vendredi 31 mai 2013

Du passé faisons table rase

Dans sa rubrique M comme Médias, Le Monde.fr ("Le Monde" ?! Mais si vous savez bien "Le Monde" ! Le canard qui appartient à des milliardaires et qui "missionne" les photographes pour partir en Syrie) nous relate une triste histoire: Le Chicago Sun-Times vient de licencier l'intégralité de ses photographes (30 personnes pour l'ensemble de ses publications). Le Chicago Sun-Times qui figure dans le peloton de tête des quotidiens américains vient de décider que les professionnels de l'image n'avait plus leur place dans la rédaction.  
Parmi ces photographes (que des baltringues qui n'ont pas su s'adapter) il y en avait quelques uns qui avaient quand même obtenu le prix "Pulitzer" ou  qui avaient été distingués comme "Photographe de l'année" pour les USA. Never mind c'est un détail qui relève désormais de l'anecdote pour la direction du groupe. Dés le lendemain de l'annonce, elle a désactivé toutes les adresses mail professionnelles des 30 personnes en question. C'était le plus urgent. Ben quoi ils en ont plus besoin !
Quand t'es viré aux States, tu prend tes affaires dans un petit carton et tu te casses pour te retrouver au pied de l'immeuble avec les autres virés qui pleurent. Comme dans les films. En plus si tu fais chier, on te colle des vigiles baraqués pour te raccompagner.

Puis l'éditeur du Chicago Sun-Times a doctement déclaré aux journalistes restants (tous très courageux devant l'adversité et sans doute très excités par cette nouvelle aventure qui commence) qu'ils auraient très vite à produire des images et des vidéos avec leurs I-Phones pour illustrer leurs propres reportages. Sur le site du NPPA (National Press Photographers Association - lien), on peut lire un article en anglais qui détaille toute cette histoire (C'est d'ailleurs ce texte qui a été largement pompé et déformé par le Monde.fr pour raconter les faits sans se fatiguer, mais c'est un détail). 

Le plus important est la déclaration suivante de l'éditeur:
"Le modèle économique du Sun-Times évolue rapidement et notre audience est constamment à la recherche de contenu vidéo pour accompagner les News. Nous avons fait de gros progrès pour satisfaire cette demande et développer nos capacités à produire de la vidéo et d'autres éléments multimédia. Le Chicago Sun-Times continue à évoluer avec ses clients fortiches en numérique (sic), en conséquence de quoi, nous avons à restructurer notre organisation et la façon dont nous gérons dans notre réseau, le contenu multimédia, ceci incluant la photographie"

En langue de bois, cet abruti nous explique qu'il faut désormais que les journalistes produisent des images de la même façon que les utilisateurs de smart phones. Pour que "les clients" puissent se reconnaitre et s'identifier à eux sans doute (mais aussi pour pouvoir utiliser leur production gratuitement, comme toujours). Ce qui est triste, c'est que les éditeurs du monde entier ont le regard braqué sur ce qui se passe aux Etats-Unis dans le secteur de la presse. Et comme ces mecs n'ont aucune imagination et se contentent d'être des suiveurs, alors qu'ils sont payés fort cher. Ils appliqueront partout les mêmes méthodes, la bouche en cul de poule, avec les mêmes résultats prévisibles: un crash généralisé (sauf que eux, ils ont des airbags ces petits enculés).

Dans notre modèle de société il y a désormais 2 catégories de gens. Ceux que j'appelle les opérationnels et les autres. Les opérationnels sont détenteurs d'un savoir, maitrisent des techniques et produisent de la valeur par leur travail quel qu'il soit et pourtant ce sont souvent les moins payés. Depuis des années, les autres le cul serré dans leur petit costard s'ingénient à détruire toute forme de civilisation et de solidarité au profit d'une infime minorité. C'est pour cela qu'un jour, on leur coupera les couilles et on leur fera bouffer en salade. Et ce jour-là, je ferai des images avec mon smart phone pour les mettre sur internet (mais je ferai aussi des photos avec mon Nikon. Horizontales pour assurer une double et verticales juste au cas où je ferai la une).

