spécialiste des libres médias alternatifs, Visionnaire du 21ème siècle ou je ne sais quoi d'autre.
Néanmoins la nouvelle économie, avatar de la mondialisation est assez simple à définir. C'est l'ensemble des dérégulations et des "assouplissements" successifs qui ont menés à ce qu'un avion de ligne, avec 375 passagers et un équipage, soit piloté par un auto-entrepreneur sans que personne ne bouge un poil de cul. Un avantage toutefois, les hôtesses de l'air de la compagnie, elles, n'auront pas besoin de changer de statut pour montrer leur chatte sur "Onlyfans" (en échange de 5 euros), pendant les escales. Et puis même sans moteurs, le zinc peut planer pendant 150km avant de euh ... de s'écraser. S'il y a des survivants, ils seront soignés par des intérimaires qui ne toucheront pas la prime covid promise par MACRON. Ben ouais t'es con ou quoi ? Tu croyais que t'allais avoir quoi avec ton petit billet à 37€ et ton supplément bagage de mes deux ? Bon heureusement, ce monde nouveau apporte aussi son lot de consolation, comme les cadeaux BONUX qu'on peut fabriquer avec les imprimantes 3D "Made in China" par exemple. Ou bien la possibilité de se faire livrer son burger par un afghan mineur qui loue un compte Deliveroo à un minable. Ceci est bien sûr sans compter le média Facebook et ses fourches caudines aléatoires devenu en quelques années, la principale source d'information gratuite pour 2,7 milliards d'individus très au fait de l'actualité. Y pas à dire le nouveau monde a du bon. Pas vrai les mecs ? Bon ben bonne rentrée pour ceux qui ont encore un peu de boulot et bonne sortie pour les autres avec ou sans masque.

Frozen Piglet

(*) Comme annoncé chaque année depuis au moins 10 ans par le même TÉLÉRAMA

mardi 16 juin 2020

Le Fantôme de la Liberté

Souvent dans les manifs, leur terrain de jeu favori, je croise les fameux (surtout dans leur quartier) "Médias Libres et Indépendants". Ça, ça veut dire qu'il n'ont pas un thune et pas de carte, mais qu'ils se la racontent avec un brassard presse. Presse sur laquelle ils passent leur temps à chier d'ailleurs. Ils sont souvent habillés en noir et se saluent entre eux avec un air de connivence de mecs initiés qui sont aware comme dirait Jean-Claude VD. d'ailleurs, ils ont beaucoup bourlingué comme Jean-Claude VD (encore), mais ils n'arrivent pas encore à faire le grand écart entre deux dossiers de chaise comme-lui. Même s'il existe quelques rares exceptions (Si !), ce sont pour la plupart des branleurs qui font juste un léger bruit. Ces "citoyens reporters" sont du club des guignols qui pensent faire du journalisme de voltigeur, alors qu'ils postent des images tremblotantes sur Facebook (en direct) avec leurs commentaires affligeants de bêtise et un casque de skateboard. Ils ne savent ni filmer, ni écrire, ni commenter, ni faire quoi que ce soit qui ressemble un tant soit peu aux bases d'une réflexion, avec un début de pensée structurée. Par contre, ils demandent qu'on leur file du pognon pour financer leur grand projet. En fait, la seule chose qui les obsède, c'est de révéler au monde incrédule (un peu comme dans les envahisseurs avec David Vincent) que les informations débitées au kilomètre par les médias mainstream vendues aux puissances de l'argent, ne sont qu'un ramassis de stupidités destinées à tromper tout le monde (t'attends quoi pour dire stop ?). L'ennui c'est que leur production, c'est de la merde et que leur militantisme de pseudo gauchiste plaquée sur leur nullité ne les excuse pas non plus. S'ils se bornaient à faire leur petite télé dans leur coin, cela ne poserait pas de problème, mais non seulement ils sont mauvais, mais en plus ils sont bouffis d'orgueil et arrogants.

Pas de bol pour eux, les flics ne sont pas tous des tueurs. Cependant, il arrive qu'ils s'énervent un peu ou même beaucoup, quand ils viennent de passer 2 heures à se prendre des bouteilles et des pavés dans la gueule, sans pouvoir bouger. Quand ils commencent à avancer, c'est rarement pour se dégourdir les jambes, mais plutôt pour en choper un ou deux qui courent pas assez vite et souvent, c'est pas les bons (Ben ouais ! Donc ils se méfient pas et ils se font poisser). C'est là que les branquignols des "Médias Libres et Indépendants" interviennent en s'insurgeant qu'on maltraite ainsi des manifestants libres et indépendants. Le plus incroyable, c'est quand je vois que ces mecs sont parfois suivis en direct, par plusieurs milliers de personnes libres et indépendantes qui n'ont jamais ouvert un seul journal vendu aux puissances de l'argent de leur vie. Mais lire, n'est-ce pas un effort démesuré alors qu'on te sert gratos des vraies videos véridiques sur un plateau ?
Pas vrai petit bijou ? 

FP

Media: Procédé permettant la distribution, la diffusion ou la communication d'œuvres, de documents, ou de messages sonores ou audiovisuels (presse,cinéma,affiche, radiodiffusion,télédiffusion,vidéographie,télédistribution,télécommunication).
Libre: Qui n'est pas la propriété d'un maître, qui n'est pas esclave
Qui ne dépend pas étroitement du pouvoir politique, qui ne subit aucune pression
Qui n'est soumis à aucune contrainte, à aucun contrôle, à aucune restriction
Qui n'est pas lié, tenu par un contrat, un engagement 

(Larousse)


mercredi 10 juin 2020

Chevaucher tigres et dragons



Sur France-Inter, j'ai entendu Raymond Depardon qui disait que le gouvernement doit aider les photographes et la photographie. "Ils ne sont pas intermittents, ou mêmes journalistes les photographes, donc ils risquent de faire autre chose pour vivre" (je cite de mémoire). Mais je ne sais pas si le Raymond qui dit cela est celui qui disait que les agences de presse photo avaient coulé parce que les photographes voulaient être salariés. S'il est le même que celui qui faisait des photos au Tchad ou au Cambodge. Vas-savoir ! Il parait que 700 photographes ont signé un appel dans Libération. Un journal que je ne lis plus depuis longtemps tellement il me tombe des mains. Mais qu'est-ce que les gens en ont à foutre de ces conneries. Vous croyez qu'ils vont vous filer du boulot ou du fric ou vous applaudir à la fenêtre ? Mais vous rêvez les gars !

Sinon j'ai vu que l'agence Shutterstock avait décidé de payer les photographes 10 centimes  pour les 100 premières photos vendues chaque année par un contributeur avant d'augmenter un tout petit peu le prix pour les suivantes. Et chaque année, le compteur sera remis à zéro. Bonne chance les gars photographes de Shutterstock. Quand vous aurez décidé de brûler les bureaux de ces enculés, faites-moi signe, je viendrais faire un reportage !

Il y a un mois, j'ai réalisé mon premier vrai boulot depuis le début du confinement. 700 bornes en bagnole, pour un aller et retour express dans l'est, vers la frontière avec le Luxembourg. Aucun contrôle. On était 2 dans l'hôtel. Petit déjeuner dans une boite en carton. C'était Shining quoi. Je m'attendais à voir le sang sortir de l'ascenseur. 
Bon ben sûr, pendant le lock down, je profitais de mes sorties pour faire des photos de reportage sur la pandémie dans les rues de Paris. J'ai même fait des tofs de la fenêtre de mon salon avec mon 200-500 (Nikon, faut ce qu'il faut) que j'ai. Tout cela, c'est pour les agences avec lesquelles je bosse. Je doute de vendre grand chose, vu le déluge de trucs que j'ai vu passer sur le net. En plus, la presse préfère l'angle des formats genre "story" même si elle ne passe qu'une photo après (cherchez l'erreur). Moi, j'ai pas le temps de faire ces trucs-là et puis si je veux bouffer, il vaut mieux que je concentre sur l'essentiel pour gagner des sous. C'est comme pour la cuisine, si je me mets pas aux casseroles, c'est Picard surgelés à tous les coups.

Heureusement, il reste encore les manifs ou le démontage de l'échafaudage de Notre-Dame pour croire et faire croire qu'on est un tout petit peu encore photographes. Pas vrai les mecs ?
Vive la République, vive la France.