Frozen Piglet

NB: Merci à Romi pour l'info initiale
Merci à Dolphin qui poste un lien où il est indiqué que le lendemain du licenciement des 30 photographes,
les journalistes rescapés ont été mis au turf par l'éditeur (un copain de André Gunthert) pour apprendre à se servir d'un I-Phone en video et en photo.

lundi 27 mai 2013

La république en liberté



Je crois que la vidéo est de I-Télé

Esplanade des Invalides, le 26 mai 2013

Avant dans les manifs, les flics aimaient bien se faire de temps en temps un photographe ou même deux. Ou même un cameraman, histoire de décompresser un peu et pour leur passer l'envie de baver (ben quoi ? si on peut plus rigoler ...). Faut dire que la maison Royco était un peu énervée après avoir attendu 5 heures dans un car en bouffant de la merde et en pissant dans des bouteilles en plastoc. La Police aime pas trop qu'on la montre en pleine action du "maintien de l'ordre". C'est pas très bon pour son image. Mais faut voir les choses en face, avec le numérique, n'importe qui fait des images de n'importe quoi, n'importe où et donc il est devenu totalement vain de vouloir contrôler quoi que ce soit de ce point de vue là. Les journalistes qui font leur boulot se sont de tout temps trouvés dans un genre de no man's land entre les flics et les manifestants, prenant ainsi de gros risques pour parfois pas grand chose. Mais c'est aussi comme-ça qu'on apprend ce métier. Le problème c'est qu'il y a aujourd'hui tellement de types porteurs d'une caméra ou d'un appareil qu'on ne sait plus très bien qui fait quoi.
Ce qui est sûr, c'est que tout les petits enculés (qu'on voit sur les images) qu'ils soient d'extrême droite ou juste fouteurs de merde et minables pilleurs de magasins n'aiment pas être pris en photo au risque de se faire identifier. Sans compter qu'ils adorent la baston (ils sont là surtout pour ça) et que les photographes tentent de sauver leur matériel en toute circonstance d'abord, ce qui les rend vulnérables. Du côté des flics, il n'y a pas d'aide à attendre et la violence est désormais partout. Même ici on va avoir à faire face de plus en plus fréquemment à ce genre de situation. Il faut agir en conséquence avec discernement, être solidaires et savoir se placer au bon endroit en restant très attentif à ce qui se passe tout autour. Sans oublier de cadrer er faire la mise au point. Tout ça en même temps, c'est pas facile.

Frozen Piglet

Photo Fred Dufour/AFP


mardi 30 avril 2013

Peine à jouir


©Photo Steve A Johson/FlickR


La photo d'illustration, c'est comme le porno, faut renouveler le genre sinon ça devient vite lassant. Chez Rue89 et ses avatars par contre ils ne se renouvellent pas souvent dans le choix de l'iconographie. L'essentiel étant qu'elle soit structurellement gratuite. C'est d'ailleurs sa seule et unique qualité à bien y regarder. 
Ici par exemple, vous ne voyez qu'un robinet qui coule ? Ouais possible ... Mais chez Rue89 (Rue69 en l'occurrence. C'est vous dire s'ils se croient malins), c'est une illustration potentielle pour un article sur "l'éjaculation des filles". Dans le texte, tu colles la citation d'un sexologue de mes deux "Ce n'est pas un geyser, plutôt un robinet qui coule en continu ". Hop ! Et voilà, le tour est joué ! Tu voulais tout de même pas qu'on te mette une video de YouPorn non plus ! Pourtant, la capture d'image sur un film ou une chaine de télé, c'est l'autre dada de Rue89 qui est un site d'information qui défend le travail des photographes de presse (et des réalisateurs de pornos) depuis toujours. Tout le monde le sait. T'es con ou quoi ?
Secrètement, je suis dépité parce que vu le titre du papier: "Faire éjaculer les filles, la nouvelle "niche" du porno", Moi j'aurai choisi plutôt ça:



Autres sujets remarquables dans la même rubrique et la même veine
"Escort, c'est pute et c'est pas fun"
(sans déconner ?)
"Elles souffrent de vaginisme, cette maladie taboue de l'amour" (avec une photo de cadenas rouillé empruntée elle aussi sur FlickR). 

Frozen Piglet

Il faudrait quand même leur dire chez Rue89 que les petits robinets, c'est chez les garçons. Mais finalement, c'est normal qu'on finisse par parler pipi quand on fait de la merde.

jeudi 25 avril 2013

L'Afrique numérique enchantée

À mes moments perdus, je lis les messages que je reçois quotidiennement du monde entier, de la part de gens qui me veulent me faire cadeau de tas de millions de dollars (comme tout le monde quoi ...). Les loteries, les Grands Prix, mon mail sélectionné, la fondation Clinton ou Bill Gates, tous ces gars-là, très peu pour moi, je leur laisse leurs millions. Ben ouais, en tant qu'ancien de la coloniale, je préfère m'occuper des petites orphelines qui ont hérité. Elles au moins, elles sont pas intéressées pour un sou et elle essayeront jamais de me doubler. C'est sûr ... Avec certaines, j'entretiens de fructueux échanges épistolaires en toute confiance. Et grâce à la révolution numérique qui est aussi arrivée en Afrique, bien qu'avec un peu de retard, j'ai leur photo ! Elles sont méritantes car elles doivent galérer pour envoyer les tofs avec leur modem à 33600 ...