Frozen Piglet

  

mardi 19 mai 2020

UBER en dessous de tout




Uber c'est "the Business Model" qui doit s'imposer à tous (*), selon la pensée mainstream de la guerre des boutons, des crétins formatés par les écoles de commerce. Malheureusement pour eux, les faits sont têtus, la cocaïne est chère et la pensée magique relève plutôt des couches culottes pleines de merde que de la finance.
Cette "entreprise" (appelons là comme-cela) indiquait mercredi dernier dans un mémo interne que les 3 700 postes supprimés (en 3 minutes de vidéo larmoyante sur Zoom) représentaient 14 % de ses 26 900 employés. D'après ce document, Uber compte engager près de 20 millions de dollars en frais de licenciement et frais connexes (ça en fait de la dope et des putes). Pas de bol pour les cowboys du bitume qui roulent à trois sur une seule licence dans des Mercedes immatriculées en Allemagne. Uber a annoncé qu'il comptait devenir rentable pour le dernier trimestre de l' année 2020, malgré une perte de 8,5 milliards de dollars en 2019. Ben figurez-vous que Il y en a quand même qui commencent à avoir des doutes sur le modèle économique. Tu m'étonnes John !
Nous on a MEERO, une construction identique appliquée à la photo (80% pour eux et 20% pour ta gueule). Ses domaines de prédilection: l'immobilier, la restauration, l'hôtellerie, les mariages. Que des domaines qui cartonnent en ce moment. Les mecs qui ont mis 300 patates dans ce bastringue doivent avoir des sueurs froides dans la raie du cul. Essayez l'hyroxychloroquine les mecs !

FP


(*) Hôtellerie, restauration, transport et métiers de services en général.

dimanche 17 mai 2020

Chasseur de Prime




On ne va pas se mentir. Beaucoup d'indépendants des métiers de la création et parmi eux, beaucoup de photographes ne se remettront pas de cet épisode pandémique et iront au tapis. Les aides de l'état ? Non mais laissez-moi rire. Au lieu de donner de faux espoirs, les responsables politiques feraient mieux de faire tout de suite la liste de tous ceux qui rempliront de la paperasse pour rien, parce que ils auront que dalle à la fin. Ça leur évitera de perdre du temps. Pour les autres, la plupart seront exclus parce que quelque part, dans un bureau, un mec le cul au chaud décidera que non, décidément non, ce dossier ne répond pas aux critères énoncés par la directive, reprise dans la note de service de la sous direction administrative du ministère. C'est un peu comme les fameux "soignants" parés de toutes les vertus, qui pour pouvoir prétendre à un accident du travail quand ils ont chopés le COVID-19, doivent apporter la preuve qu'ils l'ont bien attrapé à l'hosto.

Non mais la  vérité, c'est que si tu n'as pas un méga piston, une famille pétée de tunes, un conjoint qui assure question salaire, papa maman ou Liliane Betancourt susceptibles de te soutenir financièrement, tu n'as plus aucune chance de t'en sortir aujourd'hui comme photographe, à moins de vivre comme un clochard ou aux crochets de quelqu'un, de quelque-chose. Quand je regarde en arrière, d'un strict point de vue du résultat financier, j'aurais dû arrêter ce métier il y a 10 ans. Et ce n'est pas le fait de pratiquer la rédaction en plus du reste (en scribouillage aussi, ch'uis un cador) qui change quoi que ce soit à l'affaire. Avec un peu de chance, j'aurais été dans l'immobilier et l'avantage, c'est que les photos de mes annonces auraient été bonnes, moi au moins. Mes chambres de bonne de 9m2 prises au 20 m/m, ressembleraient à des suites du Ritz. À propos d'immobilier, ayons une pensée pour les mecs qui ont investi des centaines de millions d'euros dans cette belle entreprise qui s'appelle MEERO. On va peut-être tous crever, mais avant on aura bien rigolé quand-même !
Bonne chance à tous,


Frozen Piglet

dimanche 10 mai 2020

Le jour d'après


via GIPHY
Bon je vais vous la faire courte. Comme pour tout le monde, cette période s'achève pour moi dans la confusion,   l'inquiétude et la coupe Raoult. Confusion, parce que comme tout le monde, je ne sais pas de quoi demain sera fait. Inquiétude, parce que comme je le prévoyais, mes gentils employeurs (puisqu'ils faut bien les appeler comme-cela) refusent d'entendre parler de chômage partiel. Leur argument principal tient dans le fait que les rédactions sont en télétravail et que par conséquent, il n'est pas question de faire une exception pour un connard de pigiste comme-moi (un photographe qui plus est !). Et vous le savez peut-être, autant faire des photos avec un smartphone, c'est possible mais un peu passé de mode  (1), mais faire un reportage photo par téléphone sur un endroit fermé, c'est un peu compliqué.
En même temps, tout ces gens solidaires et bien intentionnés qui applaudissent sans doute tous les soirs à 20h00 pétantes, ne voient  vraiment pas où se situe le problème. J'ai perdu 75% de mes revenus ? Et alors ? Tu crois tout de même pas qu'on va te payer à rien foutre non plus mon gars ?  T'as qu'à faire du yoga en ligne, ça te calmera ! Alors, il a y aussi les agences. Les agences qui refusaient de te faire des attestations pendant le confinement, "parce que tu n'es pas salarié" des fois que cela t'éviterait de prendre une prune de 135 euros (même  avec la carte de presse). Ce qui reste à l'appréciation de la police républicaine qui compte bien nous faire payer les images des manifs des gilets jaunes. Tout cela tombe bien parce les agences ne nous paieront pas non plus. Parce que elles aussi sont en baisse de 75%, mais de chiffre d'affaires. Et encore, à condition que la presse française les paye pour les 25% qui restent. Je vous souhaite bonne chance à tous et j'emmerde les cons dans leur globalité.

Frozen Piglet

(1) Je rigole en repensant aux gars qu'on envoyait en Syrie avec un iPhone pour un "regard différent" sur la guerre.

lundi 4 mai 2020

La Bohême







De mes premières années dans ce métier de dingo et de mon statut assumé de free-lance, j'ai toujours gardé l'angoisse du lendemain. Ceux qui prétendent le contraire sont soit des nantis, soit des inconscients. D'autant qu'il est bien loin le temps où je pouvais prétendre parfois gagner en une semaine ce qui pouvait ressembler à un salaire mensuel pour d'autres moins bien lotis que moi. Encore faut-il prendre en compte mon outil de travail qui coûte une fortune et qu'il me faut bien payer, bon an mal an. D'ailleurs, 2020 ne se terminera pas sans que j'investisse dans un nouveau NIKON (sous les hurlements de Mme Piglet). Ce sera sans doute un D6 ou un D5 soldé ou d'occasion, si les choses tournent mal et qu'on s'approche de la fin du monde. Je vous filerai mon RIB pour une collecte sur YUKULÉLÉ ou je sais pas quoi là (Hein ? Ben ouais kwa ???). Avec les années mon angoisse n'a fait que s'accentuer. Aujourd'hui, une de mes collaboration type sur la durée ressemble quelque peu à cela. Pas toujours, mais souvent :

* Moins de 400 euros (en salaire net) par mois, en moyenne sur l'année.
* Paiement à parution. Jusqu'à 90-120 jours de délai, avec un record de 18 mois de délai de paiement.
* "Mois blancs" avec 0 revenu
* Reportages non parus, jamais payés
* Aucun accord et aucun paiement pour les réutilisations (elles sont nombreuses). Y compris sur d'autres titres.
* Cession gratuite à des tiers des photos (sans prévenir et sans me tenir au courant).
* Versement de mes photos dans une banque d'images accessible à tous.
* Avance par moi des frais de reportage avec remboursement sur justificatifs, sauf si le service concerné a perdu la note de frais (connasse !).
* Montant des frais engagés par moi supérieur (parfois) à 50% du salaire perçu en un mois. 
* Le menace continuelle de supprimer le règlement en salaire pour basculer sur le droit d'auteur, quitte à chier sur le Code du Travail et la Convention Collective.
Hors catégorie: Le mépris. Le mépris qu'on te jette au visage dés que tu t'avises de l'ouvrir. Ça c'est la prime (défiscalisée). Tu pourrais dire merci quand-même !

Dans ces conditions, aujourd'hui il faut bien s'accrocher pour ne serait-ce que accéder au statut de smicard envié par tous et toutes. À cet égard, le fait qu'il suffise d'un demi-smic (*) (500 euros bruts par temps de pandémie) pour obtenir la carte de presse est symptomatique d'un métier sub-claquant ou bien mort selon Télérama. Même si le monde libéral tente là aussi de nous faire croire le contraire, en construisant des statuts totalement bidons, hors salariat, pour asservir un peu plus une bonne frange des métiers de la création. Mais qu'importe puisque comme dit Jean-Michel Jarre: "la création existait avant l'électricité et elle existera encore après Internet".
Bon courage à tous, aux photo journalistes et aux autres aussi.