Frozen Piglet



Let me introduce
"Miss Love Kones
(qui porte bien son nom). 
Pas mal non ?
Notre relation est toute neuve d'aujourd'hui, mais je sens déjà que quelque chose se passe entre nous.



















Voici "Miss Angela Balah" qui me demande mon aide pour faire transiter 11.800 000 USD par mon compte en banque. J'ai peur que cela heurte un peu ma déontologie. En même temps, j'ai tellement envie de l'aider cette petite caille. Ça te dirait de faire des photos de Mode Angela mwen ké fend'tchou aw pendan papaw pa la ?









Voici "Miss Glory Kuku", une autre de mes petites nièces d'adoption. Elle m'a envoyé pour faire bon poids: une photo de sa carte de réfugiée, une du certificat de décès de son père et une du certificat de dépôt de 7.400 000 USD à la Barclays. Une vraie preuve de confiance et admirez la maitrise de Photoshop ! 




mercredi 17 avril 2013

"Prix Pulitzer" Photo 2013


























©Photo Javier Manzano/ Prix Pulitzer Photo 2013

Les résultats du "Pullitzer photo" viennent d'être annoncés et l'on constate qu'ils ne suscitent pas l'avalanche de réactions observée lors de la publication du "World Press Photo". Des commentaires (im)pitoyables qui avaient mis en cause à la fois la probité du photographe suédois Paul Hansen lauréat du prix, mais aussi la compétence du jury et son goût de chiottes (selon les "spécialistes") pour les photos retouchées à outrance. Il faut dire que le "World Press" est devenu un marronnier pour la presse et la blogosphère à la différence du Pulitzer.
En fait je vais vous dire, la grosse différence entre les deux photos primées, c'est d'abord que le "World Press 2013" a couronné une photo en rapport avec le conflit entre Israël et les palestiniens. Dans ce contexte, beaucoup de gens sont victimes de bouffées délirantes et ils commencent à dire n'importe quoi en postillonnant. C'est d'ailleurs le seul point commun qu'on peut clairement identifier entre les supporters indéfectibles des 2 camps. La connerie je veux dire ... Les autres ? Eh bien les autres, ils sont "Main Stream" comme toujours et ils ne font que répéter comme des ânes, les inepties qu'ils ont lu en diagonale ici ou là.
La photo de Javier Manzano couronnée par le "Pulitzer Photo" n'est finalement pas si éloignée techniquement de celle de Paul Hansen. Elle montre une belle maitrise d'une lumière assez compliquée qui donne à l'arrivée, une image forte. Les deux photos ont sans doute bénéficié des mêmes outils. Mais le contexte est très différent et il est bien plus consensuel dans le cas de la photo de Javier Manzano (Pour le moment ! Il ne faut pas oublier que le "printemps arabe" de pacotille est encore une invention des journalistes idiots).
On voit même une différence de traitement dans le compte rendu qui est fait du Pulitzer Photo dans la presse. Le nom de l'auteur n'apparait souvent que dans le texte et bien après celui de l'AFP. On attribue le prix tantôt à l'AFP (comme dans Libération aujourd'hui), tantôt à un pigiste de l'AFP (l'AFP en compte des centaines). Alors que l'auteur, le seul, le vrai, c'est Javier Manzano et c'est d'ailleurs lui qui a soumis sa photo au jury du Pulitzer et pas l'AFP. La raison principale est qu'une majorité de gens pensent que cette image, comme toutes les autres, fait partie d'un flux (produit par des purs esprits) qui passe par des tuyaux magiques. Elle ne peut être par conséquent le fruit de la réflexion et du travail construit d'un photographe qui lui a seulement appuyé sur le bouton. Puis-je vous rappeler que le photographe français Olivier Voisin est mort en "espérant" voir ses photos diffusées par l'AFP.

Frozen Piglet

Une petite pensée pour Maggie Tatcher qui a bénéficié d'obsèques nationales à 10 millions d'euros aujourd'hui, alors qu'une poignée de gens (Dont je fais partie. Bien sûr ! T'es con ou quoi ?) réclamait la privatisation de son enterrement pour respecter sa croyance d'un monde meilleur à condition qu'il fût ultra-libéral. Y avait qu'à appeler Roc Éclair ! Ils sont très bien !

lundi 15 avril 2013

Numérik ta mère ?