Frozen Piglet

(*) Alors ne me faites pas rigoler avec l'abattement de 30% qui a d'ailleurs été supprimé il y a 24 ans et remplacé par une allocation pour frais d'emploi







samedi 2 mai 2020

Nouvelle Vague

Quelqu'un qui m'est proche et un peu psychopathe disait avec une pointe de provocation minable, qu'il est souvent plus simple de mentir, plutôt que de dire la vérité. Entre les deux il y a sans doute la même différence qu'entre le distanciel et le présentiel chers à nos technocrates, quelque part entre les masques qui ne servent à rien et les millions de masques qui sont depuis aujourd'hui à vendre dans la grande distribution. Quant à nos responsables politiques qui se parent de toutes les vertus, ils ne sont plus que leur propre caricature, s'agitant de façon inutile derrière un pupitre entre deux micros. Quelle est la place du débat d'idées dans tout ce fatras ? Il est à la poubelle au milieu des immondices, là où est sa place. Pourtant, nous parlons librement, mais le sens des mots s'est perdu. Le questionnement plutôt que l'action. La condescendance et l'arrogance qui riment avec l'état providence. Il n'y a plus rien à attendre de ce monde-là, si ce n'est la nouvelle vague qui engloutira tout.

Frozen Piglet

Nouvelle vague
Nouvelle vague
Une p´tite M.G. trois compères
Assis dans la bagnole sous un réverbère
Une jambe ou deux par-dessus la portière
Nouvelle vague
Nouvelle vague
Trois mignonnes s´approchent fort bien balancées
Elles chantent une chanson d´Elvis Presley
Voilà nos trois pépères
Soudain tout éveillés par cette
Nouvelle vague
Pas mal pas mal du tout
Ça c´est un sacré coup
Allez venez on leur paye un coca
Moi j´veux la grande blonde
Moi j´prends la petite ronde
Eh! Les gars, m'oubliez pas
Nouvelle vague
Nouvelle vague
Faut pas grand chose pour faire connaissance
On boit, on cause, on rit, on danse
Mais faut garder cette indépendance
De la Nouvelle vague



jeudi 16 avril 2020

Dernier train pour Wuhan

Je prenais l'apéro avec André Comte-Sponville qui est mon voisin de palier et nous devisions gaiement au sujet de la crise sanitaire. J'adore les philosophes (j'ai eu 11/20 au bac ta gueule).
"Attention de ne pas faire de la santé une valeur suprême, au même titre que la liberté ou l'amour !" qu'il me fait sans ambages, en parlant de la crise sanitaire.
"Ouais c'est ça Dédé ... Reprends un coup de Volnay" que je lui ai fait en déposant un verre sur mon paillasson.
"Depuis 200 000 ans, l'homme oscille entre égoïsme et altruisme !" qu'il a ajouté.
"Bon ben on doit être dans une période selfish, vu que je vais toucher que dalle à la fin du mois" que j'y ai dit, en découpant en rondelles une saucisse sèche de l'Ardèche et en lui en balançant quelques unes comme des mini frisbees. En même temps, ce n'est pas tout à fait vrai. Si tout se passe comme prévu, je devrais percevoir 1500 euros de ma plateforme de recouvrement de droits fin avril et ce n'est juste que le début. Merci à tous les voleurs de me payer just in time. 
Je me demande si les philosophes sont auto-entrepreneurs comme les livreurs de chez Uber Eats. Il faudra que je pense à lui demander la prochaine fois à André.

FP


jeudi 9 avril 2020

Combien gagne un photographe ?



Combien gagne un photographe ? Est-ce que tu te fous de ma gueule ? C'est assez facile de répondre à cette question par les temps qui courent: rien de rien (sauf moi, évidemment). Et ce quel que soit son statut: journaliste, auteur de je ne sais quoi, minuscule micro-entrepreneur (anciennement Auto-truc, beurk) ou même artiste (hein pourquoi pas ?). Pas de revenu, pas de couverture sociale, pas de retraite. Juste le face à face avec le vide et la sensation que tout vous échappe et que vous n'êtes plus maitre de rien et en plus, on respire mal à cause du masque. Bon bien bien sûr, avec le règlement à parution (encore une méthode de FdP inventée par les éditeurs), le décalage permettra de tenir un mois, 2 mois, 3 peut-être pour les plus chanceux. Mais encore faudrait-il que les paiements soient faits ! Et ne comptez pas trop sur la valse des milliards annoncée par les irresponsables qui nous gouvernent. Nous n'aurons rien comme d'habitude et en plus de cela, c'est bizarre, les prix augmentent tous les jours. Au passage, je note que nos collègues allemands free-lance ont touché 5000 euros d'aide sans condition et en une semaine. C'est pas demain la veille qu'on verra cela ici. 
Tout un tas de photographes nous racontent qu'ils sont devant leur écran à regarder leurs archives, des fois qu'un truc digne du WorldPress leur aurait échappé. D'autres (re)font leur Book. Mais plus personne ne regarde ça mon gars ! Pas plus que les sites Internet d'ailleurs ... Evidemment, on a toujours la ressource de traverser la France pour aller cueillir des fraises et des amendes à 135 euros ou même acheter une machine à coudre sur Amazon pour fabriquer des masques, pourquoi pas ? Aujourd'hui, les conneries solidaires pour "soutenir et aider le personnel soignant" pullulent, alors que hier encore on leur crachait à la gueule, bordel ! J'en reçois toute la journée des mails pour promouvoir telle ou telle initiative de je ne sais qui pour vendre des trucs et reverser l'argent à je ne sais quelle fondation. J'en ai rien à foutre.

Frozen Piglet


jeudi 26 mars 2020

Je ne suis pas ton petit Coco !



Je t'aime toi Coco toi Coco !


Il était écrit que toute une partie de la population (17% selon les opérateurs téléphoniques qui nous tracent par géolocalisation) de la capitale quitterait courageusement Paris ventre à terre, pour passer un week-end de 90 jours (ou plus) dans les maisons de famille et les petits cottages situés sur le littoral de la Côte Basque (avant c'était le Lubéron, mais c'est fini le Lubéron). Il faut dire qu'ils vivent tous en temps normal dans un pauvre studio de 25 m2 dans le 20ème les nazes. Alors on les comprend. Hein les gars ?

Moi je m'en fous je reste et s'il n'en reste qu'un ..., je me suis bourré de Nivaquine pendant des mois. Ah oui mais merde ! c'était en 1982-83 en Afrique et ça me donnait des nausées. Bon de toutes façons, j'ai des masques que j'avais acheté pendant le SRAS quand j'étais en Chine. Ah oui mais merde ! Ils sont périmés depuis 15 ans. Bon mais il vaut mieux un masque périmé ou rien ? Bof les masques, ça ne sert à rien. Enfin ça dépend lesquels, mais on les réserve pour le corps médical qui n'en a pas. Ah bon mais si on les réserve, alors pourquoi ils n'en ont pas alors ? Ils vont arriver qu'ils disent. On les a commandés. Il faut attendre et être patient. Bientôt, ils seront beaucoup moins nombreux à en demander, forcément.

Il faut se rendre à l'évidence, l'amateurisme, celui qu'on glorifie à longueur de temps a muté méchamment et il a contaminé toutes les couches de la société. Tant qu'il s'agissait de faire du pain aux céréales pleines de pesticides avec une machine (made in China), c'était pas bien grave. Et puis quelques années plus tard, elles sont devenues invendables même dans les vides greniers et elles pourrissent dans les décharges un peu comme les numériques de 1,4 million de pixels, CitizenSide et les photographes de Fotolia. 

Non mais le problème c'est que aujourd'hui, l'amateurisme nous tue tous. Bon pour les vieux des EHPAD, ça n'émeut pas grand monde. Il y en a plein en réserve et puis les morts, on les voit même pas. On a pas le droit d'aller à l'enterrement, donc ils n'existent pas. D'ailleurs, ils ne figurent même pas dans les statistiques de mortalité. Mais même pour les autres, ça fout les jetons quand même. 

Alors bien sûr, les premiers à morfler dans cette situation inédite, c'est tout le monde (hein bah si ! Regarde le prince Charles ! T'es con ou quoi ??) et aussi les mecs comme-nous. Ceux qui ne sont payés que quand ils travaillent et là le travail euhhh ... Comment dire ? Sauf que le Prince Charles, il continue à être payé.
Et puis dans les rédactions, ils veulent bien applaudir tous les soirs à 20h00, mais pas question de nous mettre au chômage technique, des fois qu'on pourrait toucher 3 euros et 6 sous. Ça ça leur arracherait le coeur à ces enculés ! Et pourtant du pognon il en faut bien pour acheter des pâtes, du PQ, des masques FFP2 volés, sur le bon coin et un Nikon D6 (le D6 vaut mieux pas sur le Bon Coin moi je dis).