Prendre les dealers en photo et poster leurs portraits sur une page Facebook appelée "Deal Safari", c'est la mission que s'était fixé un groupe d'habitants d'un quartier de Bordeaux, tellement ils en avaient marre de voir le trafic pourrir leurs rues sans que la police lève le petit doigt. Ces gars-là ont beaucoup d'humour. Si ! Il en faut pour élire Juppé comme maire.
Bon moi, j'aurai plutôt posté sur Instagram qui est quand même plus en hype en ce moment. Un type en train de dealer avec un petit filtre vintage, c'est quand même plus créatif ? Non ? Bon. Tout ça n'a pas duré bien longtemps, vu qu'on leur a vite fait passé l'envie de baver sur internet aux bordelais et on leur a gentiment expliqué que la photo, c'était seulement réservé aux vacances dans la baie d'Arcachon (sinon tous les amis Facebook de la page "Deal Safari" sont décédés cette semaine).
Moi je fréquente quotidiennement une "zone de sécurité prioritaire" (un truc inventé par les socialistes pour nous faire rigoler) et c'est pas chez moi que ça arriverait tout ça. D'abord, pas besoin de prendre rendez-vous, les dealers sont toujours à la même place qu'il pleuve ou qu'il vente. Si ça continue, je vais les connaitre par leur prénom. Pareil pour les CRS qui jouent au tarot pendant leur pose à 50m de là, dans leurs bus garés sur les passages pour piétons. Les rares fois où j'ai fait des photos dans les rues de ce quartier (une fois pour un sujet sur les glaneurs des marchés, l'autre fois sur le marché informel du ramadan), j'ai eu 2-3 petits soucis, juste des bricoles ... Quand je pense que ce petit salaud de Martin Parr a écumé le quartier. Faut dire qu'ils savent qui c'est Magnum aussi à Barbès !
Une marque de glace ? Un feuilleton avec un moustachu à la télé ? Un calibre ?

Frozen Piglet

Il parait que "les beaux gosses de Barbès ont une bitte en zinc" (si si. c'est marqué sur un mur). 





vendredi 12 avril 2013

Street View

Il y a certainement des tas de choses importantes dans la vie. Mais dans toutes les situations (même tragiques), il ne faut jamais oublier de se marrer. Mettre en évidence les stupidités de notre civilisation demanderait sans doute un travail à plein temps et constitue de toute évidence un programme particulièrement ambitieux et pour tout dire irréaliste (il faudrait plusieurs vies). En attendant mieux, on peut s'y atteler par petites touches en se foutant de la gueule du monde. Au lieu de faire des photos de merde, on peut squatter les photos des autres. La preuve !


Ce couple d'australiens s'amuse à suivre les bagnoles qui prennent des photos pour Google Street View en prenant de l'avance pour se mettre en scène en train de copuler (en plus le mec boit de la bière en même temps). Ces gens-là conduisent aussi leur BM en tongs. Dommage qu'il n'y ait pas un kangourou ou 2 pour passer dans le champs derrière. Mais je suppose qu'ils sont tous morts et mélangés depuis longtemps à de la viande de boeuf pour fabriquer des lasagnes ou de la moussaka.

Frozen Piglet

En attendant, si vous voyez passer les bagnoles de Google Street, vous savez ce qui vous reste à faire. Pour les reconnaitre, c'est fastoche, elles ont un grand mât avec un appareil au bout.

J'oubliais. À la demande générale et après les multiples clics qui prouvent qui vous vous intéressez vraiment à elle, je poste une photo de ma soeur qui vous souhaite bon week-end !

mercredi 10 avril 2013

Ni Dieu, ni croquettes

Quand ça chie pour leur matricule, les hommes politiques aiment bien traiter les journalistes de "chiens". Ça les soulage un peu de leurs petits soucis quotidiens (mais c'est pas gentil pour les chiens). Attention, pas n'importe lesquels de journalistes. On touche pas trop aux scribouillards, on sait jamais, ça peut toujours servir. Ce sont principalement les photojournalistes qui sont la cible des insultes et des humiliations des élus de mauvaise humeur (c'est moins risqué). Le 3 avril dernier, le député François Rochebloine (UDI) s'est adressé à un groupe de photographes présents dans l'hémicycle pour couvrir les questions au gouvernement de façon "centriste". Il leur a dit: "Cela fait 25 ans que je suis parlementaire et à chaque fois que je vous vois, vous me faites penser à un groupe de chiens" (des faits rapportés  par Jean-Claude Coutausse). Lui répondre sur le même ton pour un photographe accrédité, c'était prendre le risque de se faire exclure définitivement de l'Assemblée. C'est donc l'UPP qui a rédigé un communiqué pour rendre publique la provocation d'un député de la République vis à vis de notre profession. Dommage que son titre "En insultant les photojournalistes, vous mettez la démocratie en danger" ne soit pas à la hauteur. Je crois plutôt que c'est la connerie des élus qui met directement la démocratie en danger. Il parait que le gouvernement annonce une "opération mains propres" dans la sphère politique. Moi je dis qu'il faudrait passer la bouche de certains parlementaires au canard WC  en frottant bien dans les coins(coins) (*) et j'emmerde les députés de gauche de droite et du centre (surtout ceux du centre élus depuis 25 ans). Ça c'est mon petit communiqué à moi.