Moi je m'en fous, j'ai la carte de presse et donc je sors masqué et ganté et je fais toutes les photos que je veux et quand je croise un jogger suant et postillonnant avec un gros cul et des chaussures toutes neuves, je change de trottoir. 

Bonne chance à tous et n'oubliez pas que "gouverner c'est prévoir" qu'ils disaient.

Frozen Piglet 


jeudi 27 février 2020

Opération Cash Back

Les plateformes de recouvrement de droits, c'est LA grosse histoire du moment chez les photographes qui publient beaucoup sur le net, si l'on excepte le Corona Virus. Je parle de tous ceux dont le travail a été systématiquement pillé pendant plus de 10 ans, comme-moi. Encore faut-il trouver l'opérateur sérieux. Celui qui dispose des moyens pour faire cracher au bassinet les voleurs qui estiment qu'ils peuvent se servir à tous les coins de blogs ou de comptes Instagram (ils vont peut-être revoir leur position). Parce que là aussi il faut faire le tri entre les amateurs et les professionnels. Pour ma part, j'ai signé à la fin de l'année dernière, un contrat de mandataire et je commence à avoir une petite idée des résultats à venir. Le premier à passer à la caisse, c'est un site grec (je ris. Je ne sais pas pourquoi). Il a payé début janvier 950 euros pour avoir utilisé une de mes photos en petit. Le truc, c'est que le système de licence payable annuellement fait que les contrevenants doivent raquer pour chaque année depuis la date de mise en ligne. Une photo publiée en 2012, c'est le prix de la licence multiplié par 8 (ben ouais, on est en 2020 je te signale) et on atteint assez facilement des sommes de plus de 1000-1200-1500 euros. Si tout se passe bien, je devrais obtenir de quoi renouveler en totalité mon matériel de prise de vues et l'informatique qui va avec et même me payer des vacances en business. Mais ce n'est que justice, si l'on considère le préjudice. Je ne parle même pas des sites qui effacent mon copyright pour le remplacer par le leur. Ce qui me fait bien rigoler c'est le magazine US FORBES, celui qui publie le classement des gens les plus riches du monde. Ce truc n'a pas eu les moyens de me payer une photo et ils ont préféré la voler, résultat il vont payer 10 fois le prix aujourd'hui. C'est bien fait pour leur gueule. Malheureusement, ce système ne fonctionne que pour le web. Pour le print, il n'y a pas d'espoir et c'est dommage, sinon je me serais peut-être retrouvé dans le classement FORBES en 2021, si ça se trouve.

Frozen Piglet

Je ne filerai pas de renseignement sur les plateformes en question.
À mon sens il faut juste éviter celles sur abonnement payant, pour privilégier celles qui proposent le 50/50 sur les résultats obtenus.



vendredi 17 janvier 2020

You've made a Sale !

En cette veille de Noël, mes bien chers frères et soeurs, nous vivons une époque troublée où ceux-là même qui nous accusent en permanence de rester arcboutés sur nos positions, de refuser obstinément d'évoluer vers un nouveau modèle radieux, d'ignorer leurs injonctions de rompre avec un paradigme dépassé, sont les pires réactionnaires que la terre ait porté. Des vrais pères Noël de pacotille de merde.
C'est bien simple, j'ai lu récemment un article selon lequel, en Angleterre, on remplaçait les robots de lavage automatique de voitures par des travailleurs immigrés. C'est pas ici que ça arriverait. La raison est très simple, cela coûte moins cher que d'acheter et d'entretenir les robots laveurs qui du coup ne se vendent plus. Résultat, plus de chômeurs qui auront tout loisir de nettoyer à la main des bagnoles dans les stations de lavage. Voilà un exemple de circuit court, d'initiative locale, de quête de sens au travail. Et si on met dans la boucle un détergent BIO, on pourra même faire du "green washing" à moindre coût pour les connards de bourgeois préoccupés par l'avenir de la planète. Elle est pas belle la vie ? 

Bon on est le 17 janvier et j'ai toujours pas fini d'écrire ces conneries.Bonne année au fait ! Pour moi 2020 commence bien ! J'ai vendu une pleine page à un journal turc pour la modique somme de 2.25 USD (soit 30% de 7.47 USD - La différence allant aux 2 intermédiaires). C'est pas avec cela que je vais payer mon NIKON D6, bande d'enfoirés.


Frozen Piglet