Frozen Piglet 

(*) Attention aux bridges qui vont sauter, mais bon il ont une bonne mutuelle ...

mardi 9 avril 2013

Banga

J'ai travaillé pour Renault assez longtemps sur le mode "corporate". Surtout à l'époque du binoclard et un peu moins après, du temps de celui aux yeux globuleux et ourlés de noir qui est toujours aux commandes aujourd'hui. Ce type qui a touché 13 millions d'euros de rémunération en 2012 explique dans la presse à qui veut l'entendre qu'il est prêt a "reporter un bonus" de 400 000 euros à 2016 (j'espère que ça ne va pas perturber son équilibre financier précaire). Ceci à une condition, que les syndicats signent l'accord de compétitivité qui prévoit le gel des salaires, la hausse du temps de travail et 7 500 suppressions d'emplois. Son objectif est parait-il de baisser les coûts de production de 300 euros sur les bagnoles. C'est marrant parce que 300 euros, c'est exactement la somme brute (donc à diminuer des charges) qui m'a été versé par Renault pour le dernier boulot que j'ai fait pour eux. J'en ai déjà parlé ici. Ils m'avaient même payé avec un billet à ordre à 90 jours. Du jamais vu dans toute ma carrière de merde. Ce jour là, j'ai décidé de ne plus jamais travailler pour eux et j'ai tenu parole. Hein ? Faut dire qu'ils ne m'ont plus jamais rappelé non plus .... Ouais ta gueule !

Frozen Piglet

Le patrimoine total du plus riche des ministres du gouvernement Hollande représente environ 5 mois de salaire du patron de Renault-Nissan.

London Calling



Est-ce qu'il mieux mourir dans une suite au Ritz de Londres, ou de faim dans une prison ?

La chambre syndicale de la coiffure anglaise et les supporters de l'ultra-libéralisme sont en deuil. Maggie Tatcher s'est éteinte dans une suite du palace "Ritz Hôtel" de Londres, où elle résidait depuis décembre 2012. J'ai rarement travaillé en Angleterre, mais je me souviens d'un diner de Gala dans la banlieue de Londres alors que j'étais jeune photographe. C'était un diner de charité ou les gens riches payaient la somme de 1 000 euros pour bouffer la cuisine de prestigieux chefs français. Au passage, ils avaient même le sentiment de faire une bonne action.
Alors que la journaliste qui m'accompagnait était conviée à la table du ministre du tourisme, On m'avait relégué dans une annexe où je pouvais diner avec les chauffeurs des invités (tous arrivés en Rolls et en Bentley). J'ai refusé. Mais j'ai rarement été aussi humilié de ma vie que par ces petits enculés de rosbifs ce jour-là. Je me rappelle en avoir discuté avec un photographe anglais qui subissait le même traitement sans se plaindre. Il m'avait dit: "À la différence de vous les grenouilles, nous n'avons pas coupé les têtes en Angleterre et voilà le résultat ...". J'étais tellement énervé que j'ai flingué le reportage et que j'ai failli me faire virer par le journal qui m'envoyait. Ce jour-là, j'ai compris qu'une catégorie de gens méprisait le travail, le vrai. Celui qui sent la sueur. De ce point de vue, rien n'a changé et on voit bien que ce modèle s'impose partout dans le monde aujourd'hui. Toujours plus de pognon pour ceux qui ne savent même plus quoi en faire et toujours plus de précarité pour les autres. C'est en détruisant la valeur du travail que partout, ces fanatiques tentent de nous imposer leur vision du monde en nous menant collectivement à notre perte. Mais le pire, c'est que tout un tas d'abrutis qui se croient malins sont leurs alliés objectifs. Dommage les photographes sont (pas) payés pour le savoir.

Frozen Piglet


mercredi 3 avril 2013

L'Etat sauvage





Ça me fait toujours marrer quand je tape en photo un ministre de la république, de voir la ballet fiévreux qui s'organise autour de lui. Il faut absolument l'approcher pour lui toucher 2 mots, lui mettre la main sur l'épaule ou lui serrer la louche, comme s'il avait le pouvoir de guérir les écrouelles et qu'il avait un morceau de la vraie croix dans son slip. En ce moment, il a plutôt un compte à Singapour. Ce soir là, j'ai attendu longtemps que le mec en question se pointe. Quand il est arrivé, un genre de Milf est venue me voir en me demandant de reculer au 5 ème rang pour laisser la place aux officiels qui avaient déjà en main leur smart-phone pour alimenter leur compte Instagram. Je lui ai demandé si par hasard, elle ne voulait pas bâillonner la presse ? J'ai ajouté que je ne bougerais pas d'un poil.
Elle a pris un air pincé, elle a tourné les talons et s'est éloignée ne tortillant du cul (je sais même pas qui c'était). Peu de temps après, j'ai appris que le ministre en question qui nous a bassiné pendant 1 1/2 heure avec un discours écrit par un conseiller technique, changeait d'affectation au moment même où il nous parlait. La semaine prochaine, il abordera un tout autre sujet avec la même assurance et si ça se trouve, je serai là moi-aussi pour le prendre en photo.

Frozen Piglet

Frozen Piglet was here !

Doucement, insensiblement, je m'éloigne de la photo. Mon Nikon est devenu un instrument comme un autre, au même titre que mon Mac. Comment faire autrement dans un monde où la valeur d'une photo est fixée à 100 euros (150 USD) ou moins. Ma préoccupation première, c'est de continuer à gagner ma vie et c'est ce que je tente de faire au milieu de ce désastre, comme beaucoup d'autres gens. Peut-être qu'un jour, je ne pratiquerai plus la photo que pour mon plaisir et je (re)deviendrai un simple amateur. Je pourrai venir faire chier les pros sur les forums et leur dire que je suis meilleur qu'eux. Que mes photos sont gratuites et si ça se trouve, je ferai des mariages au black (Pitié pas ça !!). Ben ouais, c'est ça la vie moderne. On file des milliards à des geeks acnéiques pour te ficher comme à la Stasi et on a pas un rond pour acheter une photo.

Frozen Piglet

L'autre jour, un magazine allemand a voulu m'acheter une photo d'une people entrain de téléphoner. Et puis ils ont annulé la vente sous prétexte que le téléphone n'était pas de la bonne marque. Non mais putain je rêve !

Le Monde est fou

Même si elle appartient à des milliardaires et à des grands groupes industriels, on sait que toute la presse française (ou presque) est en dépôt de bilan virtuel. Mais comme dans les grands clubs de foot, on continue à déverser du fric dedans pour différentes raisons. Il ne faut pas oublier qu'elle survit quand même bon an mal an aussi grâce à l'argent public. Chaque année, la république française qui est bonne fille distribue 1,2 milliard d'euros au secteur de la presse. Résultat, même si tu lis pas un seul canard, tu le payes quand même, pauvre con. C'est ça la démocratie camarade. Une presse libre dans un pays libre.
Prenons le cas du Monde, le fameux journal de référence que le monde entier nous envie. Ce canard touche presque 17 millions d'euros d'aide directe à la presse (à peine de quoi payer les notes de frais des chefs de service ... Je déconne). Sur son site internet, le Monde.fr utilise une "google map" pour illustrer un article sur un double meurtre suivi d'un suicide en Italie. Bien sûr ! Il faut épargner la vue du sang aux internautes et les photos sont tellement chères vous savez. Articles approximatifs, pas relus et truffés de fautes, thèse hasardeuses et commentaires affligeants, les rares lecteurs du Monde (les vrais) s'enfuient épouvantés en menaçant de se désabonner de l'édition papier. Je vais vous dire, c'est ce truc qui est en train d'achever la presse écrite.

Frozen Piglet

vendredi 15 mars 2013

Dieu a-t-il un portable et quel est son numéro ?

2 cardinaux se promènent place Saint Pierre de Rome en parlant de tout et de rien:
L'un dit à l'autre: "Tu crois que de notre vivant, on verra des prêtres mariés ?"
L'autre répond: "Nous je ne sais pas, mais nos enfants sûrement !" ...

Place Saint Pierre, justement c'était la fête aux smart phones et à Instagram. Quand j'ai vu cette mer de petits rectangles bleus qui brillaient dans la nuit tombante, j'ai eu limite la nausée. Il y avait même des types qui brandissaient des I-Pads à bout de bras et tout un tas d'autres trucs à produire des métaimages. Tous ces gens auraient été bien en mal de joindre les deux mains pour prier. Mais il leur sera beaucoup pardonné, car ils ne savent pas ce qu'ils font les malheureux. À un moment j'ai vraiment cru que le nouveau Pape allait sortir son portable de sa soutane pour faire une tof du haut de son balcon et la coller sur sa page Facebook. Mais je suis sûr qu'il y a des cardinaux qui l'ont fait ... De toute façon il aurait fallu un miracle pour que ça se passe d'une autre façon. Non ?

Frozen Piglet

À bas la calotte !
Je m'aperçois que le Monde.fr m'a piqué mon sujet. Qu'ils brûlent en enfer !

vendredi 8 mars 2013

Band of brothers



©Photo Koen Hauser


Des hordes de types qui se bousculent dans un grand nuage de poussière, en brandissant à peu près tout ce qui peut produire des images et en jurant comme des charretiers. des mannequins apeurées qui tentent de s'extraire d'une foule compacte et agressive. C'est la semaine de la Mode à Paris. Un type qui se plante devant une jeune femme et la prend en photo à 50 cm sans lui dire un mot, puis s'éloigne en marmonnant: "Elle pourrait sourire cette connasse !". C'est encore la semaine de la Mode à Paris. Un no-life qui branche une jeune fille pour faire une photo et qui la plante sans un mot, parce que il en a vu une autre mieux plus loin, c'est toujours la semaine de la Mode.


Ils sont venus, ils sont tous là (elle va mourir la Mama): Les paparazzis habillés tout en noir (normal, ils sont en deuil de leur cerveau les pauvres. Faut pas se moquer des handicapés). Il y aussi les photographes des magazines féminins sponsorisés par Photoshop, des employés des PTT, des mecs qui se prennent pour des artistes, des touristes, des chômeurs en fin de droit, des types qui font des photos avec des lunettes de soleil alors qu'il pleut et puis des anglais, des belges, des américains, des italiens, des japonais et des espagnols et même des coréens et des chinois ! Tu vois le désastre ou pas ? Heureusement qu'après les photos à la semaine de la Mode, j'ai enchainé par un reportage en province sur une entreprise de maçonnerie générale. Ça, ça remet les idées en place !

Frozen Piglet

vendredi 1 mars 2013

Costa Del Sol


PAYING TO GO TO WAR from Asma Films on Vimeo.
Une video instructive sur la façon dont les médias espagnols traitent leurs reporters de guerre. Sous titré en anglais. À voir ! Merci à Romi pour m'avoir filé le lien. FP

US go home





Il y a deux trucs que les citoyens des Etats-Unis ont du mal à supporter :
Le premier, c'est qu'on utilise le mot FUCK et tous ses dérivés pour s'adresser à eux. Le second, c'est qu'on leur demande s'ils ne seraient pas par hasard consommateurs de drogues au vu des inepties qu'ils profèrent. Ça tombe bien, j'aime bien les emmerder et ça c'est bien français. Cette semaine, j'ai été contacté pour le Wall Street jounal. Un tout petit canard acheté par Rupert Murdoch pour 5 milliards de dollars qui compte un peu moins de 3 000 000 de lecteurs. Une broutille. J'ai donc reçu un mail d'une petite qui m'annonce qu'elle adorerait publier une de mes photos dans l'édition du samedi. Ça tombe bien à part le Chasseur Français, j'ai toujours rêvé d'être publié dans le journal du temple de la finance (mais pour le Chasseur Français, je garde bon espoir). 

Je lis le mail jusqu'à la fin et là, je tombe sur le cul:
"Credit will be given in exchange for usage of photo" 
Vous avez bien lu. Cette jeune démocrate me propose de créditer l'image à mon nom en échange de son utilisation !

Et là je lui réponds: Est-ce par le plus grand des hasards tu ne te foutrais pas de ma gueule ? À moins que tu sois sous l'emprise de la drogue, ce qui aurait pour effet d'altérer tes facultés mentales ? (tout ça en anglais) L'effet est instantané. Je change d'interlocutrice illico en montant dans la hiérarchie. On m'explique que je me suis mépris et que ce n'est pas une photo, mais deux qu'on veut publier et qu'on est prêt à payer. C'est donc un malentendu. Ouf je suis rassuré !

300 USD qu'ils me proposent ... c'est un tarif minable ...
Et j'accepte. J'accepte par égard pour ma pauvre mère qui me demande des autographes depuis que j'ai été publié dans le New-York Time l'année dernière. Ben ouais le Wall Street Journal ! T'es con ou quoi ?

Frozen Piglet

Résultat: la 119ème fortune du monde est amputée de 300 USD.
Ma devise: Prendre aux riches pour garder le pognon pour moi.

Olivier Voisin - Photographe et journaliste

Pas mal de gens se font tuer au nom de la liberté un peu partout en ce moment. Pas mal de photographes et de journalistes se font tuer aussi au nom de la liberté d'informer. Pendant ce temps-là, les spécialistes de l'interrogation s'interrogent sur l'utilisation de tel ou tel logiciel de retouche. Laissons-les s'interroger ... et parlons un peu d'Olivier Voisin, le dernier nom sur la trop longue liste des photographes disparus "emporté(s) par la guerre" comme le dit si bien Libération. Olivier Voisin a un parcours singulier. Il était d'origine coréenne et avait été adopté par une famille française à l'âge de 3 ans. Il a été blessé en Syrie et il est mort dans un hôpital turc à 38 ans. Sa famille, ses amis, ses proches doivent être dévastés. Dans une lettre adressée à une amie journaliste, Olivier Voisin évoque cette "came de merde" pour qualifier la couverture d'un conflit et le désir de vivre face à la mort. Dans la même lettre, le photographe espérait que "l'AFP prendrait ses photos". Il travaillait sans garantie et sans couverture comme presque tous les photographes aujourd'hui totalement abandonnés par les médias qui utilisent leurs images. J'ai regardé le travail d'Olivier Voisin sur son site "ici". Il avait beaucoup de talent. La preuve, il y a 4 pages sur lui dans Paris-Match cette semaine. C'est con il est mort.

jeudi 21 février 2013

À coté de la plaque




Comme je m'y attendais, le choix de la photo de Paul Hansen par le jury du World press suscite pas mal d'éruptions cutanées chez les snippers aux petits pieds spécialistes du décryptage de mes deux. Pendant que certains écrivent le même article truffé de conneries tous les ans en reprenant les mêmes arguments, d'autres se bornent à tout pomper sur les sites à forte audience, faute d'inspiration et de talent. Résultat, les critiques infondées se répandent de façon virale sur le net, propagées par des abrutis pour des abrutis. C'est ça qu'est chouette. Mais le pire, ce sont les professionnels qui s'interrogent publiquement ou qui flinguent carrément un collègue dans le dos, ajoutant ainsi un peu plus à la confusion. À les entendre, le World Press 2013 est attribué à Photoshop. Je crois que c'est ceux-là qui me débectent le plus en fait. C'est marrant quand certains photographes de Magnum réalisaient des prints aux couleurs surréalistes à partir de leurs reportages en négatif couleur, ça faisait moins d'histoires. Faut dire que ça se passait dans le secret de labos professionnels et pis c'est Magnum (attention pas les glaces) hein les gars !

"La photo du World Press 2013 est à côté de la "plaque" comme on dit dans le métier"
peut-on lire sur le site Atlantico, dans la bouche d'Alain Mingam  
Hein ?? Mais de quel métier parlent t-ils ? Ça doit être plaquiste ou un truc comme-ça ...
Faut dire qu'il y a beaucoup de photographes qui ont une activité à côté pour payer les factures aussi.
Heureusement, l'article est illustré par une photo (DR) de Pub pour le LUMIX GF5, un vrai truc de pro qui parait-t-il "saisit la spontanéité à chaque instant". Si l'autre blondinet de suédois il avait eu ça à Gaza, eh ben il aurait pas tous ces problèmes de post-production. C'est sûr.

Avant, chaque édition du World Press était l'occasion de critiquer systématiquement le choix du jury (surtout quand la photo primée touchait de près ou de loin au conflit israélo-palestinien. Là c'est Noël pour les crétins). Maintenant, c'est les photographes qu'on met en accusation. Poser la question: "Peut-on encore croire les images ?" a un charmant petit parfum de raccourci stalinien. Surtout venant de dégénérés qui bouffent des lasagnes au cheval et qui achètent une brosse à dents une fois tous les 3 ans, sans jamais ouvrir un journal.

La palme du Yoyo en bois du Japon revient "classiquement" à l'auguste chercheur qui anime le site "Cultures Visuelles" pour la fin de son analyse alambiquée prêtant d'obscurs desseins au lauréat du prix. Paul Hansen aurait multiplié les versions de sa photo en fonction de différentes destinations. Où comment comparer la photo du World Press sur différents sites (donc fatalement des fichiers archi manipulés et même recadrés par des tiers) avec un tirage photographique re-photographié (!) et la même photo à la une du journal, sans avoir jamais vu l'image originale du photographe. Un must à lire absolument tellement c'est drôle ici.

Frozen Piglet

Il y a aussi la belle histoire du photographe portugais de 25 ans qui a été primé (pour une photo refusée par les  canards et jamais publiée) après avoir vendu tout son matériel pour payer ses factures et qui se retrouve sans appareil photo et sans boulot. De quoi faire pleurer mémère. C'est tellement beau qu'on dirait un fake. Je suis même pas sûr que Canon qui est sponsor du World Press va lui filer un 5D MKIII. 

lundi 18 février 2013

Comme un lundi


©Fondation Gilles Caron

Hier soir au 20h00 de France 2, Delahousse recevait Daniel Cohn-Bendit et une fois de plus on a montré plein écran LA célèbre photo montrant Cohn-Bendit affichant un petit sourire narquois face à un CRS en 1968. Comme d'habitude, aucun crédit ni mention du nom de l'auteur de cette image entrée dans l'histoire du photojournalisme. Les 2 interlocuteurs la désignant uniquement par "cette photo" ou "la photo":

"Est-ce qu'elle va encore me poursuivre pendant 120 ans ?" a dit Cohn-Bendit d'un air désabusé
C'est  vrai que cette image, comme toutes celles qui sont entrées dans l'histoire, a fini par acquérir une vie propre. Pourtant, elle a un auteur et son auteur c'est Gilles Caron. Gilles Caron était un des fondateur de l'agence Gamma et son travail avait de la gueule. Il est mort en avril 1970 à 30 ans, assassiné par les khmers rouges au Cambodge. Daniel Cohn-Bendit a raison. Dans 120 ans, cette photo sera toujours là.

Frozen Piglet